Restaurant Koetsu (Paris I)

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Il y a peu, mon père a (encore) appris le décès d’un de ses ex-collègues, emporté par un cancer. Conséquence logique et directe : il veut profiter plus de sa retraite, il veut manger dans un bon restaurant japonais et bien sûr, il veut aller dans le restaurant recommandé par un autre ex-collègue, toujours vivant et bon vivant. Et c’est donc cette « anecdote » funèbre qui nous a fait atterrir à Koetsu, vendredi dernier.
Encore une fois, je vous embarque dans un restaurant parisien, pardon pour les autres, mais vous allez voir que vous ne manquez pas l’affaire du siècle !



Pour commencer, quand on était en train d’étudier les menus du soir, il y avait deux hommes campés juste à côté, et juste quand je me disais que je leur trouvais un air vulgaire, l’un d’eux a... dégazé de manière fort sonore. Je m’excuse si cela vous choque mais... justement, nous aussi, on a été choqués par l’absence totale de gêne de la part de cet individu (chinois, à notre grande consternation) ! Après avoir laissé le vent emporter ce qu’il avait à emporter, nous sommes retournés voir si le Koetsu proposait autre chose que du shabu shabu et du sukiyaki, sortes de fondue japonaise aux tranches de viande, et la réponse était oui. Et nous sommes entrés.
Pourtant, nous avions suffisamment de « signes » nous criant que nous ferions mieux d’aller au Kilala, juste une rue à côté.

Bref, rien n’a réussi à nous repousser et nous voilà accueillis par – j’imagine – le patron, auquel j’ai trouvé un air vaguement taïwanais. Celui-ci nous a proposé fort aimablement mais d’emblée le premier étage, une pratique peu élégante selon mon père, qui a longtemps été serveur avant d’être taxi.

Soit, nous nous sommes installés au premier, après avoir apprécié la décoration assez éclectique mais plutôt sobre. Alors que nous revalidions entre nous trois « menus spécial », nous avons entendu la serveuse s’exprimer dans un... mandarin parfait. Grosse frayeur, grosse déception ! Et ma mère de renchérir, disant que les caractères qui forment le nom « Koetsu », 口悦, lui semblaient chinois et pas japonais. Je ne sais pas comment elle peut affirmer cela sans parler japonais, mais si quelqu’un a une idée ou un avis, je suis preneuse ! Précision de formalité : nous n’avons bien évidemment rien contre les restaurants japonais tenus par des Chinois, mais souvent, nous leur trouvons des saveurs un peu trop chinoises, une présentation un peu trop chinoise, bref, nous préférons dans ce cas aller manger chinois, pour faire simple. Comme tout le monde, nous voulons de la cuisine authentique. Et nous avions un ami d’origine chinoise qui préparait une merveilleuse cuisine japonaise car il avait été formé par un maître japonais spécialisé dans les sushis. Et les meilleurs tempuras, c’était lui aussi, mais je m’égare.

Comme ma proposition de filer à l’anglaise pour rejoindre le Kilala n’a pas été suivie par mes parents, je nous ai commandé trois « menus spécial », de 37 € chacun. Au programme de ce menu relativement copieux : deux amuse-bouches, des algues, une soupe miso, des sashimis, des tempuras, du saumon grillé, du riz, des légumes marinés, un dessert et le thé à volonté. Je crois que le déroulement du menu aurait déjà dû nous mettre la puce à l’oreille, m’enfin.

Les plats sont arrivés très vite et la serveuse est d’une grande réactivité, un brin brutale pour un restaurant de ce standing, mais nous ne lui en avons pas tenu rigueur.
Défilé des plats que j’ai pensé à prendre en photo :




Les amuse-bouches : du concombre vinaigré et des espèces de vermicelles transparentes. Pas mauvais, mais pas trop japonais, me semble-t-il, que ce soit les ingrédients, la sauce ou le dressage. Mais pas mauvais, donc pourquoi pas. Par contre, les algues, je n’ai pas aimé : elles semblaient mélangées à une sorte de pâte de haricots fermentés que j’aime bien dans la cuisine chinoise, mais là, ça rend les algues beaucoup trop salées. Quant à la soupe miso, elle ne m’a pas laissé un souvenir impérissable, ni même une photo.





Les sashimi m’ont semblé d’une bonne qualité (et d’une quantité un peu chiche, mais il faut dire qu’on avait tous très faim, puisqu’on a dîné à peu près à l’heure où mon père se met au lit habituellement). Les tranches étaient plutôt épaisses, mais sinon, le poisson était frais sans être congelé, avec un bon goût. Pas les meilleurs sashimis que j’ai dégustés mais certainement pas les pires.





Les tempuras ! Quel dommage que ma photo ne rende pas honneur au meilleur plat du menu, car il était franchement pas mal. Deux tranches de patate douce, une d’aubergine, quelques-unes de courgette, un très gros brocoli et deux crevettes, bien fondantes à l’intérieur. Contrairement à ce que la photo pourrait laisser croire, la panure était plutôt aérée, ce n’est pas cette espèce de manteau que l’on voit souvent enrober les crevettes et les légumes. Le seul petit reproche que j’aurais à émettre concerne l’huile, que l’on sent un peu trop et qui n’a sans doute pas été assez égouttée. Et peut-être le brocoli un peu disgracieux, mais c’est pour chipoter car le Koetsu se donne quand même une certaine image. Bien sûr, tout cela ne vaut pas les tempuras de l’ami de la famille.




Un bout de mon saumon grillé et de mes choux marinés, avant que le tout disparaisse ! La cuisson du saumon était aussi bien maîtrisée, la peau était croustillante et la chair fondante. Encore un plat qui nous a laissé une bonne impression.




Et enfin, le dessert : une tranche de melon jaune, une glace dont le goût ne nous a pas été indiqué (haricots rouges et fraises ? ça semblait fait maison, en tout cas) et une cigarette russe.

En fin de compte, je le répète, ce menu n’est pas du tout mauvais. Simplement, pour ce prix-là, nous attendions un service un peu moins brutal (car non, faire glisser les plats sur la table ou mettre les doigts dans nos bols de dessert, ce n’est pas réglementaire), des plats un peu plus travaillés et raffinés, une présentation un peu moins grossière, voire même un peu plus d’originalité !
Rien de tout cela au Koetsu, ce qui nous a un peu déçus. Du coup, même si ce n’est pas mauvais, nous ne comptons pas réitérer l’expérience car bien d’autres restaurants proposent des mets meilleurs et/ou moins onéreux.


Si vous avez un avis différent, n’hésitez pas à m’en faire part : j’ai lu pas mal de critiques élogieuses sur Internet mais toutes assez datées, donc je me pose des questions !

Mais surtout, c’est quoi, la différence entre un shabu shabu et un sukiyaki ?!

2 commentaires:

  1. tu m'aurais demander je t'aurai dis de ne pas y aller :-)
    Le Yin
    www.lechameaubleu.com

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  2. Ouf, suis rassurée !
    Tu as déjà écrit sur ce resto ? Je vais aller fouiller ^^

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