Blue Gate Crossing (Yee Chih-yen)

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Blue Gate Crossing est une sorte de conte nostalgique sur les années de lycée. Un conte doux-amer, moins « mignon » qu’Eternal Summer. Moins de scénario en substance également puisque l’on se contente de nous montrer un triangle amoureux, qui n’évolue que très peu.

Yue Zhen est amoureuse de Shi-Hao qui séduit Ke-Rou qui, elle, aime son amie Yue Zhen. Enfin, dire que Yue Zhen est juste amoureuse serait faux, elle a plutôt développé une obsession, elle récupère toutes les affaires de Shi-Hao : stylo, baskets, bouteilles d’eau et remplit même des pages entières avec son nom dans un cahier, comme une punition. Manière très enfantine et mignonne de montrer son amour sans oser l’avouer. Ke-Rou, de son côté, est un garçon manqué (bah oui, elle assume le rôle de lesbienne quoi) (ironie bien sûr) impassible et imprévisible. Plutôt maladroite avec ses sentiments, elle sort avec Shi-Hao pour en réalité savoir si elle est capable d’aimer les garçons. Et enfin, Shi-Hao, personnage plutôt attachant, naïf et têtu, qui a craqué pour les manières un peu brutes de Ke-Rou. Bien sûr, dit comme ça, ça doit faire film pour ados avec des prises de tête à rallonge et tout le bric-à-brac qui va avec les histoires de triangles amoureux. Heureusement que non, BGC ne raconte pas les amours sous cet angle et préfère se focaliser sur les répétitions, les personnages répètent toujours les mêmes phrases, portent toujours les mêmes habits (l’uniforme scolaire bien sûr), la caméra filme les mêmes décors, encore et encore.

Ainsi, on a droit à une histoire réaliste qui se déroule lentement et évite soigneusement les drames, sentiments extrêmes et romances sans intérêt. L’adolescence est très bien capturée, les personnages sont renfermés, impulsifs, peu bavards au final bien qu’ils s’interrogent beaucoup, se trompent et dans une fin très optimiste, renaissent pour mieux vivre leur vie. Au final, on a droit à une petite séquence de la vie de ces adolescents, on les voit avec plaisir trouver un sens à leur vie à travers une petite histoire de cœur. Ils n’ont pas changé, leurs problèmes restent présents, mais ils se sentent prêts à les affronter.

BGC est un film minimaliste, d’apparence simple mais le tout repose sur ses acteurs et sur les quelques dialogues qu’ils s’échangent. Les acteurs ne surjouent jamais et c’est appréciable. Ceci dit, pour apprécier BGC, il faut quand même « supporter » ou savoir savourer les longs moments de pause, les répétitions, les non-dits. Bref, c’est un film d’ambiance, esthétique et peu loquace.

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