Love & Bruises (Lou Ye)

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S’il s’était agi d’un autre film…

Love and Bruises aurait été encensé par la critique. Non, je ne fais pas mon Caliméro.
À l’annonce de la sortie de Love and Bruises, je m’attendais à ce que le film fasse un carton. Les critiques auraient parlé d’un film passionnel, les magazines féminins d’un film orgasmique, les pseudo-intellos d’un film qui « viole le corps et l’esprit ». Tous les éléments d’un film poignant, qui-ne-laisse-pas-indemne et sombre comme il faut étaient là :


1. Film chinois indépendant
2. Tahar Rahim
3. Jolie Chinoise
4. Voyages Paris-Pékin
5. Sexe

Je dois être trop naïve, à croire qu’un film comme ça marcherait du tonnerre. Bah oui, récemment, on a bien eu A cœur ouvert de Marion Laine, non ? Relations destructrices, addictions, disputes à gogo… wait, je crois que j’ai compris :
1. Le film chinois indépendant fait bon genre, mais faudrait pas aller trop loin dans le délire, non plus
2. Tahar Rahim joue un prolo, un PROLO ! (Un vrai)
3. Qu’est-ce qu’elle est passive, Hua la Chinoise (j’insiste, « passive », pas « soumise ») (mais en réalité, soumise ou passive, on s’en fout, c’est l’histoire d’une fille qui est comme elle est, pas comme on voudrait qu’elle soit)
4. Erf, c’est Paris 18e, pas Paris 16e. Pékin ? Des autoroutes, de la grisaille et des appartements impersonnels. Pas très glamour.
5. Ouh qu’elles sont malsaines, ces nombreuses scènes de sexe

Voilà, je tiens finalement le cocktail qui a tué le film. Dommage, j’ai trouvé très intéressant que Lou Ye cherche à montrer une histoire d’amour (ou de sexe, chacun voit ce qu’il veut) (d’amour) difficile, sans queue ni tête (hum hum), une réunion de corps improbables, de gens paumés de chez paumés.

Personnellement, j’ai accroché du début à la fin, j’ai compati à la tristesse énigmatique de Hua, flippé devant la mesquinerie de Mathieu, espéré que leur amour marche un peu mieux. Et du coup, je trouve très injuste que Love and Bruises soit réduit à des scènes de sexe racoleuses. Je ne suis pas Lou Ye, je ne sais pas à quel point il s’est dit : « filmons un peu plus le téton droit de Corinne Yam / le tatouage de Tahar Rahim, ça va attirer du public », mais je les trouve vraiment nécessaires puisque c’est la base de la relation entre les deux protagonistes. Le reste du temps, tout se passe dans les regards, les halètements et les gestes. Et en ça, le film m’a paru très beau.

Le rythme était bon (1h45, ce n’est pas trop long, mais ça peut être éprouvant), pas haché pour un sou comme j’ai pu le lire ça et là. (Vous voulez du déconstruit et mal filmé et mal interprété ? Allez voir Nuits d’ivresse printanière, du même Lou Ye) Je me suis réellement impliquée dans le cheminement du couple et de fait, les réactions, les quelques mots et les déceptions m’ont paru logiques, essentielles.

Ceci dit, il est clair que Love and Bruises est le genre de film qui divise et provoque soit des picotements au cœur soit une irrépressible envie d’aller dormir. J’ai été guidée vers la première option et j’ai passé un très bon moment malgré le désespoir du couple principal.

Titre : Love and Bruises
Titre original :
Réalisateur : Lou Ye
Année : 2011
Durée (minutes) : 105

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