Magazine Muze : quelques impressions

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Tout d’abord, le site web pour vous faire une idée de l’esthétique revendiquée par ce magazine axé sur la littérature.



Je tenais à faire un peu de publicité (légitime) pour un magazine qui renaît de ses cendres, Muze.
Auparavant, c’était un mensuel traitant de littérature, de la féminité et laissant une petite place pour les écrivains en herbe. J’en avais acheté quelques numéros puis laissé tomber parce que tous les mois, une star était sur la couverture pour promouvoir le magazine. Je peux comprendre qu’une personnalité française soit mise en avant pour booster les ventes, mais j’ai énormément de mal avec Zazie ou Sophie Marceau qui viennent donner leur recette du bonheur. Et pourtant, je n’ai rien contre elles. Ce n’est simplement pas ma tasse de thé. Les qualités intrinsèques à l’ancienne formule, je ne les remets pas en cause : de bons conseils pour aborder l’écriture, des recommandations pour être publié, une réflexion intéressante sur des sujets phares… Simplement, en faisant le bilan des bons et mauvais points, j’avais décidé de ne plus être une fan inconditionnelle.

Puis, il y a 2 mois, j’ai découvert dans un relais presse de gare la nouvelle formule de Muze : trimestriel pour 9,90 €. Tout avait tellement changé que je n’ai pas immédiatement associé ce beau mook de 200 pages au mensuel assez cher que je lisais au lycée. Effectivement, beaucoup de choses ont été repensées. Commercialement, bien sûr, avec une esthétique très sympa. Comme beaucoup de magazines de nos jours, une large part est laissée à l’iconographie, les textes sont aérés, les couleurs nombreuses. Pour autant, on a de quoi se mettre sous la dent. J’ai mis 2 bonnes semaines pour finir, en lisant par intermittence. Dans le fond, Muze a cherché à moins se disperser et à moins mettre en avant des jeunes femmes célèbres et heureuses.

On a donc droit à un dossier « Actu », un dossier « Monde », un dossier « Société », un dossier « Intime/Ego » et enfin, un atelier d’écriture. Je ne chercherai sans doute jamais à être publiée (n’ayant rien écrit, c’est difficile !), mais l’initiative est à louer. Forcément, je m’ennuie parfois à la lecture des interviews d’éditeur (les fameux conseils pour être publié). C’est amusant de découvrir le monde de l’édition mais la politique de la langue de bois est sauvagement appliquée, dommage. C’est également intéressant de lire des poèmes et autres mini-nouvelles. C’est quand même assez rare qu’un magazine, quel qu’il soit, accorde un cinquième de ses pages à ses lecteurs.

Les 4 autres thématiques sont variables, elles représentent un pari plutôt risqué ! On peut se retrouver devant des pages et des pages monomaniaques, alors que l’on aime ou pas, c’est du quitte ou double. Je me suis parfois forcée à lire des clichés, des lignes insipides sur l’Afrique du Sud après avoir été agréablement surprise par la longue interview de Pénélope Jolicoeur (Ma vie est tout à fait fascinante, illustrations du quotidien d’une Parisienne branchouille). On a donc droit à un joli mélange sans réel fil rouge. J’apprécie le fait que l’on reste concentré une bonne trentaine de pages sur un même sujet mais paradoxalement, s’il ne me plaît pas, je m’énerve un peu. Ça a été le cas du dossier sur la fidélité et l’infidélité, que j’ai trouvé gnan-gnan au possible, prévisible et formaté. Avec, en plus, une psychanalyste qui décortique le tout de manière pompeuse. C’était typiquement le genre de présentation que je n’aime pas. En revanche, le numéro automnal parlait de curiosité intellectuelle et, sans non plus être jouissif, il était suffisamment documenté et hétéroclite. La roulette russe, quoi.

Mais si je fais de la pub, c’est quand même que les qualités supplantent les défauts. En tout cas, je donne ma chance (mes chances) à cette rédaction pleine d’enthousiasme et d’idées.
Je ne cache pas que certains sujets à la mode m’ont ennuyée (l’Afrique du Sud pendant le Mondial, tiens donc), que l’obsession girly fait hérisser mes poils virils (intervenantes presque exclusivement féminines, artistes féminines, auteurs féminines !) et que tout ne m’a pas passionnée.
En revanche, je n’aurais jamais cru être passionnée par l’organisation des festivals, lire une courte interview de Clément Oubrerie, le dessinateur de la BD Aya de Yopougon, être ravie d’en savoir plus sur le Centre Pompidou de Metz, découvrir des artistes musulmanes qui expriment leur art de façons différentes ou encore, en apprendre sur les origines de Shéhérazade.

Tout cohabite joyeusement, les boulons ne sont peut-être pas encore bien serrés mais la mayonnaise prend assez bien. Je suis donc toujours impatiente de lire les sommaires et deviner vers quelle direction Muze m’amènera. Pour moins de 10 € par trimestre, ça vaut le coup de tenter et de fermer les yeux sur quelques choix douteux. Et encore, les goûts et les couleurs…

Petit mot de fin : le magazine se veut dans l’ère du temps : le blog est régulièrement alimenté avec des news culturelles et littéraires (prix, nouvelles et autres ateliers) et la version iPad est disponible pour 5,90 €.

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