L’Épée de Paros (Igarashi & Kurimoto)

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© Isan Manga
Dans le lointain royaume de Paros, la légende veut que seul celui qui brandira l’épée de Paros, trésor le plus sacré du pays, pourra siéger sur le trône. Seulement l’ombre de la guerre plane sur Paros, et le roi n’a d’autre choix que d’essayer de marier Elminia, sa fille unique, qui elle ne rêve que de bataille et d’escrime. De l’autre côté du royaume, Fiona, frêle jeune fille et simple servante, attend le jour où elle pourra revoir son prince charmant. Le fil du destin qui relie ces jeunes filles semble intimement lié à l’avenir de Paros…

L’Épée de Paros est un titre qui m’a intéressée dès que j’en ai entendu parler, et pourtant, de Yumiko Igarashi, je savais juste qu’elle était à l’origine de Candy Candy. Et puis, lorsque le prix a été annoncé, j’ai tiré un trait dessus : 46 €. J’ai beau adorer la BD, je ne trouve rien qui justifie un tel investissement. Finalement, il m’a été offert pour Noël et encore, j’ai dû me raisonner et me dire que c’était là l’occasion de découvrir un classique avant de commencer à tourner les pages comme si elles étaient recouvertes d’or…

Résultat ? J’ai lu une œuvre très différente de ce à quoi je m’attendais. Je ne sais pas si ce sont les avis que j’avais pu glaner ça et là ou bien l’actualité politique et sociale de 2013, mais toujours est-il que je pensais avoir droit à une histoire novatrice sur l’orientation sexuelle et le genre, mais que je me suis retrouvée avec une belle aventure romantique avec un petit souffle épique qui n’évite malheureusement pas certains clichés.

En effet, quand on me parle de « précureur du yuri » et que la scénariste est la créatrice de la saga culte Guin Saga (décidément), j’imagine des personnages complexes et une intrigue basée sur l’ambiguïté sexuelle, même si l’œuvre date tout de même de 1987 et que le genre ne devait pas être un sujet très développé. Mais à vrai dire, inutile d’y aller par 4 chemins : qu’Elminia soit une femme ou un homme ne change pas grand-chose à l’histoire, car L’Épée de Paros parle essentiellement d’amour et du carcan qu’impose la royauté. Ce qui est tout de même dommage quand on nous répète à tout bout de champ qu’Elminia se sent homme coincé dans un corps de femme, on a l’impression que ce n’est qu’un prétexte pour montrer une princesse qui monte à cheval et flirte avec les jeunes paysannes et de passer à côté de quelque chose. C’est même cette princesse qui perpétue les clichés : les femmes à la cuisine et à la lessive (ou à la penderie pour les plus aisées), les hommes en voyage et à guerroyer. Du coup, j’ai trouvé de nombreux passages très hétérocentrés : il est rarement question du fait qu’Elminia et Fiona sont toutes deux des femmes, alors que cela crève les yeux.

En ce sens, L’Épée de Paros incarne à merveille la vision amoureuse que l’on retrouve dans de nombreux manga, yuri/yaoï ou non : un amour-coup de foudre inexplicable qui dépasse la question des sexes et des genres, mais pas une histoire frontalement homosexuelle, dans un monde pas foncièrement homophobe mais où règne tout de même l’expression « garçon manqué ». Quel dommage que ce titre censément culte n’aille pas au fond du sujet et confonde allègrement sexe et genre, alors que les interrogations qu’il soulève sont tout à fait passionnantes. On a là une femme qui regrette de ne pas être née homme, qui se dirige tout naturellement vers les femmes, trouvant les hommes répugnants mais qui aurait aimé son meilleur ami si elle se sentait vraiment femme. Sans vouloir donner dans le raccourci, je trouve tout de même que ça revient à dire qu’un homme doit être avec une femme, et vice-versa, mais que les couples de même sexe ne sont concevables que dans la mesure où l’une des parties se sent piégée dans son corps.

Dans le même esprit, Elminia, contrainte de se marier pour des raisons politiques, clame haut et fort qu’elle ne voudra pas d’un mari plus faible qu’elle au combat et en charisme : l’homme doit-il donc toujours dominer la femme – sa femme – aussi bien physiquement que mentalement ? C’est ce qu’Elminia semble dire à Fiona, sa « bien-aimée » : puisque c’est elle, l’homme, c’est à elle de la protéger et de l’aimer. Fiona n’a qu’à recevoir et lui sourire, cela lui suffira. Alors, certes, Fiona est absolument charmante, mais est-ce bien tout ? Je commence à être fatiguée des histoires de coup de foudre aussi crédibles que « moi monter à cheval, moi tomber sur lavandière effrayée, moi tomber amoureux ». Surtout si au final, c’est pour imposer une répartition aussi clichéesque des rôles.

© Isan Manga

Bien sûr, L’Épée de Paros reste une belle histoire d’amour et je ne serais peut-être pas aussi pointilleuse si elle était hétérosexuelle, mais problème : elle est homosexuelle mais hétérocentrée. La vision qu’ont les personnages, c’est celle du couple mixte lambda. Heureusement, quelques nuances subtiles viennent brouiller ce manichéisme et cette rigueur : la question du corps, du regard des autres, de la succession filiale, des classes sociales… avec plus ou moins de succès. J’ai beaucoup apprécié les passages où Elminia se désolait de ne pas pouvoir faire ce qui lui chante car malgré son rang de princesse, sa colère se retrouve chez de nombreuses femmes d’aujourd’hui, de même que le personnage de Yurias, son meilleur ami/frère d’adoption, est une franche réussite, tout en subtilité.

Par contre, lorsque dans le dernier tiers de l’œuvre, une vieille prophétie bien sibylline pointe le bout de son nez, je suis plus perplexe : il y est question d’une personne à la fois homme et femme qui assurerait la prospérité du pays, tandis que si celle-ci se révélait ni homme ni femme, elle le mènerait à sa perte. La formulation de cette prophétie, de même que la fin tragique, me fait comprendre qu’en fin de compte, il s’agit bien d’une histoire de rôles : l’homme comme la femme se définissent alors selon leurs actes et leurs comportements. Étrange. Ne serait-on pas là en pleine confusion entre le sexe biologique, le genre et l’orientation sexuelle ? Elminia qui se sent homme et s’autorise ainsi à faire ce que font les hommes, dominant son amie, Fiona qui n’attend que son prince charmant, quelle que soit son « apparence », Yurias qui aime Elminia d’un amour absolu, un noble qui aime ouvertement les (jeunes) garçons qui se met tout à coup à tenter sa chance avec Elminia… L’Épée de Paros brasse toutes les thématiques sans parvenir à se fixer une ligne claire.

J’ai également été « déçue » de voir qu’Elminia est elle-même une beauté. Avec le style froufroutant de Igarashi, je n’aurais pas vu un laideron à l’esprit chevaleresque venir s’emparer du cœur de Fiona, mais une beauté normale aurait été la bienvenue. Au lieu de ça, j’ai l’impression que la beauté est un prétexte dans cette histoire et qu’il fallait impérativement qu’Elminia soit belle pour avoir le droit de se sentir piégée dans un corps qu’elle ne désire pas. En la voyant, elle et ses dames de cour, je revoyais ces shôjo où la fille la plus grande du lycée intimide les garçons tout en étant l’idole des filles. Cette fille grande sœur, très sportive, un peu effrayante, renfrognée, qui ne demande qu’à ouvrir son cœur à… l’homme qu’elle aime.

Fiona me paraît donc bien plus intéressante et complexe. Cela ne se voit pas au début, car on ne la découvre que dans deux états : heureuse car amoureuse et en pleurs. Elle est même tellement dévouée à sa princesse qu’elle en devient cruche et creuse. Sauf que comme bien d’héroïnes de shôjo, elle passe par LA case qui la rend plus forte et déterminée, au point de prendre en main le destin du pays. Si ce retournement ne me paraît pas impossible, je regrette un peu qu’il corresponde si justement au cliché de l’idéal féminin japonais, particulièrement dans l’après-guerre : la femme forte, celle qui endure et se sacrifie pour le bien commun. C’est un peu dur à lire quand on n’adhère pas à cette vision de la femme, objet malgré toute son endurance, mais il faut dire que les épreuves dures que traverse Fiona reflètent bien cette grande tendance qu’avaient les shôjo à être cruels, voire glauques, avant d’être totalement aseptisés.

En outre, il ne faut pas oublier que ce titre date de 1987, à une époque où ces questions n’étaient pas publiques et où les termes de genre ou de sexe biologique étaient au mieux flous, au pire inexistants. Le débat n’était sans doute pas aussi délimité qu’aujourd’hui, ce qui rend le titre révolutionnaire à sa façon. Bien sûr, il se base sur le modèle homme-femme connu, mais cherche malgré tout à aller un peu plus loin en explorant une variation de ce modèle. Souvent, c’est maladroit, voire un peu dépassé, mais il faut bien commencer quelque part. La scénariste pose les bonnes questions, elles sont simplement embrouillées. De ce fait, si j’ai été surprise de l’inanité de certains propos – ce que font les femmes, ce que font les hommes – je pense que si on aborde l’œuvre en connaissance de cause, on peut être assez ravi de lire cette histoire sous l’angle historique.

Côté narration, j’applaudis la maîtrise de l’auteur. Je ne devais lire que le début de ce manga et malgré toute mon exaspération face aux clichés, je n’ai pas dormi avant de l’avoir fini. Igarashi nous tient en haleine de bout en bout, les coups d’éclat se succèdent sans temps mort et on veut toujours en savoir plus sur l’intrigue et les personnages. Pourtant, j’ai eu du mal à situer les événements dans la chronologie de l’histoire (une période de quelques jours m’a paru durer quelques mois), mais le rythme haletant rattrape toutes les faiblesses scénaristiques. Voici donc une histoire à l’ancienne, un peu comme un Disney, avec sa scène de danse, ses combats, ses retrouvailles, son drame, menée d’une main de maître. Ce qui est toujours appréciable quand on se rend compte que des productions récentes abusent du flashback et du flash-forward.

Et pourtant, le scénario est somme toute classique et le contexte historico-politique n’a rien de très fouillé. On nous plante une légende, une prophétie, une épée magique, et c’est parti. Tout l’environnement est mis en place pour mettre en exergue l’histoire d’amour et ses péripéties, qui auraient pu se dérouler n’importe où. Bien sûr, le côté fantasy ajoute un petit souffle épique à cette fresque, mais on pourrait relever de nombreuses incohérences scénaristiques. Pour ma part, j’ai choisi d’ignorer ces failles pour me concentrer sur le propos principal et éviter de me gâcher le plaisir.

Quant aux graphismes, je les ai trouvés agréables à l’œil. Bien sûr, il faut ne pas détester les froufrous, les dentelles et les roses, qui surchargent les pages, mais je leur ai trouvé un charme suranné, du coup, même si ce n’est pas ma tasse de thé, je me suis retrouvée à contempler les tenues, le détail des yeux immenses de Fiona, les chevelures. À l’inverse, le design du château n’est pas franchement une réussite, entièrement tracé à la règle semble-t-il, et celui des mâles non plus… Le roi est tout simplement hilarant avec sa petite moustache surréaliste tandis que l’un des « barbares » semble tout droit sorti du comics Animal Man, période Grant Morrison. C’est le jeu, disons. Personnellement, un peu de kitsch de temps en temps, ça me plaît bien, et les pages couleur, dans des tons pastel, sont vraiment sublimes.

Un mot sur l’édition : je ne suis pas contente. Se positionner sur le luxe, pourquoi pas. Je ne cautionne pas, mais je ne suis personne et on s’en fiche, de mon avis. Par contre, pour donner satisfaction, encore faut-il que l’objet soit cohérent avec le prix. Or, à 46 €, j’ai un livre sans introduction, sans conclusion, sans dossier, sans reproduction de toutes les pages en couleur. En revanche, j’ai quelques pages pixelisées, une traduction un peu boiteuse bien que ce soit là un avis très subjectif mais des coquilles qui n’ont rien de subjectif. La pilule est déjà un peu difficile à avaler quand il s’agit d’un cadeau, elle l’aurait été encore plus si j’avais choisi de m’offrir le livre.

En conclusion, L’Épée de Paros est un titre appréciable sous certaines conditions : ne pas être allergique au vieux design, à un scénario simple(t), un fond politique et historique peu développé. Pour ce qui est de la thématique principale, il convient de la remettre dans son contexte pour estimer à leur juste valeur les innovations et les questionnements. Certes, les aspects relatifs au genre et au sexe se confondent et restent flous, certes, l’histoire est en fin de compte hétérosexuelle, mais au moins, ils ont le mérite d’exister, bien que sous une forme maladroite. À mes yeux, l’univers de Paros a énormément de potentiel et aurait pu accoucher d’une épopée encore plus sublime que RG Veda de Clamp ; les auteures ne l’ont pas fait, dommage pour moi mais l’œuvre reste tout de même poignante et vaut le coup d’être découverte telle qu’elle est. Avec ses défauts et ses qualités.

L’avis de Yuri no Boke (en anglais)
(Si vous voyez des chroniques en français, n’hésitez pas à me laisser des liens. Merci !)

18 commentaires:



  1. Pour ma part, je ne vois rien de surprenant à tout ça :( . Yumiko Igarashi, je ne veux pas dire, mais elle ne révolutionne pas les clichés, elle y reste même à fond. D’ailleurs, la lecture du chapitre gratuit de Joséphine Impératrice, sa dernière série en date, le montre bien.

    Honnêtement, le côté belle fille, le côté hétérocentré de la chose, ça m’étonne mais alors à peine… J’ignore dans quel mag de prépublication l’oeuvre est parue, mais l’objectif souvent, c’est de ne pas se poser plus de question, de rêver, de montrer du glamour, du fantasme homo d’hétéro dans le shôjo. L’objectif, c’est que les lectrices restent des lectrices donc des filles "normales" -__- et le terme de "garçon manqué", qu’il me gonfle. D’ailleurs, les garçons manqués qu’on voit dans les shôjo, souvent, je me demande en quoi elles le sont xD. Quant à Kurimoto, je ne sais pas. Je n’ai jamais lu Guin Saga. A mon avis, le fait de voir Igarashi dans ce type d’oeuvre marquée par la fantasy est plutôt à mettre sur la mode de l’époque, époque avec pas mal de shôjo fantastique ou de fantasy, et qui se poursuit début des années 90.

    Et je ne suis pas tout à fait d’accord: OK en 1987 on aborde peu les questions du genre, mais dans les années 70, il y a tout de même le groupe de l’an 24, avec Keiko Takemiya, Moto Hagio, Ryouko Yamagishi ou Yumiko Oshima qui se posaient déjà des questions. Rien que Riyoko Ikeda, par sa Rose de Versailles ou même Très cher frère… a l’air de creuser la question de manière plus profonde que dans L’épée de Paros.

    Quant au prix, tu n’es pas la seule à être indignée. Au moment de son annonce sur Manga-news, une foule de commentaires allaient dans ton sens xD. Mais à bien y regarder, Roméo et Juliette puis Madame Bovary coûtaient déjà 30€… Et le nombre de page n’est pas très conséquent vu que la moitié est occupée par l’oeuvre d’origine -__- .

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    1. Bah oui, mais j’suis naïve, moi : on me dit qu’il y a des questionnements par rapport au genre, j’y crois à fond xD Et je me dis qu’on ne devrait pas avoir à lorgner du côté de la franco-belge ou du comics pour avoir droit à des œuvres intelligentes sur le sujet. En fait, c’est surtout que les résumés ont été rédigés avec les mots de 2013, qui m’ont parlé. Je ne connaissais absolument pas Igarashi.

      En fait, je pardonne à l’œuvre le fait que les questionnements sont maladroits mais je suis déçue que ça parte dans tous les sens. Oui, à cette époque, il y avait des œuvres plus approfondies déjà, mais pas forcément bien formulées pour autant en termes de théorie du genre. C’est pour ça que j’ai parlé de l’année 1987 (c’pas vieux, hein ;))

      J’ai bien aimé La Rose de Versailles, mais c’est pareil, la question du genre et du sexe ne m’a pas semblé mieux traitée. Par contre, Oscar va plus loin qu’Elminia, elle ou l’auteur assume plus.
      Et je suis d’accord que chez Moto Hagio, la pensée est bien plus structurée.

      Quant au prix, je n’arrive pas à comparer entre les titres d’un même éditeur, je compare par rapport aux autres éditeurs. Mais bon, comme tu sais, j’ai totalement revu mon échelle des prix grâce à Isan. Hier, je lisais Les enfants de la mer et je me disais que 15,50 € pour tout ça, c’était vraiment pas cher :D:D:D

      Pour le magazine de prépu, voir réponse de Herbv ci-dessous ^^

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  2. La prépublication s’est faite dans le magazine Asuka de Kadokawa Shoten. Pour celles et ceux qui ne connaissent pas, c’est un mangashi orienté fantastique avec une pincée de fan-service pour filles (notamment avec des bishonen pouvant être très proches les uns des autres). CLAMP s’y est pas mal exprimé à une époque. Pour ma part, il n’y a aucun titre issu de ce support qui a réussi un jour à m’intéresser.

    À part ça, Alice, bravo pour ta chronique très juste. Je pense tout pareil que toi, sauf que tu le dis très bien :)

    Une petite différence quand même entre nos deux avis : j’ai eu énormément de mal à aller au bout de ma lecture tant les défauts prenaient le pas sur le reste. Je n’ai jamais réussi à être passionné par cette histoire d’un classicisme absolu.

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    1. Il n’y a pas un Clamp que tu aimes ?

      Et c’est très gentil, ce que tu dis sur ma chronique. J’ai beaucoup sué pour l’écrire et je trouve toujours que j’ai tourné en rond sans réussir à dire ce que j’ai ressenti à la lecture.

      J’imagine que j’attendais (en vain) de vraies questions, mais que quand je ne les ai pas eues, je me suis rabattue sur la valeur "historique". Et puis bon, j’ai mon opinion sur le genre et l’orientation sexuelle, elle n’est pas forcément universelle, libre à chaque artiste d’exprimer la sienne à sa façon.

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    2. Ah oui le Asuka :D . Il y a X de CLAMP qui m’intéresse dedans, et puis dans les années 90, on dirait bien que des mangaka des années 70 sont débarquées du coup: Moto Hagio, Keiko Takemiya et … Yumiko Igarashi.

      Je n’avais pas vu les mots pour "vendre" le livre mais apparemment, ça a fonctionné… Ils ont donc été bons chez Isan ^^; . Je ne me souviens pas beaucoup de La Rose de Versailles, mais je n’ai pas eu l’impression que c’était aussi "cliché". Et c’est beaucoup plus vieux en plus.

      Je ne trouve pas que Les enfants de la mer coûte cher honnêtement. La qualité du papier, la belle couverture, l’impression, le nombre de page plutôt conséquent. Onmyouji, beaucoup plus mince, coûte 16€… C’est vrai qu’Isan parvient à décoincer pour les prix haha :D . Je ne savais pas qu’il n’y avait pas de préface ni aucun texte d’accompagnement dans L’épée de Paros. C’est un peu dommage en effet :( .

      Je ne sais pas si tu trouveras les questionnements de Moto Hagio intéressants. Mais je trouve qu’il y a quelque chose dans ses manga. Après, elle ne cache pas adorer dessiner de beaux garçons ou plutôt des androgynes. Son grand manga sur la question du genre est Marginal, dans lequel il n’y a plus que des hommes et où se pose le problème de fertilité. Il y a aussi Star Red qui apparemment est son manga sur la conception d’un homme et d’une femme, je dois avouer que cette conception m’était un peu passée au-dessus lors de la lecture ^^; . Il y a Mesh où la question d’identité sexuelle est effectivement présente même si le manga est bel et bien vieux (et parfois ringard… )

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    3. Ou alors, ça n’a marché que sur moi hein. Enfin, je ne l’aurais sûrement pas acheté de moi-même et même en cadeau, j’ai eu peur.

      Nan mais Onmyouji non plus, c’est pas cher !
      (T’as vu l’effet que ça fait ?? Et sinon, Kermesse au Paradis, quand tu veux, c’est super bien !) (ce post part en sucette)

      De Moto Hagio, je ne dois connaître que ce qu’il y a dans l’Anthologie. Tu m’as prêté autre chose ? Plus ça va et moins j’ai de mémoire. Je lis et j’oublie les noms des auteurs et des œuvres.
      Je ne suis pas très sensible aux "beaux garçons" de Moto Hagio.

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    4. Il n’y a aucun CLAMP qui a réussi à m’intéresser.

      Et moi aussi, je ne suis pas très sensible aux "beaux garçons" de Moto Hagio. Ils manquent franchement de virilité ! Et ses femmes ne sont pas plus sexy que les gars. Moto Hagio, c’est pas pour ça qu’il faut la lire :)

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    5. Non je ne t’ai rien prêté d’autre car trop de trucs à lire :) . Jadis, il y a quelques années j’ai tenté de te refourguer A Drunken Dream, l’an dernier A, A’ et They were eleven (mais le format comics n’était pas pratique) haha :D . Mais si jamais tu es motivée, il y a Mesh, Silver Triangle (calvaire pour moi…), Star Red, Ten Billion Days and One Hundred Million Nights (calvaire bis) qui traînent chez moi ^^;. De l’an 24 j’ai également To Terra… de Takemiya, et culte aussi.

      Je ne suis pas du tout sensible aux beaux garçons tout court pour ma part. Et quand je suis sensible, c’est à tout le monde, pas de jaloux, par exemple chez Reiko Okano, aussi bien les femmes que les hommes sont ravissants, de même chez CLAMP… Chez Moto Hagio, je ne trouve personne de spécialement ravissant, mais j’aime beaucoup le trait vraiment très beau (surtout fin des années 80, oui je sais herbv, on n’a pas les mêmes goûts :) ).

      Aaaah… Birgit Weyhe. Tente de lire La ronde un jour :) . C’est curieux mais il n’y a rien sur Une kermesse au pardis, il est pourtant sorti fin octobre :o .

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    6. Calvaire pourquoi ?

      Bah… Et Jôtaro ? Et Kangoh Banchô ? Ils vont être jaloux de ce que tu dis ! xD

      J’ai pas trouvé d’avis en français sur Paros non plus (à part que c’est cher), du coup, ça m’a un peu plus motivée pour le faire.

      En roman, sur le genre, y a plein de trucs. Ma référence, c’est V. Woolf (et ça ne date pas des années 80 ni même 70) avec Orlando. Mais je voulais justement qqch de travaillé en manga. Ça doit exister :)

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    7. Et je voulais ajouter que sur les questions du genre, il y a Ursula Le Guin en SF, dans son cycle de l’Ekumen qui s’avère très intéressante. Surtout dans La main gauche de la nuit, Quatre chemins de pardon, puis aussi Les dépossédés. Je suis moins fan des 3 premiers écrits (enfin, ils se lisent dans n’importe quel ordre, ils sont tous indépendants). Il ne faut pas être allergique aux personnages peu développés après :) .

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    8. Dans le fond, Paros semble avoir de nombreux points communs avec Princesse Saphir, qui date quand même des années 50. L’héroïne a un comportement "de garçon", mais uniquement car elle a deux cœurs : un d’homme et un de femme. Et dès qu’elle perd son cœur d’homme, elle devient incapable de se battre, de faire preuve de courage, etc…

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    9. N’aimant pas Tezuka (rôh oui je sais ^^;;), je ne me suis jamais intéressée à Saphir mais effectivement, c’est ce que j’ai lu de ce titre :s
      En ce sens, il est bien le père du shôjo moderne : la fille "reste" une fille (la pauvre).

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    10. Oui mais il ne faut pas oublier que la société japonaise est particulièrement conservatrice, patriarcale, militariste, raciste, etc. même si cela change depuis un certain nombre d’années sous l’influence occidentale et les réalités socio-économiques et démographiques. Il ne faut pas oublier aussi que le manga a été très longtemps (et l’est encore largement) sous la direction d’hommes, que ça soit au poste de rédacteur en chef et aux postes d’éditeur. Et que si on lit certains propos d’auteures ou de chercheuses japonaises, les hommes, jusqu’à récemment, étaient en grande partie particulièrement incapable de comprendre le shôjo manga d’un point de vue critique.

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    11. J’ai oublier de préciser dans mon raisonnement que la société japonaise se retrouve obligatoirement dans les mangas et que ceux-ci, notamment les shôjo manga, n’ont pas la réputation d’être très progressistes, ce qui se voit ici par exemple. Après, je ne connais pas l’évolution du magazine Asuka pour savoir si c’était une petite révolution d’introduire du yuri dans une de leurs histoires. C’est là que l’absence d’un appareil critique digne de ce nom se faire durement ressentir.

      Pour tout ce qui concerne le développement du yuri, je renvoi à l’article dédié dans Manga 10 000 images 3, et L’Epée de Paros n’y tient pas une place remarquable, c’est le moins que l’on puisse dire.

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    12. Qu’est-ce que tu nommes "l’influence occidentale" ?

      Autrement, oui, bonne idée, je vais me replonger dans ce 10 000 images à l’occasion… Je ne me rappelle pas que vous y parliez de Paros, mais en même temps, avec ma mémoire toute pourrie…

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    13. Ah mais Kongoh Banchô et Jotaro, ce ne sont pas vraiment de "jolis" garçons :D !!! J’avoue que j’ai un faible pour eux ^^; … il est vrai.

      Après,l es questions de genre, quand il y en a, dépendent toujours du pays d’origine et de la culture sexiste (vu notre monde) dans laquelle les auteur-e-s ont grandi.

      Quant au Asuka, je me demande si c’est pas quand même un mag visant un public otak, comme d’autres de Kadokawa Shoten. Donc, le côté yuri, quand il y en a, peut être une sorte de "fan service".

      L’épée de Paros ne semble pas un titre "important" de Igarashi je pense. Il y a Candy Candy, Georgie, qui sont plus en phase avec son univers peut-être, idem pour Joséphine Impératrice d’ailleurs. Ca semble uivre cette mode de la fantasy et du fantastique des années 1990 dans le shôjo.

      Jamais lu Princesse Saphir non plus en fait. Malgré son importance, je n’ai jamais été très motivée. Pas que je n’aime pas du tout Tezuka, j’en ai lu pas mal à un moment de ma vie.

      Virginia Woolf est en effet très plébiscitée sur le terrain :) . Je n’ai pas encore eu le courage de m’y attaquer, mais c’est prévu depuis des années (les interdits bibliothèque, etc…). Peut-être que je grandirai un jour, et que je serai moins attachée au non réel. Ou peut-être jamais.

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  3. Jôtaro, je peux comprendre, même si ce n’est pas ma tasse de thé. Kangoh Banchô, mouaiiiis :D !
    Remarque, moi, c’est les vieux.

    Oui, je suis tout à fait d’accord sur l’importance de la culture d’origine dans la vision des genres et des rôles. C’est pour ça que j’ai été très étonnée d’en apprendre plus sur la vision de la femme forte dans la société japonaise, qui pourrait de prime abord paraître être une "vraie" femme forte aux yeux d’un Occidental mais qui au final, est encore un objet. Il n’y aura pas de sexisme quand on ne cherchera plus de manière stérile à définir LA femme, qu’elle soit objectivement forte, faible, moyenne, lâche, courageuse…

    D’ailleurs, tu n’aimes pas Joss Whedon mais je cite quand même la réponse qu’il a donné à un (une ?) journaliste qui lui demandait pourquoi il faisait des séries comme Buffy : "Parce qu’il y a des gens comme vous qui posez ce genre de questions". J’aime beaucoup la répartie :)

    N’étant pas dans la tête d’un otak des années 80, je ne pourrais pas dire si le yuri dans Paros est du fan-service. Je dirais que non car les quelques scènes de baisers n’ont rien d’émoustillant mais bon, si ça se trouve… Comme le dit Herbv, sans appareil critique, il ne nous reste plus qu’à spéculer -_-

    Hola, Candy Candy et Georgie, ce sera vraiment sans moi :D

    Bah Woolf est plutôt connue pour Mrs. Dalloway, qui se lit vite. Même en connaissant le personnage, Orlando est une œuvre qui a étonné.
    Dans la foulée, j’avais commencé à lire Vita Sackville-West, mais sans trop accrocher. Faudrait que je recommence.

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    1. Je connais la phrase de Whedon ;) . Après j’avoue ne pas du tout accrocher à ce qu’il fait.

      Georgie je le lirai à l’occasion. Et Candy Candy c’est impossible sauf en scans. Ceux ou celles qui ont la série au complet peuvent se faire une fortune… sérieux. Dommage que je n’ai pas été fan de Candy Candy à l’époque >_<

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