Two Lovers (James Gray)

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100 ans après l’avoir vu, je n’arrive toujours pas à noter Two Lovers. Sûrement parce qu’il est beaucoup trop loin de ce à quoi je m’attendais et que je suis sortie du ciné un boulet à la gorge. C’est un film lent, qui se laisse contempler, mais qui montre aussi en filigrane toute la schizophrénie et la tragédie du héros.

Bien sûr, on peut s’emmerder si on se demande sans cesse, « bon sang, tu choisis la brune ou la blonde ? » (je ne cache pas que ça a été mon cas) mais quand on se laisse prendre par l’ambiance, la musique, les couleurs, on se retrouve dans un véritable drame moderne. Pas simplement celui de ne pas être aimé, de ne pas aimer, de ne pas savoir choisir, mais celui de l’inertie, du blocage psychologique et de la contradiction. Inutile de préciser que le film est sombre, les quelques moments de folie ou de joie sont distillés avec parcimonie et constamment, il est cette impression que le héros va imploser, faire une connerie.

Mais finalement, ce n’est jamais le cas. Le film est nimbé de tristesse et peut-être qu’un revirement de situation, une grosse crise de nerfs l’auraient rendu moins étouffant mais ça, James Gray ne nous l’accorde jamais. À la place, on accompagne le héros et on broie du noir avec lui. Dans le carcan des traditions familiales, dans la prison qu’est son appartement, dans les ténèbres des souvenirs. Si je n’ai pas su que penser de Two Lovers au sortir du cinéma, j’ai trouvé que le film est admirable en au moins un point : la stabilité.

Tous les personnages se promènent sur un fil de funambule sans jamais verser dans l’excès mais avec tout le poids des sentiments sur eux. C’était insupportable à voir mais c’est à revoir.

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