[TV] Sherlock saison 3

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Le vélo d’appartement m’ennuie. La série Sherlock m’ennuie depuis que j’ai vu : un Chinatown truffé de clichés, une lesbienne qui se convertit à l’hétérosexualité au contact de Sherlock et un Moriarty omniprésent. Solution concoctée par une partie particulièrement vicieuse et masochiste de mon cerveau : faire du vélo d’appart’ en regardant Sherlock ! L’idée, c’est donc de faire du sport sans trop m’ennuyer, donc en trompant mon esprit sans trop en lui en demander, tout en poursuivant des séries télé auxquelles je n’ai pas envie de consacrer toute mon attention. C’est ainsi que le concept de la « série vélo » est né et que j’en ai fait 8 séances entre janvier et février. En attendant de commencer de la même façon Orange is the New Black, chronique de la saison 3 de Sherlock.

[Quelques spoilers, je recommande de ne pas lire si vous comptez regarder cette série]


Force est de constater que j’ai vraiment bien choisi ma série vélo, car je n’aurais pas tenu longtemps, ni la série, ni le vélo, sinon. En cause : une certaine répétitivité dans l’intrigue, mais surtout, l’absence de « vraies » enquêtes, ou d’enquêtes résolues.

Le premier épisode s’attarde sur le retour de Sherlock, forcément. À grand renfort d’hypothèses et de suppositions, dont aucune n’est vraiment confirmée. Soit, pourquoi pas, je ne suis pas du genre à vouloir voir tout mystère trouver une solution. En plus, Watson en moustache qui sort de ses gonds toutes les 20 minutes, c’est plutôt rigolo. Et puis j’aime bien Mary, la fiancée de John. Je ne suis toujours pas très suspendue aux basques de Holmes, mais je ne le déteste pas non plus, fort heureusement.

Le deuxième épisode se concentre sur le mariage de John et Mary. Et c’est l’occasion pour Sherlock de déballer toutes les enquêtes qu’il a démêlées en compagnie de Watson pour prouver à quel point Mary fait le bon choix. Pourquoi pas, sur le plan narratif, c’est une bonne idée, mais en vrai, c’est absolument barbant. Déjà, tous ces invités au mariage qui écoutent religieusement et jouent le jeu à chaque fois ne sont pas du tout crédibles. Ensuite, comme je l’avais déjà lu, les créateurs de la série semblent avoir du mal à assumer la relation entre Holmes et Watson : bromance ou plus ? Clairement, les saisons précédentes penchaient vers le « plus ». Pas la saison 3, où on montre clairement que tout le monde est hétéro et où « gay » semble être une insulte. Ce point m’a beaucoup dérangée, malgré toute la sympathie que m’inspire le personnage de Mary : intelligente, vive, avec un côté simple et dur. Enfin, l’enquête qui se résout en filigrane est d’une simplicité affligeante. Bon.

Le troisième épisode m’a pas mal ennuyée aussi, avec l’apparition d’un magnat de la presse qui détient des informations sur tout le monde et... s’en sert à son avantage. Si ce méchant charismatique n’est pas trop raté, l’intrigue, elle, n’est pas palpitante. Mary, intelligente, vive, simple et dure ? Une ancienne espionne au passé trouble, bien sûr ! Bah oui, une femme qui parvient à retenir un numéro de chambre d’hôtel, c’est louche, il lui a fallu un entraînement spécial pour ça. Bon, ok, elle sait aussi faire de la chirurgie avec son flingue et percer une pièce de monnaie avec une balle. Mais quand même, heureusement que Sherlock est là. À ce stade, je suis un peu fatiguée par l’absence de vraie mission. Ce qui me fait tenir : l’humour franchement toujours au niveau, les audaces visuelles, les acteurs excellents... Par contre, Moriarty fait son énième retour, dommage pour moi.

L’épisode spécial, The Abominable Bride, transporte nos héros à la fin du XIXe siècle (tiens, tiens !), avec plus ou moins de réussite. La reconstitution historique m’a paru honnête, mais les personnages de Lestrade et de Molly m’ont peu convaincue. Je ne sais pas quoi penser de Mycroft obèse et de la Mariée Abominable, à part qu’on en ferait d’excellents gifs. J’ai malgré tout apprécié les clins d’œil aux épisodes précédents, à travers les situations et les répliques. L’histoire d’un horrible fantôme se vengeant d’hommes m’a semblé bien appropriée au siècle... jusqu’à la révélation finale. Un véritable condensé de « not all men », c’est-à-dire que c’est injuuuuste que les femmes n’aient pas le droit de vote mais heureusement qu’il y a des hommes qui ne sont « pas comme ça », à savoir Sherlock, ardent défenseur de la Femme devant un parterre de femmes muettes. Youpi. Re-youpi quand on apprend que tout ça n’est qu’un rêve bâti par un Sherlock en overdose pour résoudre l’énigme du retour de Moriarty. Mais bien sûr.

Voilà, je ne peux pas tirer de bilan très positif car cette saison m’a semblé partir dans tous les sens sans jamais prendre parti. Il y a une claire volonté de féminiser la série, mais pour moi, c’est raté. Elle est où, la sœur de Watson d’ailleurs ? Ratée aussi, la tentative de mettre des morceaux de féminisme. Pourtant, Moffat semblait être l’homme de la situation. Bref, je ne suis pas la seule à pédaler.
Pour finir sur une note positive quand même, je suis ravie de voir Watson prendre enfin plus d’importance, et pareil pour Molly, dans une moindre mesure. J’ai bien aimé aussi voir la famille Holmes, soi-disant normale, et voir Sherlock s’interroger sur son rapport avec le monde. J’imagine que la prochaine saison creusera plus la question avec ce fameux Barberousse qui est venu faire coucou au fil des épisodes.
Mais définitivement, Sherlock n’est pas la série du siècle : je n’en retiendrai que le tout premier épisode.

En fin de compte, est-ce que je continuerai de regarder Sherlock ? Bien sûr, il me faut ma série vélo, après tout ! Et puis Mary semble rester, alléluia.


Et vous, Sherlock, c’est...
... toujours aussi bien ?
... mouais, on verra ?
... Arthur Conan Doyle doit se retourner dans sa tombe ?
... Elementary, avec Lucy Watson Liu ?

7 commentaires:

  1. Je n'ai pas encore vu l'épisode spécial (je ne télécharge pas et n'ai pas d'abonnement sur les sites de streaming, un vrai dinosaure), aussi ai-je sauté la dernière partie. En revanche, je te rejoins sur la saison 3, qui m'a pas mal ennuyée et laissé un goût d'inachevé.
    Il y a toujours des choses réjouissantes dans cette série mais d'autres (en particulier la place des femmes...) qui le sont beaucoup moins.

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    1. Arf, on n’est pas les seules, donc.
      Avec tes connaissances en Histoire, tu risques de criser en voyant l’épisode spécial. Je n’y ai vu que du feu pour ma part...

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  2. Juste pour ton point sur Moffat et le féminisme, il est beaucoup beaucoup de controverses sur sa misogynie, http://www.madmoizelle.com/steven-moffat-sexisme-230364#gs.u=S=rlU

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    1. Oh mon Dieu, ce portrait au vitriol. Je le savais controversé (notamment grâce à un article du mook Soap sur cette bromance non assumée) mais pas à ce point. En plus, j’ai prévu de faire Dr. Who - un jour...

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  3. Je n'ai vu que la première série de Sherlock. Pas mal. Je traîne un peu pour regarder la suite puisque je suis déjà Elementary, qui, après un moment de flottement, est redevenue intéressante. Les grimaces de Jonny Lee Miller ne me fatiguent pas encore.

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    1. La première série ? C’est laquelle ?
      Quant à Elementary, j’avoue ne pas être trop intéressée, mais pourquoi pas, un jour (ou pour faire du vélo d’appart en même temps).

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  4. Je voulais dire la première SAISON de Sherlock. Sorry!

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