Eternal Summer (Leste Chen)

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Eternal Summer est un « petit » film très sympathique, dans le sens où il n’est pas prétentieux et n’en fait pas trop.

L’histoire est relativement simple : dans une école primaire, Shane, un petit garçon dissipé et ayant des difficultés de concentration, ne parvient pas à s’intégrer. Sur recommandation de la maîtresse, Jonathan le délégué le prend sous son aile et depuis, les deux garçons sont meilleurs amis. Cette amitié continue jusqu’au lycée où l’arrivée de Carrie révélera la nature des sentiments des deux héros.



Eternal Summer est donc un film sur l’adolescence et le passage à l’âge adulte, aux notes homosexuelles.
Dans le scénario, rien d’original : un triangle amoureux, Jonathan assez renfermé sur lui-même à cause de son amour, Shane au contraire devenu quelqu’un d’extraverti, Carrie entre les deux garçons.

Ce qui est attachant dans ce film, c’est plutôt l’ambiance lycée, voir des uniformes, les écoles à Taïwan, les bâtiments et la pluie, les tremblements de terre. Le jeu des acteurs aussi, vraiment juste. Et puis surtout l’aspect romantique, fleur bleue, plutôt assumé. Ce n’est pas mièvre mais ça se veut une belle histoire avec ses moments de tension, pourtant rien n’est très violent psychologiquement, alors qu’il y a aurait eu de quoi avec ce thème.

Au chapitre des prises-de-tête, on n’a… rien, eh oui, pas de monologue durant trois heures, pas d’interrogations sans fin. Le film est peu bavard, tout se fait dans l’implicite : il repose sur les expressions de ses personnages. Jonathan affiche perpétuellement un « SOS » sur son visage, espérant fort que son ami se rende compte de sa situation. Pour Shane, il faudra attendre la fin du film pour connaître son opinion, il joue le rôle du sportif sans arrière-pensées pendant la majeure partie du film. Quant à Carrie, elle montre enfin qu’un beau rôle pour une fille dans une histoire gay est possible, rôle dévoilé aussi à la fin où on se rend compte que tout son comportement était destiné à éveiller l’amitié/amour entre les deux héros.

Pour ce qui est de la partie technique, Eternal Summer est très beau. Très claustrophobique, on passe pas mal de temps avec les héros dans leurs chambres pendant qu’ils révisent et se baladent torses nus. Ce qui est beau, ce n’est pas leurs chambres humides et sales mais les arrêts sur image, la capture des expressions faciales, la musique (du classique, du piano), les couleurs, la mer, beaucoup de bleu, les autoroutes suréclairées typiques de l’Asie du Sud-Est, la musique (du rock taïwanais à la fin, ça le fait !), la manière de filmer les petits restos de nouilles, les champs et la végétation et… ah oui, j’ai oublié de mentionner la musique. Qui est à pleurer et accompagne vraiment bien ce film.

Pour conclure, Eternal Summer un film à voir ! Il suffit juste de ne pas être rebuté par les films romantiques et avoir en tête qu’il est tout de même intense et romantique sans forcément être superficiel. Il choisit de ne pas être noir mais n’en est pas pour autant léger.
Au contraire, il évite la lourdeur, malgré certains petits clichés. Mais à mon avis, on peut être facilement transporté par ce film, son rythme et être bercé par sa musique.

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