The New York Four (Brian Wood & Ryan Kelly)

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La brillante et timide Riley est sur le point de faire son entrée à la prestigieuse université de New York, à Manhattan. Bien qu’elle ait toujours vécu à Brooklyn, c’est un tout nouveau départ que prend la jeune fille. Sa rencontre avec Merissa, citadine décontractée, Lona, sombre et quelque peu lunatique, et Ren, les pieds scotchés à son skate, font de cette première expérience une véritable aventure. Mais bientôt, les petits problèmes du quotidien estompent l’euphorie des premiers temps. Conflits de famille, colocation animée, difficultés scolaires et peines de cœur. L’amitié naissante du groupe survivra-t-elle à la découverte de la vie d’adulte ?


Quand on dit que dans la vie, il ne faut pas se fier aux apparences... Trop attirée par la superbe couverture d’un jaune éclatant, je n’ai lu dans le résumé que ce que je voulais y trouver : le passage à la vie adulte de quatre filles différentes.
Hélas, si c’est effectivement à ça qu’on a droit, on se tape aussi les nombreuses maladresses de l’œuvre.


Déjà, parce qu’aucune des quatre filles n’est attachante : elles font toutes ados prépubères, même s’il est vrai qu’à 18–19 ans, elles sont encore mineures dans leur pays. L’héroïne, Riley, n’est pas exactement ce que j’appellerais une timide : oser aborder des inconnues, se déhancher à un concert, draguer le copain de sa sœur, pourquoi pas, mais c’est presque insultant pour les vrais timides. En plus, on ne peut pas dire des quatre filles qu’elles soient très proches et on se demande pourquoi elles ont été réunies.
Ensuite, parce que les situations sont très clichées : Riley est toujours sur son portable, Merissa est une bombe sexuelle, Lona est une Asiatique qui stalke le prof parce qu’il la note mal et Ren a du mal avec les hommes, peut-être parce qu’elle fait garçon manqué (cerise sur le gâteau, je me rappelle d’un commentaire sur les lesbiennes qui tombe comme un cheveu dans la soupe). Dans la seconde partie de la BD, les personnages gagnent en épaisseur mais c’est déjà trop tard pour rattraper la vacuité de la première.
Ensuite (bis), parce que l’auteur a voulu faire djeunz et a inséré des espèces d’encadrés pour présenter les personnages avec des indications comme « statut » et « compétence spéciale », sauf que c’est TOUT AU LONG du bouquin, que ça pèse 3 tonnes et que ça embrouille inutilement la narration omniprésente.
Ensuite (ter), parce que ladite narration est très lourde, notamment à cause des séances chez le psy auxquelles se soumet notre bande de quatre dans le cadre de leur job étudiant. A-t-on dit à Wood que c’était un moyen terriblement éculé de faire parler des personnages qui parlent déjà trop ?
Ensuite (repetita), parce qu’aucune situation n’est vraiment crédible ou naturelle. Il y a bien des moments sympathiques mais que de lourdeurs difficilement placées avant qu’ils ne surviennent !
Enfin, parce que la traduction m’a laissée perplexe. C’est subjectif mais je ne comprends pas que l’ouvrage soit truffé d’astérisques, notamment pour expliquer qu’Amex = American Express, mais arbore un magnifique « Psychologie 101 », que je trouve très américain. Passons sur le magnifique langage SMS très daté et sur « je suis aller vérifier », le « borscht » et « que ce soit Frank qui les rendent ».


Je ne vais pas omettre les bons points : les dessins en noir et blanc sont sublimes – c’est assez rare dans le milieu des comics pour être souligné – même si les visages changent beaucoup (mais pas les seins, toujours aussi gros) et la présentation de New York par l’auteur peut être instructive. Sauf que cette ville me fait moyennement rêver (trop grand, trop étouffant) et que d’après les avis d’Américains que j’ai glanés, les interventions de l’auteur sont horripilantes (« Forty years ago you could have sat here next to Bob Dylan or Jim Morrison (google them) ») et pas forcément correctes. Je suis sûre que j’aurais été aussi énervée si l’intrigue s’était déroulée à Paris : ça aurait juste fait ramassis de clichés bobos.


Au final, malgré ses quelques qualités, The New York Four est pour moi une vraie déception et une BD que je vais vite oublier. Comme j’ai pu le lire, voilà ce qui se passe quand deux gars essaient de se mettre dans la peau de quatre jeunes filles pour une collection de « comics pour filles » (feu Minx) : la sauce ne prend pas. Laissons Wood et Kelly à DMZ et Northlanders, leurs autres œuvres.

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