Bons baisers de Bruges (Martin Mc Donagh)

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Une excellente surprise, ce film ! Un petit trésor de scénario en premier lieu et un travail d’orfèvre en second lieu.
Côté scénario, il s’agit de mettre 2 tueurs à gages irlandais dans la ville la moins excitante qui puisse exister pour eux : Bruges. C’est quoi et c’est où ça ? En Belgique. Ah. Le Plat Pays dans tous les sens du terme quoi. Alors certes, c’est beau et féérique, Bruges, mais c’est à peu près tout. Chose que Ray (Colin Farrell) ne cessera de répéter à son partenaire Ken (Brendan Gleeson) : tout est fucking boring in fucking Bruges



Et les répliques du genre sont nombreuses puisqu’avec leur cynisme et leur franchise, les 2 compères enchaînent les boutades, les moqueries, les non-sens et les blagues débiles. Délice au niveau des dialogues, Bons baisers de Bruges désamorce toutes les situations paniquantes grâce à son humour bien britannique, mais aussi d’autres éléments parachutés d’on ne sait où mais qui sont totalement assumés : un nain hystérique, une jeune dealeuse imprévisible et charmante, un revendeur d’armes à feu qui débat de l’usage de mots en anglais… Âmes bien étranges et contrastant fortement avec cette image de la ville tranquille qu’on a de Bruges.

Autre point fort de ce film : ses personnages. Ray et Ken ont beau être des tueurs, ils n’en restent pas moins humains. D’ailleurs, Ray ne respire pas la joie après avoir accidentellement tué un petit garçon en accomplissant sa première mission. Ken est, quant à lui, une sorte de vieux de la vieille habitué au travail, calme, philosophe et contemplatif. Ainsi, sans verser dans le drame et les larmes ou dans la caricature, le film nous présente des personnages sincères et touchants qui ne semblent faire le sale boulot que pour l’argent et pas par sadisme ou cruauté. C’est ainsi ce qui rend leurs considérations sur Bruges ou sur les obèses américains si abordables et justes.

Enfin, si les dialogues écorchent Bruges à tout va, techniquement, la caméra la met à l’honneur. Les plans nocturnes de la ville, notamment, sont un délice, on a l’impression d’y être et de suivre les personnages. Le cadrage et la narration ont quelque chose de très anglais : maîtrisé, sans prétention mais tout de même audacieux. Même la pluie est belle dans ce film, c’est dire. Durant tout le film, l’ambiance de Noël prédomine, le calme qui règne, les pas feutrés, les bruits étouffés, la neige ou la pluie… Au final, Bons Baisers de Bruges est un film que je recommande pour son scénario original, ses répliques juteuses et son humour très noir.

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