Vous êtes chinoise ?

, , 8 comments
Source

Dans ma logorrhée sur le massage, je racontais au passage que je ne parlais pas toujours chinois à des Chinois parce qu’il y a souvent un changement d’attitude dans ces cas-là. Et j’ai précisé qu’il ne s’agissait pas de paranoïa, mais d’un fait réel. Mais pourquoi ?


Eh bien pour simplifier, il y a deux schémas :

1. La personne chinoise est issue de la diaspora indochinoise, comme mes parents : petit clin d’œil appuyé, comme pour dire « ah tu es des nôtres », avec un peu de malchance, ladite personne connaît mes parents, me pose 3 000 questions indiscrètes pour enfin réprouver mon mode de vie (sex & rock’n roll, comme chacun le sait). Pour faire simple, c’est relou.

2. La personne chinoise est de Chine (continentale, la « nouvelle » vague d’immigration) : c’est pire car il y a une toujours une sorte de comparaison. Elle est née en Chine, moi en France. Elle est encore dans la communauté chinoise, moi à part ma famille... Elle parle évidemment très bien chinois, moi j’ai un accent, et... diantre, je parle plutôt cantonais en fait. Dans la rue, ça ne me dérange pas (je ne vais tout de même pas ne pas indiquer le chemin ou donner l’heure, hein) (moi, indiquer le chemin ?! mouahaha). Dans une relation commerciale comme celle du massage, je suis plus réticente.

Les conséquences ? La personne se montre plus négligente, plus familière, plus méprisante même, envers moi. Je ne vais pas me lancer dans une thèse, mais on parle parfois du racisme entre les Noirs (un sujet qui m’intéresse tout autant), alors que le racisme entre les Chinois peut être virulent aussi, bien que possiblement inconscient. Et donc ce racisme, du moins cette défiance, elle se manifeste souvent quand je me mets à parler la même langue : tout à coup, mon interlocuteur n’a plus la barrière de la langue, se lâche et ne se sent plus obligé de me traiter aussi bien qu’une « Occidentale ». Pire que le cas 1, on n’est même pas entre nous puisqu’on est trop différents. Pire que ça encore ? La même situation, mais en Chine.

Et en fin de compte, j’ai appris à ne pas forcément me lancer dans des tirades en chinois et à être rarement d’humeur pour de toute façon. Je n’exclus pas d’autres hypothèses : a) j’ai un rapport bizarre avec ma langue maternelle — au sens propre du terme (ça ma vraie langue maternelle, c’est bien le français)  ; b) j’ai une sale tronche qui ne revient à personne ; c) excès de paranoïa. Il y a peut-être un peu de tout ça mais quand bien même, je n’invente pas le reste.

Voilà, je pensais avoir plus de choses à dire mais pour l’heure, j’ai fait le tour.
Peut-être que d’autres choses viendront un jour :)

8 commentaires:

  1. C'est intéressant d'avoir un point de vue "de l'intérieur". Je savais déjà que le racisme entre Asiatiques était virulent (il n'y a qu'à voir les Japonais, et Dieu sait que j'aime ce pays et cette culture...), mais "entre Chinois" j'étais moins au courant.
    Je ne pense sincèrement pas que ce soit un excès de paranoïa, d'après ce que tu décris. Quant à avoir un rapport bizarre avec une langue, comment dire... Been there, done that :)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C’est un vrai racisme, chez les Japonais ? Ou de la xénophobie / méfiance / mépris ?
      J’ai déjà vécu ça dans l’autre sens : la déception dans les yeux de mon interlocuteur lorsque je lui dis que je ne suis pas japonaise, mais chinoise, youhou.
      Heuuu j’ai honte, tu parles bien du yiddish ? Ou je débloque totalement ? (dure semaine)

      Supprimer
    2. Il y a un vrai racisme chez les Japonais, ou une xénophobie vivace - les descendants de Coréens ou de burakumin sont encore considérés aujourd'hui comme des citoyens de seconde zone. Quant à cette histoire de déception, je vois de quoi tu veux parler : le Japon, c'est tellement exotique ! *Grosse ironie inside*
      Pour ce qui est de la langue... non, je ne parle pas yiddish ;) Je faisais allusion au japonais.

      Supprimer
    3. Oh, Wikipédia me donne des infos très chouettes sur le sens et l’étymologie de burakumin, ça fait envie !
      Hum hum, je me sens bête. Évidemment que tu parlais du japonais, j’étais restée bloquée sur la question des origines. Ce doit être le sujet de la thèse que je conduis depuis toute petite !

      Supprimer
  2. Euh pour la sale tronche ... tu es très jolie !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oh heu... merci ^^;;;
      Sans vouloir continuer à me lancer des pierres, je ne suis pas très chaleureuse et sociable avec les personnes que je ne connais pas, et j’ai un visage un peu fermé de nature, c’est surtout à ça que je pensais.

      Supprimer
  3. Je ne parle chinois que quand les personnes parlent cantonais ^^; le mandarin me fait paniquer. J'ai un peu ce vécu d'indiscrétion quand je vais chez le coiffeur au 13ème mais je continue encore (enfin pas été depuis 2011...) car cheveux très longs et femme, l'addition est souvent salée... Et c'est aussi un moyen de faire marcher d'autres coiffeurs que des chaines. Les questions indiscrètes sont en effet très nombreuses (ah, et tu étudies quoi? Tu travailles? Tu gagnes combien? T'as un petit copain? Tes parents font quoi? Vous habitez où? haha) et c'est aussi le lieu de tous les commérages sur la fille de tel restau qui s'est marié et il y avait je ne sais combien d'invités. J'en ai un peu marre qu'on me prenne pour une personne qui n'a pas 30 ans aussi T-T "oooh tu fais très gamine" bah oui que voulez-vous...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui, j’ai ce dilemme du coiffeur car même si mes cheveux sont « courts », je dois y aller souvent donc je ne veux pas mettre 40 balles pour rien du tout !
      Et je confirme : j’ai eu toutes ces questions !! Bon du coup, moi qui ai toujours peur d’être une porte de prison dans un salon de coiffure, y a même plus besoin de trouver des sujets de conversation (et puis bien sûr, tout le monde écoute, haha) !

      Supprimer