La Belle Rouge (Poppy Z. Brite)

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Quand Poppy Brite arrête avec les vampires-cannibales-gays-pâlichons

Ça faisait longtemps que je n’avais pas lu un bouquin aussi rapidement ! Autant le dire tout de suite, ce n’est pas de la littérature de haut niveau, mais qu’est-ce que ça se lit bien. Après enfin avoir laissé tomber ses délires de vampires blanchâtres homosexuels sidéens, Z. Brite a produit tout un tas de livres sur la cuisine de La Nouvelle-Orléans, mélange de cuisines créole, française, italienne et américaine.

On dépasse le stade du gombo, trop classique, on s’attaque à la gastronomie. Les descriptions culinaires sont savoureuses, ce n’est vraiment pas à lire quand on a faim. Fruits de mer, épices fines, entremets… tout y passe. Ce à quoi je ne m’attendais pas, c’est que l’histoire prend une vague allure d’enquête policière assez tirée par les cheveux.

Heureusement, on a toujours des cours de cuisine, le monde impitoyable des restaurateurs et deux héros plutôt réussis. Ils sont gays, en couple, mais jamais de surenchère, pas de grande folle, pas d’esprit torturé, comme aurait pu dépeindre la Poppy Z. Brite d’il y a 15 ans. Les dialogues sont au poil, très vivants, drôles et caustiques.

La narration est un peu plus poussive, fastidieuse mais qu’importe le flacon, on a l’ivresse : La Belle Rouge tourne autour du restaurant ouvert par les héros, Alcool, dont tous les plats sont arrosés de spiritueux. J’ai tout de suite embarqué pour cette aventure au pays des bayous, des politiciens crapuleux, des coups bas, des menus qui font baver et des âmes perdues. Puis, je me suis jetée sur Amazon pour commander le livre qui a précédé La Belle Rouge, soit Alcool. En anglais, car la version française, très jolie, éditée par Au Diable Vauvert, est quand même monstrueusement chère, autour de 20 €.

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