La princesse et la grenouille (Disney)

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La Princesse et la Grenouille, c’est « le retour aux sources » de Disney, c’est-à-dire le retour à la 2D. Mais comme ils ne sont pas stupides chez Disney, ils ont décidé d’opérer quelques révolutions.
LPELG a été en effet présenté comme le premier dessin animé à montrer une princesse noire dans un décor connu, La Nouvelle-Orléans, et à une époque précise. C’est, il me semble, l’un des seuls à ne pas être antidaté. Par contre, on oublie bien vite que montrer une princesse de couleur n’est pas une grosse prise de risques, Pocahontas n’est pas Blanche il me semble…


Sans vouloir être mauvaise langue, Disney a su évoluer avec son temps mais les thèmes ne pouvaient que plaire : jazz, Nouvelle-Orléans, une princesse forte.


Côté histoire, ça s’est tout de même renouvelé, l’héroïne est serveuse, travaille dur pour ouvrir un restaurant. Un prince charmant est donc le cadet de ses soucis. Et pourtant, le prince charmant arrive très vite ! Il est charmant mais ne sait pas faire grand-chose sauf dilapider la fortune de ses parents et s’amuser. Ce que LPELG propose de plus intéressant, c’est l’évolution des personnages : Tiana, l’héroïne, apprend à se décoincer, et toutes les aventures mettent du plomb dans la tête de Naveen, le prince. Contrairement à d’autres Disney, prince et princesse font le chemin ensemble et s’entraident dès qu’il le faut. Ça donne les classiques gags qui font mouche à tous les coups : la naïveté de Tiana, la stupidité du prince.

Au chapitre des plaintes, la première que j’aurais est : mais y avait vraiment TANT de chansons dans les autres Disney ? Certes certes, on est à La Nouvelle-Orléans, faut que ça swingue, mais là, y a une chanson de 5 minutes toutes les 5 minutes. Ça plombe vraiment le rythme et l’action est noyée dans la musique. Je ne me rendais parfois pas compte qu’il se passait des choses parce que ça chantait, ça dansait, ça faisait du bruit de partout. Du coup, l’histoire se conclut de manière précipitée, dans une folle course-poursuite pas hyper passionnante. En plus, je n’ai pas trop accroché à ces chansons alors que j’aime assez le jazz. Je ne sais pas si c’est dû à la qualité de celles-ci ou si c’est parce que je n’ai plus 10 ans.

Le deuxième regret concerne le méchant, il a un design excellent à la Kuzco et quand il apparaît, il y a toujours des couleurs de partout et un superbe jeu d’ombres. Dommage qu’on ne le voit que trop peu du coup ! Pour une fois qu’on tient le méchant charismatique, méchant parce que méchant et point barre…

Enfin, la reconstitution du décor et de l’époque ne m’a pas enchantée. Que ce soit la ville, le bayou et les rites vaudou, ça a manqué de substance, ça restait trop disneyien avec les symétries et les couleurs propres au studio.

Cependant, le tout est d’un très bon niveau et les quelques ruptures avec les histoires traditionnelles de princesses Disney sont très plaisantes. On a un retournement de situation inattendu et qui peut choquer, pas trop de morale, un bon équilibre dans les rôles de Tiana et Naveen, de jolies répliques et des personnages très attachants. Côté mascotte, y a de quoi faire entre la luciole qui veut « allumer son popotin » et le crocodile trompettiste. Les clins d’œil ne sont pas en reste ; pêle-mêle, j’ai aperçu la forêt de Blanche Neige, le roi Triton de La Petite Sirène et quelques autres références verbales.
Disney a très bien réussi son coup en conciliant tradition et nouveauté et a digéré les critiques qu’on a formulées à son égard en ce qui concerne ses films plus datés. Résultat : un film à l’ordre du jour, qui claque visuellement et dont on oublie vite les défauts. C’est un film qui m’a charmée sans me laisser scotchée sur le siège.

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