Les Collines d’Eucalyptus (Duong Thu Huong)

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Thanh, jeune homme sans histoire et fils modèle, est homosexuel. Tombé sous la coupe d’un mauvais garçon, il fuit sa famille et sa ville natale. Désespérément seul, il ne peut confier à personne les affres de sa relation avec son compagnon qui le manipule. Thanh finit par s’enfuir à Saigon, croyant trouver refuge dans l’anonymat de la métropole. Somptueuse variation sur le thème du retour de l’enfant prodigue, Les Collines d’eucalyptus est un roman éclairé par la compassion et l’intelligence humaine qu’un écrivain au sommet de son talent témoigne à ses personnages.

Choisi un peu au hasard dans la librairie près de chez moi, Les Collines d’Eucalyptus m’a séduite les 300 premières pages. Description d’un Vietnam de la fin des années 80 que je ne connais pas qui m’a transportée dans une ambiance assez exotique et inconnue. Mais le temps de me familiariser avec les paysages, les plats et les mœurs, j’ai fini par m’ennuyer.

Tout à coup, le style m’a paru ampoulé, chargé de métaphores, et desservi par une traduction que je trouve très inégale et souvent disgracieuse et inadaptée. La sentence est certes un peu dure — d’autant que j’ai appris après coup que le vietnamien est fait de comparaisons populaires — mais à mon sens, il y a au moins 400 pages en trop sur les 875. J’ai peiné à voir où l’auteure souhaitait aller car plein de pistes ont été ouvertes pour être laissées en suspens. Les personnages sont franchement apathiques et pas attachants. On n’évite pas certains écueils propres aux histoires d’homosexuels même si je dois avouer avoir été agréablement surprise par l’absence de drogues et de fin dramatique.

La description des sentiments humains, la veulerie en tête, m’a semblé très juste. Les phases d’intensité amoureuse m’ont beaucoup touchée. La justesse du jugement de l’auteur m’a impressionnée. Mais passées ces quelques fulgurances, je me suis contentée d’engloutir les mots et les pages, attendant la fin. En somme, ce n’est pas mauvais, mais trop long, trop noyé dans tout un tas de considérations d’importance variable, avec un rythme un peu bancal. Ah oui, je n’ai pas du tout vu le fils prodigue. Un problème de fond autant que de forme.

« Fascinant et envoûtant » comme je le lis partout, oui, mais certainement pas tout du long des 800 pages. Dommage, ça commençait merveilleusement bien. Ceci dit, il semblerait que ce ne soit pas là le chef-d’œuvre de l’auteur, donc il n’est pas impossible que je renoue avec elle un de ces quatre.

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