Ladykillers (Frères Coen)

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Après un No Country for Old Men qui m’avait endormie, je réitère l’expérience frères Coen. J’ai bien fait.
Ladykillers, remake du film de 1955 réalisé par Alexander MacKendrick, est complètement différent de No Country



D’abord, parce qu’il est extrêmement bavard. Que ce soit Dorr, un soi-disant professeur d’université qui projette de cambrioler un casino avec l’aide de 4 acolytes, ou qu’il s’agisse de Mrs Munson, la mama noire qui les héberge sans rien connaître du plan, chacun a son mot à dire. Le film devient ainsi une bonne cacophonie de réflexions sur tout et n’importe quoi. Mrs Munson pleure la mort de son mari, un homme si bon, si intelligent, si… et ainsi de suite et le professeur Dorr est un être capable de blablater et de tourner en rond autour de n’importe quel sujet, enchaînant des jeux de mots et des blagues que lui seul comprend, le faisant passer pour un doux timbré.

De ce fait, malgré ce fameux plan, le film ne se prend pas au sérieux. Le casse est expliqué en détail mais ressemble plus à une expédition d’enfants qu’à un plan diabolique… bien qu’il finisse par marcher grâce à la stupidité générale de tous les protagonistes. Les acolytes de Dorr sont, eux, volontairement, caricaturaux et reconnaissables. On a ainsi Pancake, dresseur d’animaux le jour et expert en explosifs la nuit ; le « Général », un cliché vivant de l’Asiatique – Vietnamien, en l’occurrence – vendeur de donuts impassible et implacable ; Lump, la brute épaisse sans cervelle du groupe et Gawain, un Afro-Américain qui travaille déjà dans le casino. Ce bordel ne les empêche nullement de se faire passer pour des musiciens spécialistes de la Renaissance (un bobard de Dorr, évidemment), couverture qui leur permettra de justifier le bruit qu’ils font lorsqu’ils creusent dans la cave de Mrs Munson…

Pourtant, Ladykillers, sous des apparences de scénario loufoque, est un film bien dosé, au scénario linéaire – des obstacles au cambriolage et du cambriolage au partage du butin – mais vraiment happant et bon enfant. Il arrache des sourires à peu près toutes les 5 minutes et on se dit que les frères Coen ne reculent devant rien pour servir leur scénario. Les situations sans sens et/ou ridicules s’enchaînent très bien et en prime, le film a un petit parfum de bon vieux film aux grosses ficelles scénaristiques et au groupe de personnages pas du tout assortis.

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