2015 : le bilan

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Si 2015 a été une année de chamboulements plutôt positifs pour moi, je ne peux pas oublier qu’elle a été jalonnée de drames qui font prendre à la France une drôle d’orientation politique et sociale. Ce qui m’affecte beaucoup et m’empêche d’apprécier pleinement ce que je vis puisqu’un jour sur deux, je me dis « pays de merde » (« pays » est au pluriel).
Du coup, je préfère dresser un rapide état des lieux pour vite laisser place à 2016, un nombre que j’aime bien et me parle plus que son prédécesseur. Je ne doute pas que cette année aura son lot d’horreurs mais la promesse du renouveau et l’espoir font avancer.

Tour d’horizon

What did you do in 2015 that you'd never done before?
J’ai parlé face à une caméra, même si ça n’a duré que 30 secondes.

What countries did you visit?
La France et le Japon.

What would you like to have in 2016 that you lacked in 2015?
De l’épargne !

What date from 2015 will remain etched upon your memory, and why?
Le 9 février, mon premier jour en freelance.

What was your biggest achievement of the year?
Avoir clos l’année avec un chiffre d’affaires pas trop moche.

What was your biggest failure?
Le permis de conduire, scrogneugneu.

What was the best thing you bought?
Un journal Midori.

Where did most of your money go?
Le Japon et l’Urssaf.

What did you get really, really, really excited about?
Au risque de me répéter, le voyage au Japon.

What song will always remind you of 2015?
Vers la fin de l’année, j’ai beaucoup écouté Summertime Sadness de Lana del Rey.

What was your job this year?
Traductrice / relectrice / rédactrice, salariée en janvier, indépendante à partir de février.

What were your favorite TV programs?
Agents of S.H.I.E.L.D., qui n’est en réalité pas la série du siècle, mais m’a offert de très bons moments. Agent Carter, un dérivé d’une excellente qualité. Treme, le jazz, la Nouvelle-Orléans, Katrina.

What was the best book you read?
Among Others de Jo Walton, malgré un début laborieux.

What was your greatest musical discovery?
Suiyobi no Campanella (水曜日のカンパネラ), un mélange électro-rap-house.

What was your favourite film of this year?
Antman.


What did you want and get?
Un voyage au Japon.
 
What did you want and not get?
Un concert de Kellylee Evans, reporté puis annulé.

What did you do on your birthday, and how old were you?
J’ai fêté mes 28 ans au Parc de Bercy.

What one thing would have made your year immeasurably more satisfying?
Il suffirait de gommer les soucis familiaux qui se sont déclarés il y a quelques jours. Et aussi des cours de japonais plus dynamiques.

What kept you sane?
Sans m’en rendre compte, je me suis mise à fermer les yeux et à me recentrer (sur quoi ? je ne sais pas) tout en respirant profondément, quand ça n’allait pas. Et j’ai beaucoup écrit aussi.

Which celebrity/public figure did you fancy the most?
Je me suis familiarisée avec la figure de Chimamanda Ngozi Adichie, que je ne connaissais pas du tout et que j’ai découverte dans un débat enregistré avec Zadie Smith, que je connais et aime beaucoup. Depuis, je n’ai toujours rien lu d’elle mais ça ne saurait tarder !

Who was the best new person you met?
Beaucoup de blogueuses, et je les remercie toutes !

Where did you begin 2015?
À 7 (puis 5) à la maison, à discuter, jouer puis regarder un film d’horreur (Catacombes). Très sympa.

And 2016 ?
À 5 à la maison, à discuter, jouer et regarder des films (Pixels et un fauxcumentaire sur les vampires). On ne change plus une formule qui marche !

How did you spend your summer?
Travail travail travail.

What’s something you learned about yourself?
Que j’ai de plus en plus de patience.

What was your worst month?
Peut-être mars, le début des doutes et les disputes répétées avec monsieur (coucou monsieur !).

Favorite night out ?
C’est fatigant de n’avoir aucune mémoire... mais j’ai un excellent souvenir des soirées passées sur le balcon.

What sporting events did you attend?
À partir de l’année prochaine, je supprimerai cette question nulle et non avenue dans mon cas.

What was your best month?
D’habitude, c’est décembre, mon mois préféré. Cette année, c’est plutôt octobre (le Japon) et novembre (sur un petit nuage).

Overall, how would you rate this year?
Je pensais que 2015 serait une bonne année, enfin, je voulais y croire, mais comme je finis l’année sur un brin de frustration, j’ai du mal à être objective. Globalement, les choses se sont bien goupillées mais je ne suis pas encore assez sage pour ne pas trépigner d’impatience en attendant que d’autres se concrétisent. Donc 7/10 pour cette année charnière.

Other than home, where did you spend most of your time?
Dans une putain de voiture.
 
Something new to try in 2016?
Travailler avec monsieur souvent à la maison.                             

Did you keep your new years' resolutions, and will you make more for next year?
Je n’ai pas pris de bonnes résolutions en 2015 et pour 2016, j’aimerais perdre un peu de poids en continuant à manger sain, me reconstituer une épargne et faire plus d’expos.


Dans les détails

2015 n’a pas été inintéressante et en plus, elle a été relativement constante, mais il m’a manqué un petit quelque chose en plus pour la rendre mémorable. Et pourtant, j’ai noté plusieurs accomplissements donc j’en conclus que je suis gouvernée par l’ingratitude, gloups.

Commençons par le changement de conditions de travail :
  • Je me suis mise à mon compte et ce n’est pas rien, puisque l’indépendance est mon rêve de toujours. J’ai apporté dans ma vie quelques révolutions dont je rêvais depuis pas mal de temps, en témoigne mon post High Expectations.
  • J’ai même eu le temps de prendre en charge une stagiaire cet été, je me suis sentie tellement vieille adulte.
  • Conséquence agréable et dont je me suis rendu compte il y a peu : le syndrome de l’imposteur qui m’habitait depuis toujours semble m’avoir quitté \o/ Tout doucement, j’ai conscience d’avoir plus confiance en ce que j’avance, même si, souvent, je suis mortifiée par mon manque de culture et de références. Mais à ce rythme, en 2017, mon objectif sera de ne pas être bouffie d’arrogance :) 
  • J’ai beaucoup, beaucoup cuisiné. Avec plus ou moins de succès, mais en tout cas, mon alimentation et mon rythme de vie sont plus sains et mes sorties au restaurant plus rares et moins onéreuses.

J’ai noté cinq grandes avancées dans mes axes de réflexion, et le plus fort, c’est que certaines se sont faites sans que je travaille réellement dessus :
  • Mon rapport à l’argent s’est assoupli. Non seulement je ne passe pas ma vie à compter tout ce que je dépense en culpabilisant et à tirer des plans sur la comète, mais en plus, je suis rentrée inconsciemment dans un cercle vertueux où je ne me sens pas obligée d’acheter pour compenser quoi que ce soit. Certes, objectivement, il y a pire que moi, mais qu’il s’agisse de thés ou de livres, certains achats (pas tous !) n’étaient pas innocents. J’en déduis donc que je suis assez sereine en ce moment pour ne pas avoir à toujours avoir du neuf dans ma vie.
  • J’envisage mes relations familiales de manière plus sereine. Ma famille ne s’est pourtant toujours pas réconciliée, mais comme on dit : get over it. J’ai un peu cessé de me mettre un objectif de performances folles vis-à-vis de mes parents, sans doute parce que je me sens moins coupable de les avoir « abandonnés » pour vivre ma vie. Dernièrement, j’ai été consolée comme une gamine par mon père lorsque je lui ai dit que c’était de ma faute si la vente de l’appartement traînait. Et ça m’a fait du bien.
  • J’ai un peu renoncé à mon désir vain (dans tous les sens du terme) d’être douée pour quelque chose et je souhaite écraser ce qui me reste d’orgueil déplacé.
  • Petit à petit, je me suis débarrassée de ce que j’appelle mon « prisme asiatique », c’est-à-dire le fait de m’expliquer beaucoup (trop) d’événements et de situations avec l’opposition Occident / Orient. Sincèrement, je me fatiguais moi-même à chercher du chinois dans tous les aspects de ma vie et je n’en voyais même plus le but. En fin de compte, vu ce que la planète compte de métissage, il est bien plus sain de prendre les gens comme ils sont plutôt que d’analyser leurs origines, leurs langues et leurs cultures. Bref, j’ai arrêté d’étaler ma culture chinoise et j’espère ne plus soûler mon entourage avec.
  • À ma grande surprise, je me suis rendu compte que mon rapport avec la nourriture a changé : j’ai toujours pensé que je grignotais par gourmandise mais en fait non, ça aussi, c’était pour compenser. À partir du moment où j’en ai pris conscience, j’ai quasiment arrêté et c’est un cercle vertueux qui s’est installé : si je ne grignote pas, c’est que je ne déprime pas, et comme je ne déprime pas, je ne grignote pas.
     
 J’ai rempli quelques-uns des 50 objectifs établis à mes 26 ans :
  • Monsieur et moi sommes allés au Japon. Je ne m’étends pas davantage là-dessus mais c’est un grand rêve qu’on a réalisé.
  • J’ai aussi appris à nager la brasse et comme cette nage m’ennuie au plus haut point, je compte continuer en 2016 avec le crawl. 
  • J’ai appris à dire « non » aux autres, mais surtout à moi-même.

La preuve que je suis vraiment ingrate : 2015 m’a apporté beaucoup de bonus :
  • J’ai encore beaucoup travaillé sur mon impatience et je me sens plus équilibrée, ce qui m’a permis de prendre mon temps pour vivre et observer ou encore pour vraiment lire au lieu d’abattre des listes.
  • J’ai aussi laissé plus de place à mon imaginaire (bridé depuis longtemps, pour des raisons qui me sont encore inconnues) grâce à une conversation avec Elanor. Corollaire : j’écris plus et ça me fait du bien.
  • Je me suis beaucoup demandé où allait le monde et ma vision était évidemment assez pessimiste. Le pire dans tout ça, c’est que je participe à ce monde dégoulinant de consumérisme, de lâcheté et d’abandon, parce que je n’ai ni l’envie ni le courage d’aller élever des chèvres au fin fond de l’Ardèche avec monsieur. Cela dit, je suis sortie de cette vision noire pour arriver à un statu quo : si je n’ai absolument pas confiance en l’humanité comme un tout et suis persuadée que nous avons choisi de partir à la dérive, je crois en ces actions individuelles et humanitaires qui font un peu de bien autour d’elles et je compte bien donner un peu de ma personne pour apporter un peu de bonheur.
  • Mon rapport avec Scorpy a changé depuis le retour du Japon. C’est bête à dire mais j’étais bien plus proche d’Otak et je trouvais Scorpy très froide avec moi, si ce n’est complètement exaspérante avec ses griffures sur le canapé et ses petits couinements quand elle veut fuir nos câlins. Or, depuis que je respecte plus son envie de tranquillité (exactement ce que je recommandais à monsieur de faire quand il avait « du mal » avec Otak), elle me suit comme mon ombre et est devenue un pot de colle.

Sans oublier un deuxième grand pas en avant :
  • Monsieur a enfin quitté le travail qui le bouffait pour se lancer dans ce qui lui plaît. Pour l’instant, on sème les graines, on verra ce qu’il en est des fruits en 2016/2017.

Au final, j’ai bien conscience que j’ai avancé spirituellement et je me trouve vraiment plus adulte mais mon côté sale-gosse-qui-veut-tout regrette du coup le manque d’événements éclatants, Japon et passage en freelance mis à part. Cette dernière phrase doit paraître assez folle mais disons que j’ai noté plus d’avancées spirituelles que matérielles, plus faciles à mesurer mais moins bénéfiques sur le long terme. Il n’empêche, cette année, j’ai l’impression d’avoir parcouru un long chemin et d’avoir grandi de 5 ans, rien que ça... Je me souhaite donc une nouvelle année sur cette lancée, mais un peu moins riche en émotions et un peu plus riche en évasions.

15 commentaires:

  1. Quelle année ! En revanche, je ne vois pas en quoi ton orgueil serait mal placé. Pour être honnête, tu me donnes plutôt le sentiment de ne pas en avoir et, surtout, de ne pas l'imposer aux autres.
    Je te souhaite de continuer sur ta lancée en 2016 !

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    1. Comme depuis 2012-2013, je dirais : une année chargée :)
      Pour l’orgueil, je le cache beaucoup, mais je connais quelques personnes qui ne diraient certainement pas que je n’en ai pas :)
      Belle année à toi aussi !

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  2. Grandir de 5 ans en 1 an, c'est super ! Je pense qu'il y a des années où tout se met en place pour avancer, ce qui était ton cas, et puis d'autres où ça se passe beaucoup moins. Je te souhaite en tous cas un bel équilibre en 2016 !

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    1. C’est super ET fatigant, mais je n’ai pas le droit de me plaindre ^^
      Belle année à toi aussi :)

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  3. Pareil, j'ai jamais ressenti d'orgueil dans aucun de tes postes. Enfin en tout cas, je trouve que c'est déjà bien de reconnaître ses défauts, c'est signe de maturité et de capacité d'analyse. C'est très positif.

    J'aimerais tellement me lancer vraiment en freelance, enfin sans avoir besoin de compléter par un petit boulot mais la fille que je suis est absolument incapable de démarcher des clients et pleure à la pensée même de devoir me lancer dans de l'administratif aussi compliqué en japonais.

    Bref, j'espère que l'année 2016 te sera tout autant favorable :)

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    1. C’est gentil :)

      Qu’est-ce qui serait le pire, entre bosser avec les administrations japonaises et bosser avec les françaises depuis l’autre bout du monde ? :( Sinon, il y a peut-être des freelances français au Japon qui racontent leur vie sur Internet (ou même en vrai, tiens) ? C’est super important d’avoir des gens à consulter et embêter, surtout au début. Je te souhaite une bonne année et bon courage dans tes projets !

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    2. Honnêtement j'en sais rien. Vu que j'ai TOUJOURS pas l'acte de naissance que j'ai demandé à ma mairie au bout de 6 mois et aucune réponse de leur part je dirais que les pires sont les françaises.
      (En fait je sais très bien qu'ils ont juste pas envie de le faire. J'y ai bossé, je sais comment ça marche)
      Je pense aussi que la fiscalité est plus favorable au Japon. Enfin bref, de toute façon tant que mon statut n'est pas définitif je n'ai aucune envie de commencer quoi que ce soit donc ce sera ptetre pas pour cette année.

      Et nope, pas de freelance français dans mon entourage. Enfin aucun qui l'est entièrement et en règle avec la loi. Pas encore trouvé des freelance qui racontent leur vie sur Internet et je connais aucun Japonais en freelance non plus, des gens qui ont leur propre boîte oui mais pas des indépendants.
      Enfin bref, comme dit, ma situation est pas claire donc de toute façon je vais probablement rien lancer cette année.

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    3. Ah oui, « pas envie », carrément. Ok ^^;;
      Sinon, ça irait peut-être plus vite de demander un envoi en France puis vers le Japon ? Personnellement, j’ai toujours reçu mes extraits d’acte de naissance très vite.

      Bon, je te souhaite de trouver ta voie ^^

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    4. Oui. Pas envie. C'est beau l'administration française hein.

      J'ai fini par mettre ma mère sur le coup mais ça fait chier quoi.

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  4. Beau bilan! je vois ce que tu veux dire avec le coté spirituel vs les évènements éclatants, mais je pense que déjà beau voyage et grand pas professionnel sont déjà deux gros évenements qui en valent plusieurs. Et puis, 2016 sera peut-être l'année des évenements éclatants ? En tout cas, c'est tout ce que je te souhaite!
    (je suis contente de lire que j'ai participé à petite échelle à l'expansion de ton imaginaire ^^)

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    1. Ah mais oui carrément, tu as raison ^^
      Je me suis bien rendu compte en écrivant « à part le Japon et le départ en freelance » que je déconnais un peu ^^ Mais je pense que ce sont les soucis familiaux à Noël (pas chez moi) qui m’ont un peu plombé le moral. Quand j’ai repris mon bilan après, j’ai arrondi les angles et ai terminé sur une note positive.

      (oui, c’est quand tu m’as parlé des histoires que tu inventais : le soir même, je me rappelais que je faisais ça, petite, mais que j’ai arrêté. Depuis, j’essaie de retrouver cette sensation)

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  5. Bonne année 2016 !!! Et j'espère qu'on arrivera à s'y croiser :)

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    1. J’attendais beaucoup du 31/01 mais j’aurai peut-être un empêchement :(
      Mais il y aura d’autres occasions !

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  6. Une pointe d'orgueil ne peut pas faire de mal quane même car sinon on se fait écraser par celui des autres...
    Et même si dans tes billets ou même nos conversations par mail, je n'en ai pas non plus ressenti.
    C'est un beau bilan, de belles avancées, de belles réalisations. Tu as fait certainement plus en un an que certains en plusieurs années. Et comme événement éclatant, se lancer en free lance en est un pour moi. Rien que le fait de le faire !
    Que 2016 te soit encore plus favorable !

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    1. Ah les gens ouvertement / fièrement orgueilleux, je les fuis un peu : je n’aime ni être écrasée, ni écraser. Le problème, c’est quand les circonstances te forcent à faire un choix.
      Mon orgueil est bien caché *rire diabolique*, il ressort quand on me parle de sport ou quand je veux absolument être bonne dans quelque chose.
      Et oui, j’ai eu beaucoup en 2015, j’ai été ingrate d’en avoir douté, mais comme dit à Elanor, j’ai vraiment été minée par quelques soucis qui m’ont fait voir la vie en noir. Mais c’est bon, je suis sortie de ma posture de gamine \o/

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