Poésie et nettoyage de vitres : La Cité Saturne (Hisae Iwaoka)

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La Cité Saturne narre la vie quotidienne d’un laveur de vitres dans un monde extrêmement hiérarchisé, où les êtres dits inférieurs vivent dans un bazar souterrain et les êtres élevés dans un anneau gravitant autour de Saturne. L’anneau, gigantesque, étant en verre, les riches cadres, ingénieurs et industriels font appel à des nettoyeurs de l’espace pour bénéficier d’une belle vue sur l’espace.


Si le terme de « nettoyeurs de l’espace » peut faire penser à Planètes (Makoto Yukimura) et ses éboueurs-cosmonautes, on peut aussi mettre en avant quelques autres similitudes : la poésie, la réflexion sur la vie, le découpage de la société en castes et donc l’injustice. Ce sont aussi les points forts de La Cité Saturne.

On ne trouve pas de bonne grosse SF bien huilée, le monde tient à peine debout, on développe peu le thème de la construction de ce monde, tout est fait simplement pour nous mettre dans un cadre dépaysant. Le héros vient du monde « d’en bas » (très semblable à un quartier animé d’une petite ville japonaise) mais est plein de bonne volonté et se donne à fond pour ce métier qu’il adore et lui permet de rencontrer toutes sortes de gens. Des personnes handicapées, une prostituée (ce héros est majeur, malgré les apparences), des personnes seules, et ainsi de suite.

On se demande où il trouve le temps de travailler puisque tous les foyers pour qui il nettoie les vitres finissent par lui demander de « venir prendre un thé » chez eux. Et ce sont surtout ces moments calmes, de réflexion, où les gens discutent tranquillement de leur passé qui sont intéressants, on n’a pas de philosophie lourdingue, l’auteur ne refait pas le monde, n’a pas inventé l’eau chaude mais réussit parfaitement à transmettre une impression de sérénité et de douceur, malgré la présence de quelques thèmes plus sombres (la vie, la mort, toussa).

Bref, il ne faut pas chercher de cohérence scientifique ni se poser trop de questions sur le cadre. Si vous accrochez aux dessins un peu ronds, aux petites touches d’humour, au principe « un chapitre=une petite histoire sur un personnage », vous pourrez apprécier ce joli manga poétique.

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