69

, , No Comments
Recueil de nouvelles mêlant la SF et le Q (comme l’indique l’efficace sous-titre), 69 est un objet plutôt intéressant, à lire par petits morceaux pour apprécier les différences de styles et de mondes.
J’ai beaucoup apprécié la préface, qui décrit la genèse de ce projet et donne un aperçu alléchant des 12 nouvelles offertes au lecteur. Ce n’est pas le cas de toutes les anthologies, où des histoires nous sont balancées pêle-mêle des histoires sans socle commun.



Passée la préface, comme dans beaucoup d’anthologies, les nouvelles se révèlent inégales. Ma plus grande déception vient du fait que la science-fiction n’est pas assez présente. Tout au plus du surnaturel, du fantastique… Parfois rien. Évidemment, en quelques pages, c’est difficile de mettre en place un univers sans tomber dans des clichés absurdes (noms exotiques, machines sophistiquées, monde virtuel pour simple témoin d’un saut dans le temps) mais je regrette que la SF soit un simple prétexte pour nous distiller (au compte-gouttes) quelques scènes érotiques. J’aurais aimé que la SF soit réellement un personnage de ces nouvelles, un monde construit avec de nouvelles règles sociales, politiques, morales, éthiques…

De ce fait, je n’ai réellement apprécié que les nouvelles de Francis Berthelot (cinéma virtuel où les spectateurs jouent pour influer sur le scénario), Norbert Merjagnan (une scientifique à première vue rigide lentement colonisée par un sex-toy du futur) et surtout, Joëlle Wintrebert (un monde réellement différent avec une faune qui sait donner du plaisir mais des humains bien trop égoïstes et méfiants). Ces 3 nouvelles m’ont vraiment transportée, je n’ai pas eu l’impression de lire des pastiches ou des créations artificielles.

De l’autre côté du spectre, il y a quelques nouvelles qui m’ont laissée de marbre, aussi bien de par les thématiques (prostituée-robot, succubes, poupées gothiques…) que par l’écriture. C’est d’ailleurs ce dernier point qui m’a parfois fait grincer des dents. J’ai du mal avec la « nouvelle écriture française » qui consiste à faire du court et de l’incisif en 3 mots et demi, des injures, du vulgaire ou des néologismes à tout va. Cette écriture ne me fait rien ressentir, je ne suis jamais sur la même longueur d’onde que les personnages et je me contente de lire un à un chaque mot, passivement, sans intérêt.
Entre les nouvelles que j’ai adorées et celles qui m’ont un peu ennuyée, il y en a qui m’ont agréablement surprise (Sabbat, de l’auteur Gudule – par exemple) mais encore une fois, peu de SF.

Paradoxalement, ce sont celles qui compensaient avec des scènes sexuelles plutôt bien décrites, que ce soit dans les mots que dans l’originalité des situations.

En fin de compte, je recommande ce recueil de nouvelles (l’éditeur Les 3 Souhaits a un charmant capital sympathie), ne serait-ce que pour la curiosité du projet. Côté SF, c’est en moyenne un peu léger. Côté Q, rien de très trash non plus. Cocktail final, un cahier des charges pas toujours rempli, des auteurs à découvrir et suivre, quelques ratés.

0 commentaire(s):

Enregistrer un commentaire