Bilan de lecture – Janvier 2016

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Le mois de janvier n’a pas été de tout repos, avec les innombrables sorties à l’occasion du Festival de la BD d’Angoulême. À mes piles actuelles se sont ainsi ajoutés pas mal de nouveaux tomes de séries que je suis et des coups de cœur dont je n’avais pas prévu l’achat.
Du coup, je n’ai toujours pas fini mon roman et j’ai de nouvelles choses à découvrir. Pour ces raisons, je me laisserai le mois de février pour tout rattraper et ai décalé mes piles de lecture d’un mois.


Parmi mes objectifs de lecture de janvier :
Roman

Gagner la guerre : ce roman est le cadeau que destinait une amie à monsieur, mais comme elle n’avait pu mettre la main que sur le recueil de nouvelles du même auteur, Janua Vera, c’est celui-ci que monsieur s’est vu offrir. Bien sûr, le coup de foudre a eu lieu comme prévu et me voilà en train de dévorer les pages de ce pavé de fantasy de Jean-Philippe Jaworski, comme monsieur avant moi. J’aime particulièrement l’univers (d’inspiration vénitienne/italienne) (je sais, l’Italie n’est un pays que depuis relativement peu de temps), la plume brillante de son auteur et le héros rusé et peu digne de confiance mais sarcastiquement drôle. Pour l’instant, je ne devine qu’un complot entre la République et le Royaume, sur fond de magie, mais nul doute que celui-ci prendra de l’ampleur et me captivera en février.

BD

The Finder Library : un comics offert par la même amie que celle citée ci-dessus, il y a de cela des lustres. Pour être honnête, j’ai mis beaucoup, beaucoup de temps à accrocher, que ce soit à l’histoire aux accents amérindiens ou à la narration volontairement éclatée. En plus, le texte est écrit tout petit, comme manuscrit, avec des mots en gras et en italiques, et j’ai détesté cette façon qu’a eue l’auteur, Carla Speed McNeil, d’imposer un rythme de lecture. Ajoutons à cela des personnages antipathiques et/ou grotesques, et ça donne une BD que je n’aurais pas dû aimer, sauf que vers la fin, les historiettes se font plus lisibles, voire... attachantes ! Ce n’est pas tout à fait une surprise, j’avais été prévenue de la difficulté de la lecture. Reste à déterminer si celle-ci est volontaire (je précise que l’auteur a tout de même fait un nombre invraisemblable de notes de fin à son propre comics !) ou due à de la maladresse... Je ne sais pas du tout si je rempile pour un second volume, en tout cas, je ne suis pas pressée...

 
 
 

Les vacances de Jésus et Bouddha 4 – 7 : un manga humoristique qui, je crois, fait carton plein chez Kurokawa. Le titre de cette série la résume à merveille : c’est Jésus et Bouddha qui prennent des vacances en vivant au Japon. Jésus est plutôt hippie peace et à fond dans l’informatique, Bouddha est généralement sérieux et un tantinet radin. Que ce soit dans leur découverte du pays ou de l’un l’autre, on assiste à des scènes rocambolesques et truffées de jeux de mots. L’action file donc à 100 % mais après m’être enfilé 7 volumes, je dois dire qu’elle s’essouffle un peu. Comme je le craignais, le nombre de blagues n’est pas infini avec un tel concept donc il y a des répétitions ou alors des références très pointues aux religions... trop pour moi, qui étais parfois larguée. En plus, le traducteur a changé en cours de route et la politique éditoriale aussi : les références japonaises ont été substituées par des références françaises et internationales ! Je comprends tout à fait la démarche qui a le mérite de réduire le nombre de notes du traducteur mais je trouve dommage de perdre ce cachet japonais. Cela dit, dans les derniers volumes lus, il semblerait que la tendance se soit renversée et qu’il y ait un peu moins de Christina Aguilera ou de Rihanna.

Magazine

Kaboom 6 : lu mais je n’en ai plus le souvenir, je sais juste que grâce à Kaboom, je suis mieux armée pour déceler les références dans les BD, surtout franco-belges, et que je sais mieux resituer les œuvres dans leur contexte historique. C’est déjà pas mal ! Je ne me suis pas réabonnée à ce magazine (ni à aucun, d’ailleurs, vu tout ce que j’ai accumulé) mais je l’achèterai avec plaisir si un dossier m’intéresse, un jour.


Lectures supplémentaires
BD

Dorohedoro 18 : je suis toujours ravie de retrouver ce manga mais je dois avouer ne pas être mécontente qu’il se termine bientôt pour pouvoir se doter d’une vraie fin. Il me tarde de me replonger depuis le début dans cette histoire où on a : 1) un restaurant de gyozas qui ont l’air succulent (le gyoza est d’ailleurs l’une des mascottes de cette série) ; 2) un homme à tête de caïman qui a un homme au fond de sa gueule qui a un homme au fond de sa bouche qui... ; 3) des femmes bodybuildées et à forte poitrine ; 4) plein de champignons aux effets incertains ; 5) des mages et des sorciers et bonus, un chien masqué qui fait office de guérisseur. Voilà voilà, Dorohedoro, c’est tout ça. Et bien plus encore.



L’île Louvre : si je me jette toujours sur une nouvelle BD de Florent Chavouet, auteur de carnets-de-voyage-au-Japon-qui-sortent-du-lot, je me suis tâtée pour L’île Louvre en raison d’un... manque d’intérêt pour le sujet (jetez-moi des pierres pour ne rien faire pour soigner mon inculture). Finalement, je l’ai demandé pour Noël et j’ai bien fait : bien sûr, je me suis amusée tout au long de la lecture, je me suis régalée en cherchant à lire tous les dialogues que Chavouet a dispersés sur une double page magistrale, j’ai franchement ri en lisant les jeux de mots, et ainsi de suite. Mais encore une fois, c’est l’humanité de l’auteur qui m’a touchée, si bien que le sujet aurait pu être le Louvre comme n’importe quoi d’autre. Malgré tout, je recommande cet ouvrage, que l’on soit un aficionado des musées ou non, ne serait-ce que pour les graphismes et les perles d’humanité.



Délices, ma vie en cuisine : j’avais repéré cette BD culinaire de Lucy Kinsley il y a quelque temps déjà, puis j’avais préféré la reposer sur le rayon. Puis en allant nous procurer le troisième tome de Quatre Sœurs, j’ai fini par craquer et monsieur me l’a offert. Que dire sur cette énième BD consacrée à la Bouffe ? Qu’en feuilletant, je suis tombée droit sur la page « foie gras » qui m’a un peu remué les tripes et que je n’aime pas trop les dessins, mais que globalement, l’enthousiasme de l’auteur est communicatif. Évidemment, je n’ai pas spécialement aimé les remarques un peu acerbes visant les végétariens, mais ce n’est pas ça qui explique ma déception, c’est surtout que les dessins ne donnent PAS DU TOUT envie : par exemple, les croissants à l’abricot font peur à voir. Enfin, la traduction ne m’a pas conquise, j’ai été choquée de lire qu’on « rissole » des œufs. Bref, une BD sympathique, mais que j’aurais aimé adorer.



Quatre sœurs, tome 3 : Bettina : ah, parfois, parfois seulement, je me dis que j’aimerais moi aussi avoir quatre sœurs, alors que je suis fille unique. Mais ça, c’est seulement quand je lis les aventures de Charlie, Enid (ma petite préférée), Hortense, Geneviève et Bettina. Évidemment, c’est sur la belle rousse sentimentale que porte ce volume. Elle... et Charlie, qui vit de son côté aussi une histoire douce-amère avec son Jules. Si je suis toujours aussi enchantée par la Vill’Hervé où se situe l’action, je confesse avoir été moins entraînée par ce volume car il met à l’honneur des histoires d’amour, dont je suis généralement moins friande. Mais c’est vraiment juste pour faire mon Schtroumpf grognon que je dis ça, car cette BD est franchement magnifique, pleine de douceur, de poésie et d’humour.



L’attaque des titans 17 : je vais le dire beaucoup dans ce billet : vivement la fin ! Avec l’âge, j’ai l’impression de ne plus avoir l’endurance nécessaire pour suivre de très longues séries. C’est du moins le cas de L’attaque des titans, ce best-seller international dans lequel s’affrontent... eh bien titans et humains, sauf que cela fait belle lurette que l’on sait que les titans sont des humains. J’ai bien aimé ce volume car, enfin, la royauté est réinstaurée avec des bases plus saines, certains mystères sont levés et on sort d’histoires de complots, coups d’État et retournements de veste à répétition. Vu le succès de ce manga, j’imagine que ce n’est là que la fin d’un arc et non de la série...



Juge Bao 6 : eh bien voilà, une série qui prend fin ! Juge Bao est une collaboration entre un Français, Patrick Marty (au scénario), et un Chinois, Chongrui Nie (au dessin). Et force est de constater que le duo fait des merveilles : des enquêtes avec leur lot de révélations et de retournements comme il faut, la bonne dose d’exotisme, on voyage dans une Chine à moitié fantasmée et à moitié réelle, l’équilibre parfait. Côté dessins, difficile de ne pas être béat d’admiration devant ceux de Nie, qui utilise une technique de gravure type « papier à gratter », ce qui donne des planches du plus bel effet. Une série en 6 volumes qui se détache du lot et qui ferait un excellent cadeau :)












Underwater, le village immergé 1 : encore un joli titre de Ki-Oon, dénicheur de petits bijoux. Pourtant, l’histoire d’Underwater est somme toute classique : une jeune fille est régulièrement transportée dans un village où vivent un vieil homme et son jeune fils. Troublée par le sentiment de familiarité qui s’impose dès qu’elle se trouve dans cet autre monde, elle va interroger sa mère et sa grand-mère pour découvrir peu à peu des secrets familiaux bien enfouis. Le côté village et autre monde m’a fait penser au Voyage de Chihiro, tandis que la description de la campagne japonaise est commune à bien d’autres mangas prônant un certain retour aux sources et une douceur de vivre. La « douceur » est d’ailleurs le mot qui caractérise le mieux ce titre, malgré ses secrets douloureux et ses légendes surnaturelles...



Sweet Tooth 1 : j’avais adoré Essex County de Jeff Lemire, et le voilà qui rempile avec Sweet Tooth. Dans un monde post-apocalyptique où les nouveau-nés sont des hybrides mi-animaux, mi-hommes, aux facultés plus ou moins développées, Gus, mi-garçon, mi-renne, tente de fuir des méchants qui veulent faire des expériences sur ses semblables pour découvrir le secret de leur immunité au virus qui fait des ravages parmi la population non-hybride. En faut-il plus pour me séduire ? Non, et c’est ce qui explique pourquoi je l’ai reçu à Noël en double, de monsieur et de sa mère. Pour l’instant, on est dans des schémas connus : le gentil garçon innocent pris en charge par un gros tas de muscles bourru, fuyant d’horribles scientifiques. Mais quand on connaît la profondeur que peut atteindre Lemire avec ses récits, on sait que Sweet Tooth ne sera pas manichéen et réserve du bon. Que dire de plus ? Monsieur et moi avons en plus craqué sur Descender et Trillium, toujours du même monsieur-sans-majuscule.



Barakamon 11 : Barakamon est le manga que je montrerais sur le champ si on me disait que les mangas sont violents et remplis de sexe. Car voilà une de ces séries feel good pleines de bons sentiments et de blagues. Il faudrait avoir un cœur de pierre pour ne pas être attendri en lisant l’histoire de ce calligraphe tokyoïte parti se ressourcer et trouver son inspiration à la campagne. À défaut de muse, il tombe sur une ribambelle de gamins et de copains tous plus déjantés les uns que les autres. Pour l’instant, son talent n’est pas encore revenu à son top niveau, mais qui sait si ce n’est pas un prétexte pour rester près de ses nouveaux amis qu’il aime tant houspiller...



A Silent Voice 6 : si on me disait que les mangas sont violents et remplis de sexe, je dirais aussi que la réalité est souvent encore plus cruelle que la fiction. La preuve avec A Silent Voice, qui raconte avec beaucoup de réalisme le parcours d’une lycéenne sourde. Au menu : brimades, agressions, moqueries et beaucoup de culpabilité. Exactement ce que nos petites têtes blondes seraient capables de faire, n’est-ce pas. Pour autant, ce titre n’est pas plombant à lire, il fait surtout prendre conscience de la question du handicap et de ses conséquences, autant pour la principale concernée que pour son entourage. Une série à mettre dans tous les CDI de collèges-lycées (et je crois bien que c’est en cours).



One Punch Man 1 : monsieur m’avait parlé de ce titre par mots clés : mec super balèze, s’est entraîné inlassablement, force inexpliquée. Autant dire que, même si j’aime les mangas de combat, je n’étais pas franchement emballée. Mais ça, c’est parce qu’il avait omis le mot le plus important : chauve. Car oui, le héros de ce manga à lire au énième degré est chauve (car il s’est trop entraîné) et oui, j’adore les chauves dans la fiction (Tenshinhan dans Dragon Ball, Yasu dans Nana, Spider Jerusalem dans Transmetropolitan...). Si on sort de ces considérations esthétiques, il faut dire que One Punch Man n’a pas beaucoup plus à proposer que des combats réglés en 2 cases (après tout, le sous-titre de la série est « Un poing, c’est tout ! »), mais l’alchimie fonctionne chez moi. Je ris de bon cœur en voyant des méchants tous plus moches et stupides les uns que les autres se faire laminer par un héros non moins moche et stupide. Au passage, il ne faut pas se fier à la couverture : les dessins témoignent d’une vraie maîtrise mais le héros a véritablement une tête d’œuf. Une tête d’œuf dont je suivrai les aventures avec plaisir, par pure curiosité bien sûr.



Animal Kingdom 14 : l’une de mes plus belles surprises en matière de shônen manga (manga éditorialement destiné aux jeunes garçons) prend fin avec ce magnifique volume 14. Forcément, étant très fan de cet univers haut en couleurs, j’en voudrais bien plus, mais l’auteur a eu le bon sens de ne pas faire une série à rallonge pour donner à sa série une fin digne de ce nom. Si vous aimez les histoires de solidarité et n’êtes pas allergiques aux combats démentiels et aux animaux, je recommande chaudement ce manga, encore une fois plein de bons sentiments sans verser dans la niaiserie. Pour résumer, il se situe dans un monde où vivent 5 survivants humains et une foule d’animaux et narre la quête de l’un d’eux pour pacifier carnivores, omnivores et herbivores, avec pour armes le langage universel et des fruits magiques. Ne vous fiez pas au label « kids » : ce titre est vraiment fait pour tout le monde.



Billy Bat 17 : incroyable, le numéro 17 d’une série de Naoki Urasawa (connu notamment pour Monster et 20th Century Boys) tient tout à fait debout ! Et c’est tant mieux, il faut dire que cette histoire de prophéties guidée par une (ou serait-ce plusieurs ?) chauves-souris est très ambitieuse et que nous en sommes à présent aux événements du 11 septembre 2001. L’histoire tient impeccablement la route, le mystère bat toujours son plein. Me voilà ravie et rassurée.


Fables 25 : LA FIN ! Je pourrais être un peu méchante et crier « il était temps ! » mais je vais plutôt insister sur la qualité de cette fin, qui referme comme promis toutes les intrigues. L’histoire aura beaucoup trop traîné, me faisant lire les volumes 16 à 23 en pilotage automatique, mais cet ultime volume a su me rappeler ce qui fait la force de ce comics : vaste galerie de personnages issus de contes et fables, traits d’humour bien distillés, narration innovante... C’est un carton plein et je referme la grande histoire de Fableville avec beaucoup de soulagement.

6 commentaires:

  1. + 1 pour barakamon que j'ai vu en anime et qui est juste adorable, attachant sublime, poilant et j'en passe. J'adore la gamine et leurs joutes verbales à deux francs XD Je dois lire le manga.
    + 1 pour one punch man, bon je n'ai vu que l'anime aussi, mais comme mon homme me raconte tout le temps le manga, pas besoin de le lire. Et attention : le héros n'est pas gogol, moin de là, c'est juste qu'il est blasé et finalement a d'autres préoccupations que les gars trop nuls en face de lui. Bah oui, il éclate le mec en un coup et part faire les courses. Mais je dois dire que l'on se prend à adorer ce chauve surpuissant qui n'a pas de pot et qui n'est pas reconnu en fin de compte XD
    Et en bref, il y a plein de petites séries bien sympa que j'aimerais découvrir. Je dois juste trouver le temps et les fonds car mon allocation de congé parental se termine ce mois-ci... Enfin, on trouvera bien ;p

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    1. Oh oui oui, lis le manga, tranches de rire assurées (car très belle traduction de Fédoua Lamodière) (oui je suis la folle qui retient le nom des traducteurs).
      Oui, c’est vrai que je me suis mal exprimée : Saitama n’est pas débile, mais il a juste un sourire benêt (et inquiétant, quand on y pense).
      Ca dure combien de mois ou d’années, l’allocation de congé parental ? Je comprends qu’il y ait d’autres priorités, mais si tu as l’occasion, n’hésite pas ^^

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  2. Je me tâtais pour Underwater, je pense que je vais me laisser tenter!

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    1. Je pense que tu vas aimer, sans forcément avoir un coup de cœur !
      (on va faire comme si tu n’étais pas censée surveiller ton comportement en librairie, hein ^^) (je peux aussi te le prêter, ce manga, d’ailleurs)

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  3. En fait, j'annule mon commentaire laissé sur ton billet concours, je veux pas que tu fasses de récap de tes lectures, j'ai trop envie d'aller acheter des livres et de commencer des nouvelles séries ! Merci pas ! ;)

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    1. Ah mais j’en ai toujours fait, hein :)
      Par contre, je ne développais pas forcément autant, surtout les mangas : que dire de neuf si j’en suis au tome 19 si ce n’est que j’aime, forcément ?! Et j’ai aussi fait l’effort d’ajouter les couvertures. Ca prend plus de temps mais visuellement, vous aviez toutes raison : c’est bien plus sympa.
      Et comme je disais à Armalite : je peux aussi PRÊTER, miracle ! :)

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