Bilan de lecture – Février 2016

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Février était le mois des rattrapages mais heureusement que ma vie n’en dépend pas, parce que je n’ai pas réussi à finir mes deux lectures prévues. En revanche, j’ai un peu papillonné et ai lu plein de BD !



Parmi mes objectifs de lecture de février :
Roman
Gagner la guerre : toujours lui ! Je l’aime, je l’adore, je l’ai tout le temps à la main... mais je n’en ai lu qu’une six-centaines de pages sur les mille qu’il comporte. Je suis happée par l’histoire, la narration, tout, mais je suis une lectrice trop lente qui n’arrive pas à se concentrer très longtemps. À suivre en mars !


Essai
Zéro déchet : un ouvrage que j’aurais pu finir mais cela n’aurait pas été très utile puisque je n’en aurais rien retenu. À la place, je préfère garder ce livre à portée de main pour essayer d’appliquer une recommandation ou deux quand je le peux. Car si je ne gâche pas beaucoup de nourriture, je me retrouve quand même avec pas mal de cochonneries, emballages et autres trucs en quelques jours...


Lectures supplémentaires

Steel Ball Run 19 : nos héros continuent de galoper et moi de patauger, car ce volume n’est ni le plus palpitant ni le plus lisible de tous. C’est étonnant comme les combats me semblent parfois super bien représentés et parfois totalement incompréhensibles. Ça a été le cas cette fois – même si je saisis globalement ce qui se passe – et c’est ce qui explique une sorte de lassitude à la lecture. J’imagine que ce n’est que le creux de la vague !


Trees 1 : un comics surprenant tant ses messages sont nombreux ! Sur une base écolo (plus que bienvenue), on s’aventure sur le terrain de la science et des défis LGBT ! Alors que je craignais la grosse salade bien fade, j’ai été ravie de voir que je me fourrais le doigt dans l’œil puisque la narration est suffisamment intelligente pour nous laisser entrevoir différents destins sans nous embrouiller, sans trop en faire, sans nous mener en bateau. Après tout, c’est Warren Ellis au scénario. Il me tarde de lire la suite de l’histoire de ce monde où des extra-terrestres en forme d’arbres ont colonisé la Terre sans même chercher à communiquer avec les humains...
[Pour plus de détails, je vous recommande de lire l’avis de Morgan sur AfterMangaverse]


Descender 1 : en plein trip science-fiction, j’ai fait l’acquisition de plusieurs titres se déroulant dans l’espace. Alléchée par les planches si poétiques de Dustin Nguyen, je pensais que j’allais accrocher à fond à cette histoire de Jeff Lemire mettant en scène des robots destructeurs face à un petit cyborg bien attachant qui détient sûrement la clé de ce conflit terrifiant. Au final, je ne sais pas quoi penser de cette œuvre qui, bien que prometteuse, n’évite pas certains clichés et dialogues convenus. Quant aux dessins que je trouvais si beaux, ils créent un étrange contraste avec la dureté de la guerre. À suivre.


Trillium : décidément, que de Jeff Lemire en ce moment, avec Sweet Tooth le mois dernier, Descender et Trillium ce mois-ci ! Mais contrairement aux autres, Trillium est un one-shot. Il s’agit d’une belle histoire d’amour spatiale, au fond relativement anecdotique, mais sublimée par les merveilleux graphismes de Lemire lui-même (des couleurs magnifiques et un trait nerveux très caractéristique) ainsi que sa narration originale. Il faut lire ce livre avec suffisamment d’espace autour de soi, pour pouvoir le retourner dans tous les sens et faire se recouper l’histoire de nos deux héros. Une chouette expérience de lecture !


Chiisakobe 2 : oh oh, le volume 2 si peu de temps après le 1 ! On entre dans le vif du sujet et on en apprend plus sur les relations entre les personnages et le passé de notre héros taciturne et barbu. À part une réflexion sur l’attitude à tenir face à un ado gonflé d’hormones, j’adore ce manga, à la fois moderne et suspendu dans le temps, qui s’attarde sur les petits détails du quotidien.


Erased 6 : LE thriller à se procurer d’urgence :) En tout cas, il fonctionne bien sur moi alors que je ne suis pas amatrice du genre. Dans ce volume 6, on découvre sans surprise l’identité du meurtrier, par contre, la suite m’a vraiment prise de court et j’ai trouvé ce rebondissement hyper bien trouvé. La fin du volume m’a évidemment moins laissée sur ma faim cette fois mais tout de même, j’ai à la fois hâte d’avoir le fin mot et envie de laisser les mystères courir...


Les cahiers d’Esther 1 : un achat imprévu, mais la gamine dessinée par Riad Sattouf était trop mignonne avec son petit haut rouge à fleurs. D’ailleurs, elle le sait, qu’elle est mignonne, notre Esther. Comme pour ses autres œuvres, Sattouf montre la jeunesse sans l’embellir ni la dénigrer. Comme je commence à me sentir un peu vieille, j’ai trouvé ces jeunes très crus et parfois choquants dans leurs préjugés, certainement comme mes aînés ont dû trouver ma génération violente. Que ce soit les dialogues, les rapports entre les copines et les copains, le milieu scolaire, tout m’a fait peur et fascinée, car Sattouf retranscrit avec une précision de fou les gros mots, les tics de langage, les paroles de « chanson » des adultes et des enfants. Une lecture très dense en seulement quelques dizaines de planches.

    
 

Paul au parc et Paul dans le nord : mais, mais, mais ! Des années que la série des Paul de Michel Rabagliati m’intéressait, parfois vaguement, parfois vivement, mais je n’ai osé franchir le pas que lorsqu’Armalite m’en a dit tout le bien qu’elle en pensait et que je pensais devoir remonter le moral de monsieur. Paul au parc m’a bien foutu une claque comme le libraire l’a dit et Paul dans le nord a aussi beaucoup de charme. Le personnage de Paul/Michel est super attachant, en enfant sage comme en ado rebelle. Je suis épatée par les dessins d’apparence simple qui transmettent toute la palette d’émotions et j’entends l’« accent » québécois tout au long de ma lecture tant les dialogues sonnent vrai et juste. Un énorme coup de cœur... et un énorme désespoir aussi quand j’ai vu que la plupart des volumes de cette série sont en rupture de stock et vendus à des prix prohibitifs. Je n’ai réussi à mettre la main que sur Paul à la pêche depuis et j’envisage de visionner le film Paul à Québec.


 

The Ancient Magus Bride 3 et 4 : j’ai continué mollement cette série, qui ne manque pas de charme par moment, mais plutôt de consistance. Selon moi, on en est encore au stade de la découverte et des historiettes, ce qui commence à être léger au bout de trois volumes. Je suis donc très mitigée : d’un côté, je commence à plus apprécier les personnages, de l’autre, je crains que l’histoire reste superficielle et me frustre. Je ne sais même pas encore si je vais me procurer le volume 5 et pense laisser monsieur décider pour nous deux.


The Wake : un autre comics en un seul volume, que monsieur a reçu de sa môman à Noël. Et quel dommage, qu’il n’y ait qu’un seul volume ! L’histoire, qui veut faire le lien entre une espèce de baleine et l’humanité, est ambitieuse et bien narrée, mais elle semble terriblement compressée pour tenir en un (gros) volume. Du coup, on a une première partie bien développée, mais une seconde atrophiée, totalement disproportionnée et frustrante. Le gros flash-forward auquel on a droit laisse un goût d’inachevé, c’est dommage. Malgré tout, j’ai trouvé l’histoire originale et digne d’intérêt.


Un privé à la cambrousse 1 : « si tu veux découvrir la campagne française, lis ça ! », m’a annoncé monsieur. Il ne m’en fallait pas plus. Et il avait raison : j’ai adoré lire ces enquêtes dans la France rurale (profonde) : infidélités, magouilles, dettes, alcoolisme, tout y est. Sans jugement, s’il vous plaît. Au contraire, l’auteur, Bruno Heitz, est d’une sobriété exemplaire quand il chronique l’actualité de cette cambrousse un peu morne où il n’y a parfois rien d’autre à faire que d’épier son prochain. J’accuse d’ailleurs une préférence pour les histoires plus modestes, celles qui n’emmènent pas notre détective à Paris ni ne mettent en scène des meurtres en série. Mais globalement, j’ai adoré cette BD d’une grande finesse parcourue d’un peu d’humour.


Entre ici et ailleurs : avec l’auteur de BD Vanyda, je ne sais jamais trop sur quel pied danser. J’avais beaucoup aimé L’immeuble d’en face, j’avais bien aimé L’année du dragon, mais j’avais été bien déçue par Un petit goût de noisette. Alors forcément, quand Paulette m’a proposé de me prêter le dernier, Entre ici et ailleurs, je ne me suis pas gênée. Bilan : une chouette histoire qui mêle amour, racisme/xénophobie, capoeira et spiritualisme. Le tout fonctionne plutôt bien, même si je n’ai pas réussi à m’impliquer dans les sentiments de l’héroïne. Peut-être est-elle trop indéfinie au début pour que je m’attache à elle, peut-être que je ne me suis pas reconnue dans ses interrogations sur sa double culture. Mais quand même, c’est une belle histoire que nous avons là.


 Les jours sucrés : cette nouvelle BD du duo Loïc Clément (scénario) / Anne Montel (dessins) se sera fait attendre, puisque je n’ai pu la lire que bien des jours après sa date de sortie. Et malheureusement, après lecture, je n’ai pas pu m’empêcher d’éprouver une pointe de déception. Certes, les dessins de Montel sont toujours aussi waouh, certes, les dialogues sont très naturels, certes, cette histoire située en Bretagne fait un peu rêver, certes, il y a la juste dose de poésie, certes, les tribulations des chats sont hilarantes. Mais pour ma part, je n’ai pas réussi à accrocher à cette héroïne constamment en colère, à ces secrets de famille et au déroulement un peu trop facile et convenu. J’aime rêver mais là, c’était trop beau pour être vrai et je n’ai réussi qu’à en apprécier des bribes. Cependant, je suis certaine que c’est une question de sensibilité (ou d’absence de sensibilité, dans mon cas ?) et que beaucoup trouveraient leur compte. Objectivement, je ne peux pas ne pas recommander ce livre, qui a énormément de qualité. Il m’a juste moins parlé que je ne le supputais.


Juliette : de Camille Jourdy, je ne connais que Rosalie Blum, grâce à la bibliothèque. Cette lecture m’avait beaucoup plu mais pas mal déprimée. Juliette m’a énormément plu ET énormément déprimée. En gros, je me faisais du mal en suivant ces personnages angoissés et dysfonctionnels, du père cynique à la sœur cocufiant son mari, mais je n’ai pas réussi à les quitter avant de parvenir à la dernière page. De petits malheurs aux gros mensonges, tout m’a semblé cruellement juste et c’est ce qui est difficile. Pour autant, les superbes planches de Jourdy et la poésie qu’elle instille dans son œuvre m’ont beaucoup charmée et enrichie. Mon autre coup au de cœur du mois.

4 commentaires:

  1. "Descender" me tente énormément. J'apprécie réellement le travail de Jeff Lemire, original, atypique. Chaque album développe des personnages touchants que l'on parvient à investir assez facilement.
    Concernant Riad Sattouf... je crois qu'il faudrait que je tente un nouvel essai mais pour l'heure, j'y vais à reculons ^^

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    1. Rebonjour =)
      Personnellement, je recommanderais plutôt Trillium mais c’est vraiment une question de préférence. De toute façon, c’est vrai qu’avec Lemire, on sort toujours enrichi de sa lecture.
      Pour Riad Sattouf, je ne suis pas une inconditionnelle et franchement, la lecture a été éprouvante (la honte, mise K.O. par des élèves de primaire) mais je le trouve vraiment doué. Ça ne suffit pas à faire aimer une œuvre, mais ça y contribue ^^

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    2. Me concernant, le must dans la bibliographie de Jeff Lemire est "Essex County"... mais depuis peu, on a accès à "Sweet tooth" (enfin traduit en français)... seul le premier tome de la trilogie est disponible mais il semble on ne peut plus prometteur :D

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  2. Pareil, vive Essex County ! J’ai parlé de Sweet Tooth ici (https://shermanex.blogspot.fr/2016/02/bilan-de-lecture-janvier-2016.html), j’ai hâte d’avoir la suite, oui :)

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