Valse avec Bachir (Ari Folman)

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J’ai honte mais...
… je n’ai pas du tout aimé ce film porté aux nues par la critique mais vraiment, je n’ai trouvé rien de bien original ou de touchant.
Le rêve est prétexte à un petit film d’animation sur la mémoire, la conscience, et bien sûr les atrocités de la guerre. Hélas, bien qu’on puisse louer que ce dernier thème soit traité sans pathos ni exagération – juste ce qu’il faut d’humanité et de bon sens, les autres thèmes plus psychologiques peinent à convaincre.



La narration est très maladroite, on passe d’un événement à un autre sans transition logique que ce soit visuellement ou historiquement. On voit le héros dans un pays puis tout à coup dans un autre, retour dans le premier pays et hop on se retrouve en hiver. La chronologie n’a pas été bouleversée, elle est tout simplement incohérente.

Le seul fil rouge dans cette histoire, c’est la mémoire. Alors oui, commencer par un rêve obsédant, pourquoi pas. Mais pourquoi tant insister là-dessus au début si ce n’est pour l’occulter ensuite ? Dans Valse avec Bachir, il est question de souvenirs oubliés et enfouis au fond du cerveau en raison de leur portée et de leur aspect traumatisant. À partir de là, le héros essaie de se reconstituer le peu dont il se souvient, se demandant si ce sont de vrais souvenirs ou des images qu’il s’est créées dans la tête.

Intéressant, mais le sujet est bâclé car on ne va pas assez loin dans la réflexion, on mixe tout ça avec du Freud et des expériences qui ont été faites dans le domaine tout en se moquant des théories psychologiques, on insère quelques rêves fantasmagoriques (avec une jolie femme à poil, bah oui)… mais où veut-on en venir, au juste ?

 De même, les dialogues sonnent peu naturels. Ils auraient pu mieux être mis en valeur s’ils avaient été tournés différemment car on croirait que les personnages dictent un script. À moins que ce ne soit tout simplement dû à la traduction, car le doublage, même si je ne comprends pas l’hébreu, est agréable aux oreilles.

Tout comme l’histoire, l’animation semble aussi être un étrange patchwork, on ne sait pas sur quel pied danser. Il y a de tout. Les couleurs de l’affiche m’avaient fascinée et heureusement, le film reste relativement stable à ce niveau, idem pour les décors fixes. Néanmoins, en ce qui concerne l’animation et les expressions des visages, c’est très hétéroclite. Autant l’animation est parfois très réaliste et les mouvements fluides, autant elle est parfois saccadée, hachée.

Le film présente un intéressant rapport entre expression du visage et parole à travers les dialogues et donne parfois l’impression d’une BD animée, surtout la scène d’ouverture où l’ami d’Ari est poursuivi par des chiens sauvages suivie de la scène où ce dernier confie son rêve. Je n’ai pas trop aimé ces scènes un peu « je t’en mets plein la vue » et finalement peu convaincantes, mais il faut reconnaître que la scène où Ari se baigne devant la ville de Beyrouth complètement ravagée est assez poignante car elle est retranscrite par la lenteur des gestes, la musique, les regards hagards, la vision de la ville détruite. Dommage qu’on la voie ensuite énormément de fois et que sa beauté en soit affectée.

Enfin, un point regrettable : la musique. Loin d’être mauvaise mais elle ne m’a pas du tout marquée. Celle qui accompagne la scène de la baignade était belle mais pas transcendante. Pour le reste, on a droit à du déjà-entendu.

Pour résumer, le film a des qualités certaines comme ses couleurs, certaines scènes où il y a une recherche dans l’animation et les décors mais est un peu trop conciliant et grand public. À part présenter un panel des horreurs qui se sont passées mais aussi le côté humain de la guerre avec de jeunes soldats insouciants, qu’il y a-t-il ? Je ne sais pas, je n’ai rien vu. Pour autant, le film se laisse contempler, j’ai même été charmée par certaines scènes, mais je reste mitigée. C’est le film que j’aurais aimé aimer mais que je n’ai pas pu. Un sentiment d’inabouti et d’inachevé…

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