Worst argument ever

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« Si ce n’est pas nous qui mangeons du requin, c’est lui qui va nous manger ! »
Cette semaine, c’était l’anniversaire de ma grand-mère (oui, ma grand-mère a une semaine d’anniversaire), et pour l’occasion, ma famille amputée a mis les petits plats dans les grands et m’a forcée à prendre un peu de soupe d’aileron de requin avec cet argument débile.
Alors oui, je me doute que quand on se lance dans le végétarisme, on a droit à tout et n’importe quoi, mais j’espérais être épargnée par ma famille et puis... sérieusement ? Le requin va sortir de son habitat et se lancer dans une course effrénée jusqu’au 7ème étage de la tour où réside ma grand-mère ?? Mon Dieu, je ne dis pas qu’un requin, c’est « gentil », mais je dis qu’il ne prend pas l’ascenseur ou l’escalier. Oui, à argument débile, réponse débile.
J’imagine que j’avais oublié que ma famille comporte de nombreux restaurateurs.

Et sinon, quelqu’un est-il intéressé ou a-t-il lu Plaidoyer pour les animaux de Matthieu Ricard ?

10 commentaires:

  1. ma maman vient d'acheter ce livre, je compte bien lui emprunter !
    haha la phrase et la réponse qui tuent ! bizarrement, personne n'a jamais trop osé avec moi, ils savent que je suis mauvaise...

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    1. Ah, je reviendrai à la pêche aux infos alors ^^
      C'est terrible, je laisse tout passer à ma famille, c'est pour ça que je trouve de la viande broyée dans tous leurs plats. Bon, c'est aussi parce que je n'aime pas imposer mes restrictions à d'autres, mais je suis souvent sidérée quand des gens considèrent qu'un plat sans viande n'est pas complet. Et un bon risotto aux petits pois et aux asperges, alors ??

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  2. Je n'ai pas lu le livre. Pour les requins, il me semble qu'il avait été établi qu'ils ne sont pas des mangeurs d'hommes (après une recherche rapide, seulement 5 espèces sont considérés dangereuses pour nous). En tout cas, je ne suis pas végétarienne (ou végétalienne), mais quitte à dire aux gens ce qu'ils doivent manger, autant avoir un argumentaire qui tient la route, car dans le cas présent c'est tout bonnement ridicule (encore plus pour ceux qui suive un régime particulier pour des raisons médicales par exemple). Et si tu le manges et que tu es responsable de son extinction, l'effet sur la chaine alimentaire et tout ça, l'animal qui bouffait qui va venir à son tour de bouffer et tout le tralala ? Pire : comment justifies-tu de manger du poulet et du porc (ce que je mange) selon cette logique ? Dans ces cas-là, je préfère presque un bon : "il est déjà mort, tu ne peux plus rien faire pour lui". Rien n'est vraiment un bon argument quand il s'agit juste de vouloir enfermer quelqu'un dans tes valeurs, mais quitte à aller dans cette voie, autant éviter d'aller vers l'illogisme.

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    1. Pour autant, je ne dirai pas que les requins sont d'affectueuses bestioles, d'où mon "gentil" entre guillemets. Si tu as du sang qui traîne, j'imagine que c'est un peu chaud pour toi. Mais de là à aller tuer la bête dans son habitat, qu'est-ce qui nous permet de faire ça ? Enfin, c'est là toute la base du végétarisme, l'anti-spécisme.
      Ah mais j'ai aussi eu droit à "il est déjà mort, de toute façon". Si on n'en mangeait pas, il ne serait pas mort hein xD J'adore comme les gens sont irrationnels dès qu'il s'agit de viande, c'est incroyable.
      J'ai sans doute mes propres préjugés mais même lorsque je ne m'imaginais absolument pas me "priver" de quelque chose, je ne me disais pas que d'autres avaient tort, bien au contraire.
      Ton commentaire me rassure en tout cas !

      Et pardon... je pose la question avant que ce ne soit trop tard, tu es bien Carole de http://respelling.wordpress.com/ ? Pardon si ce n'est pas le cas V_V

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    2. D'un côté, saigner sous son nez c'est un peu provoquer la bête, non ? :D Mais (il y a un mais !) un article sur le sujet : http://www.drgoulu.com/2014/04/19/les-requins-sont-ils-attires-par-le-sang/#.VE0s0y73_T8 (ouais, je suis du genre à creuser les questions qui se posent :D).
      Le problème du coup du "il est déjà mort de toute façon" implique un nombre de variable qui rend le raisonnement plus compliqué. Il n'y a pas besoin de manger un animal pour le tuer ou même le retrouver mort. Après tout, si on le tue autant tout utiliser, viande comprise (à noter que je n'ai pas du tout la moindre idée de pourquoi on tue un requin, un autre sujet à creuser). Enfin, je suis pour la modération et la réglementation et tout ce que me dit le National Geographic sur le sujet personnellement :D.
      Mais en effet, je te rassure, il y a d'autres gens comme moi (et je sais exactement à quoi tu te frottes, car j'ai tenté d'être végétarienne et bien que sans réflexion directe, je sais que cela a posé problème).

      Et oui, c'est bien Carole de Respelling (c'est drôle d'être identifié pour un blog qui n'attirait pas 10 personnes :) ).

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    3. Oui oui, mais je pensais à ce cas cliché où tu te blesses, tu saignes et hop, tu attires le requin xD Bref, ce qui est décrit dans ton article.
      Franchement, j'aime beaucoup ta façon d'aller au fond des choses :)
      Dans tous les cas, je ne vois pas l'intérêt d'aller classifier les animaux selon des critères humains : gentils / pas gentils avec l'Homme, etc.

      Quand tu dis qu'il n'y a pas besoin de manger un animal pour le tuer, tu penses à la régulation pour éviter prolifération (kangourous, etc.) ? Ou à autre chose ? Si cela peut être vrai pour certaines espèces animales, il n'en est pas de même pour la plupart des animaux que l'Homme mange.
      Quant à l'animal déjà mort, tout dépend de son état de décomposition, mais il n'est peut-être plus très comestible.
      Quoiqu'il en soit, les raisons éthiques prédominent chez moi et ensuite viennent les questions pratiques.

      Si je vivais dans un territoire très hostile, je mangerais la viande que je trouverais, jusqu'aux os, comme tout le monde. Mais j'ai le luxe de pouvoir manger autre chose, donc je le fais.

      Pour le requin, si c'est pour l'alimentation que tu te poses la question, c'est servi dans des soupes. L'aileron, une fois traité et cuisiné, forme des filaments un peu croquants et... assez succulents, je dois dire.
      Ce qui me pose problème, c'est que non seulement c'est un animal, aussi peu sympathique puisse-t-il être aux yeux de certains, mais qu'en plus sa chasse est particulièrement cruelle : l'aileron est tranché à vif, ce qui laisse le requin couler au fond de l'eau et se faire bouffer par des crabes, etc. de passage (le karma xD !). Bref, comme le foie gras, je n'adhère pas.

      Tu as renoncé au végétarisme pour quelles raisons, si ce n'est pas indiscret ?
      Tant que je n'aurai pas arrêté le poisson (et autres fruits de mer), je ne pourrai de toute façon pas me prétendre végétarienne. D'ailleurs, en français, il y a cette distinction viande (bœuf, poulet, porc) / poisson, mais pas en chinois, tout est de la "chair", du coup, dans ma tête, linguistiquement, les pesco-végétariens ne sont pas végétariens. Si aujourd'hui j'applique le terme à moi-même, c'est plus par commodité qu'autre chose.

      Oh, c'est drôle aussi de voir d'"anciennes" têtes sur un blog qui ne doit pas non plus attirer 10 personnes, moi comprise ^^

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    4. Quasiment une semaine plus tard, me revoilà ! :D

      Je pensais plus aux animaux qu'on tuait pour leur fourrure par exemple. Attention, je ne pense pas que ce soit une bonne chose ou disons plutôt que je ne pense pas que cela en soit une dans certains contextes alors que dans d'autres, je comprends très bien. Je n'irais jamais dire aux gens qui vivent dans le froid qu'ils devraient se les geler. Mais, justement, dans ces régions extrêmes, il y a des peuples qui tuent les animaux et récupèrent tout.

      Disons que j'approche le problème ainsi : nous sommes des prédateurs et l'évolution nous facilite le travail (comme elle nous offre plus de choix dans certaines limites), mais tuer un animal pour se nourrir, fabriquer des vêtements et autres ne me choquent pas tant que cela est fait selon un respect de la nature et de l'animal (aussi con que cela puisse sonner) et sans abus. J'ai totalement conscience que c'est totalement utopique, mais disons qu'après, je vis autant que je peux selon ses règles pour moi-même on va dire., car c'est un enfer commercial ce genre de problématique.

      Je ne suis pas prête de manger du requin, soit dit en passant, mais je ne suis pas une grande consommatrice de poisson.

      Donc, au vu de tout cela, j'ai "renoncé" (je n'ai jamais réussi à l'être entièrement sur une période notable) au végétarisme (donc je dirais que je n'ambitionne plus d'y être) parce que ma perception sur le sujet à évoluer vers quelque chose de moins extrême (pour moi). J'étais très écologique, je me sens toujours concernée par le sujet, mais aujourd'hui, je le vis différemment, j'ai trouvé un équilibre qui me convient à l'heure actuelle (qui sait ce que l'avenir me réserve ?). Je pense que sur certains points, je peux encore améliorer des choses, que ce soit dans mon alimentation ou dans ma vie de tous les jours, mais c'est un autre sujet je dirais.

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    5. +1 !
      Pour développer, je te rejoins, même si ma réflexion évolue pas mal ces temps-ci : ce qui me dérange avant tout, c'est ce capitalisme effréné, ces animaux entassés en conséquence. Pour autant, est-ce que l'élevage respectueux peut exister sans hypocrisie ? Je ne sais pas, mais je ne trouve pas ta phrase conne.

      Quant à la question de l'extrémisme, tout est relatif. Pour les omnivores, ce sont les végétariens qui le sont (pis, les végétaliens). Pour les végétariens, ce sont ces carnivores. Tant que tu vis en conformité avec tes principes, c'est l'essentiel j'imagine ^^

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    6. J'aurais bien dit qu'il y a une part d'hypocrisie qui est inévitable au vu du système. Parfois juste une acceptation. Pour avoir connu des agriculteurs (dans ma famille ou des parents d'amis), il y a clairement de tout dans l'élevage et des trucs que personnellement je trouvais moyen et d'autres qui étaient bien fait (et en France, on n'est pas trop mal loti encore il me semble).

      Il y a des combats qu'on ne peut gagner et faire évoluer et changer est quelque chose qui prend du temps, et encore plus quand il y a des billets verts en jeu. C'est particulièrement complexe tout ça, il y a tellement de paramètres.

      J'ai bien conscience que le mot "extrême" n'était pas très adapté, je dois dire. Sur le coup, je n'ai pas trouvé mieux. J'avais une vision beaucoup plus rigide (ça correspond mieux), et j'irais même à dire bien moins tolérante. Il y a des "extrêmistes" partout de toute façon et là encore c'est un sujet bien large où personne n'en sort vainqueur en général (il y a des sujets dans les sujets !).

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    7. Oui, il y a de tout. Il y a quelques mois, je disais que je mangerais de la viande si on n'avait que des "élevages respectueux". Maintenant, je ne le pense plus du tout et n'en mangerais pas même si j'étais sûre de m'approvisionner chez le petit éleveur.
      Après, oui, ça soulève énormément de problèmes, notamment celui de l'emploi, mais il faut bien commencer quelque part et faire de petits pas.

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