The Bookseller (Cynthia Swanson)

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(Non mais je mets quand même cette couverture même si c’est une autre que j’ai)

Très très séduite par la description qu’en a fait Armalite, je me suis jetée sur The Bookseller, faisant fi de ma détestation des styles littéraires plats et de son avertissement à ce sujet. « Nan mais j’aime le simple, par exemple The Perks of Being a Wallflower », ai-je même clamé.

ERREUR ! Grossière erreur, car la grande révélation n’a fait qu’empirer les choses. Du coup, il n’y a pas grand-chose pour rattraper ce fiasco, je le crains. Ah si, cette jolie couverture, qui n’est même pas celle que j’ai eue.

Bref. Dans cette vie, Kitty Miller est une libraire célibataire de 38 ans, qui mène une vie paisible et rangée, entre sa meilleure Frieda, avec qui elle a ouvert la librairie, ses parents en vacances à Honolulu et Aslan, son chat. Elle a eu un copain avec qui les choses se sont mal finies et quelques prétendants et coups d’un soir, mais semble résolue à finir sa vie seule.
Dans une autre vie, Katharyn Andersson, née Miller, vit dans un grand appartement moderne avec une domestique mexicaine, un mari aimant et des triplés.
S’endormant dans un monde pour se réveiller dans l’autre, Kitty/Katharyn perd le fil de sa vie et passe en revue son passé... Mais quel est-il réellement ?

Je cache la suite de mon avis, car même si je n’y dévoile pas le gros spoiler, il y en a des mineurs.



Armalite avait prévenu : le style du premier roman de Swanson est simple. Et en effet, je le qualifierais même de pauvre, car aucune image ne m’a frappée, aucune description ne m’a éblouie. J’ai maudit la simplicité extrême et la narration dépouillée, sans émotions ni humour. Ceci dit, au moins, on sait où on va. Mais je ne trouve pas que la révélation finale justifie quoi que ce soit à ce niveau.

L’histoire est, malgré ce à quoi on pouvait s’attendre, assez linéaire et décousue. On suit Kitty dans des bribes d’une vie puis de l’autre, et pour ma part, comme aucune d’elles ne m’a suffisamment intéressée, j’ai tourné les pages assez vite pour, à chaque chapitre, vite m’extirper du quotidien plat et étouffant de cette trentenaire des sixties. Ce qui explique que j’ai lu vite, mais pas bien.

Concernant le twist, je pensais que j’allais être épatée, époustouflée même, mais j’imagine que c’est pour ça que ma déception en est d’autant plus grande. En effet, en général, je me laisse facilement porter par un scénario sans chercher à trouver tous les indices, je suis même assez nulle pour ça et je l’assume. Or, avec The Bookseller, j’ai tout de suite pensé à un certain épisode (brillantissime) de Buffy et forcément, non seulement j’ai compris dès le début, mais en plus, la comparaison en est d’autant plus douloureuse. Cri de rage à minuit passé dans le lit.

Ceci dit, je conçois tout à fait que le fait d’avoir cherché l’explication parfaite, géniale, voire même rationnelle (ah-ah) m’a gâché le plaisir de la lecture. Malgré tout, je trouve le côté « les apparences sont trompeuses » très superficiel : le mari parfait a UN seul « défaut », son insuffisance cardiaque, la meilleure amie a foutu le camp et chez les enfants, le benjamin est autiste. Autisme traité d’une façon bien cliché d’ailleurs mais soit : années 60, tout ça.

Du coup, je me suis concentrée sur la vie de Kitty la libraire, m’efforçant de trouver dans le sous-texte une ode à l’émancipation des femmes. En un mot : meh. Je me suis donc retrouvée à saturer au fur et à mesure, tandis que la vie standard américaine se cristallisait dans toute son horreur.

Sans parler de la galerie de personnages, tous plus ennuyants les uns que les autres. Le mari parfait soupire et dit « Katharyn. » quand il sent sa femme dériver, les enfants parfaits répètent à tout bout de champ « silly Mama » et Katharyn, complètement passive, n’est pas foutue de choper un journal pour vérifier l’année à laquelle se déroulent ses rêves. Bonjour, je suis projetée dans une autre vie que je me persuade être un long rêve incroyablement précis, mais je ne panique pas plus que ça.

Certes, je prends sans doute trop les choses au pied de la lettre et je ne connais pas bien les Swinging Sixties, mais en même temps, je n’y ai pas appris des masses. Si j’étais assez happée par le récit les 100 premières pages, je me suis vite mise à tourner les pages pour découvrir LE final, tout en restant constamment sur ma faim. Et pourtant, il y a de l’idée : l’image de la famille parfaite, les apparences, la vie idéale, « et si ? », les regrets et les pardons, mais aucune n’est exploitée à fond.

Conclusion : je n’exclue pas le risque d’être passée à côté de quelque chose mais pour moi, ce roman manque de substance et de richesse.

2 commentaires:

  1. Tu l'aurais peut-être davantage apprécié si tu ne t'étais pas attendue à un twist. Je me suis fait la réflexion en écrivant mon propre billet, mais je ne voyais pas comment justifier mon enthousiasme sans évoquer le fait qu'il y en avait un...

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    1. Savoir qu’il y avait un twist, c’est ce qui m’a fait tenir, malgré l’écriture (tu avais bien raison là-dessus), sinon, j’aurais sauté 200 pages :) Mais bon, comme le twist en question ne m’a pas convenu, je ne peux pas dire que j’ai aimé.
      Pas bien grave, ça arrive !

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