Les heures souterraines (Delphine de Vigan)

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J’ai voulu renouer avec la littérature française contemporaine avec Delphine de Vigan, dont on dit tant de bien. Bah c’est raté.

L’histoire m’a passablement frustrée : Mathilde et Thibaut peuvent se rencontrer n’importe quand, oui mais ci, oui mais ça. Oui mais pourquoi avoir créé cet entremêlement dans ce cas ? Je ne fais pas partie de ceux qui veulent absolument de l’action mais Les heures souterraines ont réellement été trop ennuyantes pour moi. On souffre vaguement (très vaguement) avec les personnages, on veut qu’il leur arrive quelque chose, genre se prendre en main, pas qu’ils s’enfoncent dans leur misère et crèvent la gueule ouverte. Du moins, quand on a un peu de compassion.


Du coup, c’est assez insupportable de les voir voguer d’humiliation en humiliation, sans que ne soient approfondis les thèmes de la fragilité, de l’entreprise et de la société.

Est-ce que ce qui arrive à Mathilde est de sa faute ? Est-ce qu’elle aurait pu faire mieux ? Est-ce que Jacques aurait mérité un gros coup de poing ?
Est-ce que Thibaut aurait dû couper les ponts avec Lila plus tôt ? Est-ce qu’il aurait dû demander un jour de congé ? Est-ce qu’il arrêtera de faire une fixette sur ses trois doigts tronqués ?

La réponse : on s’en fout. On se contente de lire plein de mots censés décrire « L’Entreprise » : ses noms de poste incompréhensibles, la vie de la photocopieuse, les messages d’erreur des ordinateurs, le chemin d’accès au serveur de la boîte. Ou alors on lit plein d’infos sur les maladies, sur les études de médecine, sur les médicaments, sur les rues de Paris. Comme si cela suffisait à donner corps au récit, à le rendre crédible quand le récit ne fait intervenir que des noms bien français (Patricia Lethu, Jacques Pelletier… En 25 ans à Paris, je n’ai jamais vu un tel agglomérat de patronymes), à ancrer dans une certaine réalité nos deux protagonistes.

Hélas, ce n’est pas l’écriture qui relève le niveau. Question de goût, je n’ai jamais su apprécier les alignements de phrases type « sujet-verbe-complément » ou les répétitions à l’infini censées créer une écriture incisive et sans fioritures. Le style est tellement dépouillé qu’il ne transmet plus aucun sentiment et plus aucune atmosphère. Le narrateur n’existe plus, il n’y a plus que des mots, par-ci, par-là, qui ne font plus aucun sens.

Ce roman m’a donc paru très très très artificiel et peu intéressant. Les romans qui racontent des rencontres ratées, oui, y en a à la pelle et y en a de plus prenants. Les romans qui jouent tant sur le malheur en société sans jamais aller plus loin, j’en ai lu qu’un seul et c’est Les heures souterraines.
Vite acheté, vite lu, vite oublié.

Titre : Les heures souterraines
Titre original :
Auteur(s) : Delphine de Vigan
Traducteur(s) : VO
Éditeur : Le Livre de Poche
Nombre de pages : 256
Prix conseillé : 6,60 €

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