Notes de traduction (3)

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Parce qu’un délire n’arrive pas seul, je rebondis sur mon précédent, où je racontais qu’en chinois, il fallait nier le groupe verbal entier en réponse à une question, en décrivant une petite anecdote linguistique transmise par ma mère lorsque j’étais petite. Attention, ça ne va pas forcément voler plus haut qu’un « Le saviez-vous ? Dans certains pays, on fait “oui” de la tête pour dire “non” et vice-versa » mais l’histoire m’avait fascinée donc je la retranscris.
Dans cette histoire, on a deux personnes : A, une Française et B, une Chinoise, qui conversent en français.



Lorsque A demande à B : « Tu n’as pas encore payé ton loyer ? », B lui répond « Oui ». Ce que A interprète comme un « Si ». S’ensuivent alors une discussion enflammée où A rétorque qu’elle n’a pas vu le virement ou la quittance ou je ne sais quoi et où B répond finalement… que c’est normal, puisqu’elle n’a PAS encore payé. Eh oui.

Bien sûr, pour éviter le quiproquo, il aurait fallu qu’A ajoute un « si » à la fin de sa question ou que B réponde « c’est ça », mais non, B a choisi de dire « oui », puisqu’en chinois, sa réponse lapidaire tiendrait parfaitement la route.

En effet, le Chinois approuve ou nie le groupe verbal « n’a pas encore payé » dans sa totalité, donc « oui », il n’a pas encore payé, ou « non », il n’a pas « pas encore payé », c’est-à-dire qu’il a déjà payé. Le Français, lui, aurait tendance à répondre « non », il n’a effectivement pas encore payé, ou « si », il a bel et bien payé.

Pour en revenir à mon billet précédent, c’est pour cela que des mots en apparence aussi anodins que « oui » et « non » (je vous ai déjà parlé des gens qui hochent la tête pour dire « non » ?) ne peuvent être traduits en chinois avant que la question ne le soit. Et n’allons pas dire que c’est du chinois : ce n’est sûrement pas la seule langue concernée !

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