Les filles du botaniste (Dai Sijie)

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Le pitch : Chine, années 80, amour entre femmes. Fin.
Si si c’est ça, difficile de creuser plus en profondeur. Enfin, pour relier un peu ces trois éléments quand même, l’histoire commence par l’arrivée de Min, une orpheline sino-russe chez An et son père, botaniste, afin de suivre une sorte de stage. Si ce dernier est sévère et taciturne, il n’en est pas de même de sa fille, enjouée et tout et tout. Et donc forcément, Min va préférer se réfugier dans les bras de la douce An que de suivre sérieusement ses cours.

L’amour grandissant entre elles est surtout magnifié par les sublimes paysages (vietnamiens, en fait), la musique, les décors et l’image. La réalisation est donc au poil, se focalisant toujours sur la flore, mais c’est à peu près tout ce qui sauve le film.

Certes, on cherche à faire dans le sensuel, on voit une scène de « sauna », des corps nus, peu de dialogues ou… allez j’ose être mauvaise langue : peu de dialogues qui valent le coup, c’est du déjà-vu, le déroulement est sans surprise et sans réflexion.

Et surtout, ce qui coule le film, ce n’est pas l’absence de contexte politique/social/géographique/psychologie mais l’histoire soporifique d’une jolie amourette entre deux jolies filles au milieu d’une grande forêt. On les voit s’amuser, s’échanger leurs coupes de thé – 1 point pour la symbolique chinoise « boire dans la même coupe de thé » – se cacher du père d’An, subir vite fait des regards déplacés, se faire des massages mais pas trop, et on baille, on baille à s’en décrocher la mâchoire si elle ne s’était pas décrochée il y a tout juste 10 minutes.

Et on baille de nouveau quand tout à coup, on apprend que Min se mariera au frère de An, revenu de l’armée. Alors c’est censé être super comme ça, cette dernière pourra rester avec son amoureuse et belle-sœur mais bien sûr, ce n’est pas super car le frère se rend compte de quelque chose de louche. Et à partir de là, les choses ne pourront que mal tourner pour à peu près tous les protagonistes.

Drôle de fin tragique, que je n’avais pas vu venir, mais qui ne change pas pour autant mon avis sur le film, un long documentaire sur la faune et flore vietnamiennes !

Que dire du jeu des actrices pas terriblement convaincant. Celle qui incarne Min (Mylène Jampanoï) a vraiment un nombre limité d’expressions faciales, se repose surtout sur son regard (certes très intense). Celle qui incarne An a l’air d’avoir du mal à se lâcher et incarner son personnage. Bref, on se demande un peu ce qu’elles foutent là, et certaines scènes paraissent même grotesques.

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