Inside Man (Spike Lee)

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À nouveau une histoire de casse, mais de plus grande envergure cette fois avec Denzel Washington, Clive Owen et Jodie Foster à Manhattan. Débutant par une musique indienne envoûtante et absolument pas en adéquation avec le sujet, Inside Man évite tous les clichés du film de braquage en nous mettant sur de fausses pistes (le mobile du crime et non ses auteurs) et surtout, en introduisant des personnages grandes gueules et vifs d’esprit. Dans le rôle de l’inspecteur Keith Frazier, Denzel Washington, chargé de négocier autant que possible avec les criminels tandis qu’ils se sont terrés au fond de la banque avec un grand nombre d’otages.


En plus d’introduire le thème des Afro-Américains avec humour, ce personnage respire également la classe et la subtilité dans sa manière insolente de négocier et de poser des questions insidieuses à tous les otages une fois qu’ils sont libérés. Otages qui sont également suspects puisque la libération s’est effectuée dans la confusion générale.

Dans le rôle du braqueur-en-chef, Clive Owen, qui a eu une idée de génie : faire revêtir à tous ses associés et à tous les otages la même combinaison, les terroriser en criant et en les menaçant, les confiner en petits groupes dans des salles closes, ordonner à la police de leur livrer nourriture et hélicoptères. Un plan calculé au détail près donc… mais dans quel but ?
Dans le rôle de l’emmerdeuse de service, Jodie Foster. Chargée de récupérer un bien précieux dans un des coffres-forts pour le directeur de la banque lui-même, elle met des bâtons dans les roues de tout le monde avec ses mystères et son audace. En plus du duel intéressant entre policier et braqueur et la sous-intrigue avec ce « bien précieux », Inside Man propose pas mal de suspens, de retournements de situation et de dialogues politiquement incorrects.

Enfin, qui dit Spike Lee dit superbe jeu de caméra : les plans ne se ressemblent jamais et on se paie le luxe d’avoir plusieurs types de films au sein du même : scènes classiques de braquage et d’intimidation, interrogatoires stressants, repas mondains et hypocrites, voire même clips de R&B lorsqu’on nous présente Frazier et sa compagne au téléphone ou chez eux. Un film intelligent et anti-conventionnel de bout en bout à voir pour ses pirouettes et son enjeu et définitivement à revoir pour encore mieux apprécier ses sous-entendus et son humour acéré.

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