Le corps et ce qui l'alimente

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Ici, je parle de ma balance et de mon poids idéal. , titite parle de L’art de la frugalité et de la volupté de Dominique Loreau. Le rapport ? La place de l’alimentation dans nos vies et son impact sur le corps. Ce qui m’a inspiré ce petit billet sur ma relation avec mon corps et ce qui le nourrit.

Pour mettre rapidement les points sur les « i », je n’ai pas de problème particulier avec mon corps : troubles alimentaires ou autres. Certes, je ne serais pas contre des mollets plus fins ou une poitrine plus généreuse, mais c’est à peine un désir esthétique, c’est presque pour moins galérer avec certains jeans ou soutiens-gorges. Presque, soyons honnêtes.

Et surtout, je ne serais pas contre pouvoir revenir à mon ancien poids, 52 kg, sans trop d’efforts. Je n’en fais pas énormément plus — 5 à 6 kg — mais je n’arrive pas à repasser en dessous de 55. Comment j’ai pris ces quelques kilos ?
  • Mon arrivée dans le monde du travail (2010-2011) : les gâteaux et chocolats rapportés par les collègues, les sorties au restaurant multipliées, les petites sucreries à piocher...
  • Ma conversion en bec sucré : avant, je ne jurais que par le salé, maintenant, je jure par tout
  • Mon hypothyroïdie : alors celle-là, je l’avais pas vue venir !
Effectivement, j’avais pris près de 10 kg en 2 ans, mais je mettais ça sur le compte de la pilule, de mon régime plus sucré, de mon sédentarisme... J’en ai parlé une fois ou deux à mon médecin, qui m’a répondu que ça ne me faisait pas de mal, 10 kg. Comme j’ai toujours été relativement mince, je ne m’en étais pas souciée et ne lui donnait pas tort. J’ai essayé de faire un peu plus gaffe, mais sans succès, j’enflais encore et encore. Puis un jour, il y a 2 ans, ma gynéco m’a dit que ce n’était certainement pas normal de grossir si je diminuais mes quantités et m’a fait des ordonnances pour des analyses de sang.

En moins d’un mois, passage chez une endocrinologue et scanner de je-ne-sais-quelle-partie-de-mon-corps, et verdict : Hashimoto. Inflammation constante de la thyroïde, ce qui se traduit par un dérèglement hormonal. Le corps détruit lui-même ce dont il a besoin. Bon, ça, ce sont les grands mots. Dans les faits, je n’ai jamais paniqué : au contraire, j’étais rassurée d’avoir trouvé une seule maladie qui explique tous mes symptômes : prise de poids bien sûr, « régimes » inefficaces, frilosité importante et surtout, fatigue chronique et nombreux petits rhumes. Si les dés étaient pipés hein, forcément...

Dans la pratique, ça se traduit par un comprimé de Lévothyrox 100 µg (je prie pour que le dosage n’ait pas à augmenter) tous les matins du reste de ma vie, y a pire. Et depuis, je pète bien plus la forme, je ne suis presque jamais malade et m’en remets vite en cas de petit coup de froid, mon poids s’est stabilisé mais ne veut plus descendre. Ce n’est pas bien grave, mais le truc le plus perturbant, même après 2 ans, c’est que mon cerveau a une certaine image de moi et a enregistré des contours plus fins de mon corps. Résultat : je me cogne encore plus souvent qu’avant à des rebords de lit, contre la porte, sur des pieds de chaises... C’est comme si j’agissais avec mon corps de 52 kg et non celui de 58. Les rares fois où je me mire, je ne me reconnais pas, mes bras sont plus enrobés, j’ai eu de petites poignées d’amour à un moment (en cours de résorption, cool), mes hanches sont plus larges. Je ne suis pas fan, même si je n’ai jamais été un top model. Et encore une fois, au-delà de la simple gêne esthétique, je pense parfois « rendez-moi mon corps ! ».

Heureusement, la maladie a plusieurs bons côtés : en plus de m’avoir guérie de petits bobos (paradoxalement !), j’ai aussi redéfini mon rapport à la nourriture. Un peu malgré moi, certes. Avant, j’étais un ventre à pattes. Maintenant, je suis un ventre à pattes qui sait s’arrêter. Si si, y a une différence.
Avant, je mangeais même quand je n’avais pas faim, je mangeais par pure gourmandise, je faisais 8 (vrais) repas quand j’étais en vacances à Hong Kong, ma vie tournait autour de mon ventre. J’avais faim et le monde s’arrêtait, je refusais d’avancer tant que mon ventre n’était pas rempli. Et par « rempli », j’entends rempli à ras bords, comme s’il s’agissait d’un défi. Il y a pire péché que la gourmandise certes, mais à quoi bon se goinfrer si c’est pour ensuite ne pas garder le contenu (amis du glamour... vous connaissez la sortie) ?
Maintenant, je suis toujours une gloutonne invétérée mais comme je n’ai plus besoin de nier que côté santé, ça ne va pas fort, je n’ai plus besoin de manger jusqu’à échouer sur mon lit comme une baleine, le ventre littéralement retourné. Il m’est plus facile de résister aux tentations, de dire stop quand je sais que je vais être rassasiée, d’évaluer les quantités qu’il me faut.

Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’écart, mais qu’ils sont maîtrisés et voulus, une fois de temps en temps. Je sais repérer les moments où je vais me jeter sur un paquet de chips pour décider si, oui ou non, je craque. On est loin de la frugalité — qui n’est de toute façon mon objectif à ce jour — mais plus proche de la raison, le raisonnable même.

Conclusion : en m’ôtant de ce besoin de me remplir sans cesse de nourriture délicieuse, je me sens mieux dans mon corps. J’ai de moins en moins l’impression qu’il va me lâcher. Je sélectionne davantage mes plats en conformité avec mes principes de végétarisme. Merci, Hashimoto.

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