Du balai, février !

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Puisque c’est la semaine des bilans, j’en profite pour donner mes impressions à chaud sur ce mois de février.
Bah c’était pas la joie.
Vous permettez que je chouine un coup ?

Déjà, après un faux départ en janvier, février n’a pas non plus été le mois du renouveau. Pourtant, habituellement, j’accorde une grande importance au changement d’année, je m’auto-persuade – avec plus ou moins de bonheur – que les compteurs sont remis à zéro et que je peux commencer sur une page vierge. Jusque-là, j’ai toujours eu l’impression que le vent et le froid d’hiver apportaient une sorte de purification et j’étais donc toujours pleine de projets en début d’année. Pas cette année.

En parlant de vent et de froid, cet hiver, ils m’ont fait plus de mal que de bien. Avec l’obscurité déprimante, j’avais encore plus l’impression de m’engluer dans ma banlieue-dortoir sans pouvoir en sortir. Résultat des courses : je n’étais satisfaite ni chez moi ni de devoir sortir, même pour des réjouissances. Heureusement, une fois sur Paris, j’étais mieux et ne regrettais pas d’être sortie, mais le temps a contribué à ma morosité alors que l’hiver est ma saison préférée.

En plus de ça, le fait que monsieur a beaucoup été à la maison ne m’a pas aidée, à mon avis. Bien sûr, son avis serait tout autre :D Mais après un an d’indépendance et de solitude recherchées, j’ai eu du mal à gérer l’omniprésence de monsieur, quand bien même il est mon monsieur, en plus d’être chez lui. Mon cerveau simpliste assimile habituellement sa présence au soir et au week-end, mais comme il était quasi toujours présent, c’est comme si j’enchaînais les jours et les nuits sans coupure, comme une longue journée sans fin. C’est pas très sympa pour lui, mais je crois que j’ai besoin d’une vraie indépendance et de pouvoir travailler seule en laissant mes pensées vagabonder, pour ne pas me sentir étouffée et oppressée.

Justement, côté travail, après quelques journées d’un calme effrayant, je me suis forcée à faire de la prospection commerciale. Ça a trop bien marché ET mes clients habituels sont en plus revenus tous en même temps, ce qui m’a donné un travail monstre. Bien sûr, je ne m’en plains pas et je me suis organisée, mais cette situation m’a confirmé une supposition que j’avais dans la tête depuis quelques mois : je ne me plais pas à traduire du marketing et de la communication. Comme j’ai pu le dire, le monde actuel, la France en particulier, me déprime par son actualité, par l’indifférence et le mépris que semblent afficher les populations et par le capitalisme qui se fait très pesant ces temps-ci. Or, en traduisant mes communiqués de presse et mes brochures publicitaires, j’ai conscience de ne faire rien d’autre que d’y contribuer, à ce « sale » capitalisme – à mon échelle de traductrice.

Petit problème : je semble n’être bonne qu’à ça. J’aimerais me spécialiser en écologie/modes de vie alternatifs mais cela ne se fait pas en un jour et si mes clients sont des ONG, je peux aussi bien commencer à vivre d’amour et d’eau fraîche. J’aimerais BEAUCOUP avoir un pied, aussi petit soit-il, dans l’édition mais mes lacunes me sautent à la figure, en plus du fait que les portes auxquelles je toque ne s’ouvrent que rarement. J’aimerais changer de conditions de travail mais je me suis quand même habituée à mes horaires. Bref, beaucoup d’excuses pour ne pas sortir de mon cocon protecteur mais aliénant... J’ai prévu de me pencher sérieusement sur cette question mais laissez-moi encore faire mon Caliméro quelque temps encore. Ou plutôt, mon indépendante qui essaie de passer le cap de la 2e année après une 1re année quasi-idyllique.

D’ailleurs, j’imagine que je me tue à la tâche autant pour noyer mes « malheurs » que pour avoir de quoi voyager convenablement cette année. Sauf que, pour l’heure, je vais devoir tout prévoir seule puisque monsieur n’a aucune visibilité sur son planning de l’année. Un voyage seule, ok, deux, pourquoi pas. Quatre ou cinq, ça commence à ne plus avoir de sens. Et c’est comme ça pour beaucoup de projets : je pourrais en lancer plein, ils se retrouveraient tous en stand-by à un moment ou un autre, et ces instants suspendus m’angoissent.

Pour ne rien arranger, j’ai l’impression que la même morosité s’est emparée de la plupart de mes copines et amis, ce qui fait aussi que je m’inquiète pour eux comme pour moi. Y a un truc bizarre dans l’air ! Alors que je suis normalement toujours en train de chercher des solutions à tout, me convainquant de ne pas me laisser abattre, ces deux derniers mois, j’ai plutôt cherché à me réfugier dans mes livres chéris plutôt que de me confronter à la réalité.

Peut-être faut-il que je me laisse le temps de digérer mes désillusions (sur plusieurs plans), que monsieur reprenne le chemin de l’école pour me laisser souffler un peu, que le soleil soit un peu plus souvent à ma fenêtre et surtout, que je me bouge le derrière...


J’espère que votre mois de février a été plus agréable que le mien !
Sinon, il ne nous restera plus qu’à créer le cercle des détestateurs de février...

11 commentaires:

  1. C'est pas pour rien que l'hiver est la saison que j'aime le moins! Théoriquement, un champ des possibles s'ouvre, en pratique c'est plus souvent une mer d'incertitudes. C'est ça qui me frustre moi, l'idée qu'il y a pleins de possibilités mais qu'elles sont en fait liées les unes aux autres si bien que l'on ne sait pas vraiment qui va l'emporter.
    Pour les traductions, pourquoi ne pas essayer de caser des traductions " plaisir" même peu (ou pas) rémunératrices de temps à autre? Bien que dans d'autres circonstances, je comprends tout à fait le fait d'avoir besoin de ses moments seule. Peut-être essayer de travailler en dehors de chez toi quelques fois ( espaces de coworking, café calme ...). ?
    Quant aux voyages... Les faisant quasiment toujours seules depuis des années... Week-end entre copines à défaut de week-end avec monsieur ?
    Aller, le printemps arrive, les fleurs, le vert dans les arbres et, croisons les doigts, le soleil!

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    1. Tu décris exactement ce que je ressens :) et j’ai eu la chance de ne jamais avoir trop vécu ça avant, sûrement parce que mes projets étaient assez indépendants les uns des autres et n’étaient pas tributaires de quelque chose en particulier pour avancer.

      Je t’ai répondu en partie pour les traductions « plaisir » et j’ajoute que je ne pense pas qu’elles suffiraient à me requinquer pour supporter les traductions « torture ».

      Il m’arrivait beaucoup plus de travailler à l’extérieur (à tout hasard, un salon de thé sympa et équipé du Wi-fi - mais pas le coworking car trop loin de chez moi et pas rentable pour le moment) mais avec monsieur à la maison, je reconnais que je n’en ai pas forcément l’envie non plus.

      Enfin, pour les voyages, j’en ai réservé un entretemps :)
      Et non, je n’ai pas DES copines avec qui faire des week-ends et l’idée me mettrait mal à l’aise. Par contre, un voyage avec UNE copine/amie ou entre amis, c’est prévu !

      J’aime bien l’hiver (sec, froid et ensoleillé de préférence) en fait :p le printemps, ça apporte des allergies. Promis, après, j’arrête !

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  2. Je me rends compte que chez moi, février est difficile chaque année. C'est le mois où je suis le plus fatiguée et où je dois me remettre en question. Cette année, les soucis avec mon père n'ont rien arrangé.
    Mais le printemps est bientôt là !

    Comme Elanor, je te dirais de faire de temps en temps des traductions qui te plaisent plus au milieu du "nécessaire", sachant que ce nécessaire t'amène le plus de revenus qui te permettront de voyager/acheter/etc.

    Avec ton compagnon, tu n'as pas encore trouvé un nouvel équilibre, ça viendra.

    Courage ! tout le monde passe par des moments moins positifs, mais ils permettent d'évoluer et de changer.

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    1. Merci encore pour tes suggestions :)
      Et courage à toi aussi, avec ton père. Tu vis un peu ce que je redoute depuis quelques petites années, malgré notre différence d’âge.

      Pour compléter aussi ce que nous nous sommes dit, il faut effectivement que je change des choses pour allier des traductions qui me plaisent et des traductions plus alimentaires. En fait, je m’achemine vers des projets un peu plus exigeants (et souvent mieux payés), mais je n’ai pas trop changé mon rythme, et ça doit m’épuiser. Réflexion en cours :)

      Avec monsieur, il faudra de nouveau trouver un équilibre quand il sera en formation/alternance/travail partiel voire de nuit, haha. Mais bon, c’est la promesse d’un grand changement dans nos vies, il faut que je délaisse mon côté ourse mal léchée.

      Et non, je ne suis pas abattue, j’avais juste envie de chouiner héhé. En général, je rumine quelques jours, une semaine, quelques semaines tout au plus et après, je me reprends en main.

      Merci encore !

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  3. Je pense qu'il faut un peu de temps pour "apprivoiser", s’habituer à tout changement. J'ai moi aussi l'impression d'être engluée, de ne pas avancer alors que tout est là pour faire plus de choses, avancer... Mais pour moi l'hiver n'est pas du tout ma saison préférée. Même si ce principe de page blanche me plait bien aussi, je n'ai pas réussi jusqu'à présent à en faire une belle page bien remplie...;) Vous devez prendre vos marques à votre nouvelle situation. L'idée d'Elanor des espaces Coworking peut-être une bonne alternative.
    Allez on positive ;) Mais pas de soucis, je ne te priverai pas de chouiner et faire ton Calimero :)

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    1. Merci merci =)

      C’est fou, personne n’aime donc l’hiver, le froid, la neige ? (bon ok l’hiver belge n’est pas franchement gentil).
      D’habitude, j’accueille avec joie le changement, mais j’arrive peut-être au bout de mes forces - du moins, pour l’heure.

      Pour le coworking, l’idée me séduit mais comme dit à Elanor, je vis en banlieue (ni proche ni éloignée, mais je suis dépendante des transports parisiens x_X) et les espaces de coworking sont bien évidemment à Paris intra-muros. Donc si je compte le temps de transport, le temps à m’énerver dans les transports en heure de pointe et les frais de location, je ne me sens pas gagnante. Je préfère largement les salons de thé une fois toutes les deux semaines mais il faut que ma journée ne soit pas chargée comme pas possible, au cas où il y aurait des soucis, type connexion Internet qui ne marche pas, plus de place dans le salon, etc.

      Oui, chef, je positive, mais c’est plus facile de le faire après avoir chouiné (et obtenu du soutien ^^) !

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  4. Bon ben, moi je te dis meilleur mois de mars que les mois précédents !
    La fin de l'hiver est souvent difficile pour beaucoup de monde, avec coup de mou.

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    1. Merci merci ! Et meilleur mois d’avril que de mars, et ainsi de suite ^^
      Normalement, j’aime l’hiver, mais c’est la 2e année que c’est un peu difficile, là.

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  5. Le mois de Février n'est pas facile à ce que je vois ... Il est vrai qu'il est toujours difficile de se projeter dans les vacances, je n'ai également pas de visibilité sur ce que je vais faire.

    C'est clair et net que l'ambiance n'est pas terrible ces temps-ci moi aussi pour mes amis. Cela dit, on avait un petit plan de se faire un voyage en groupe ensemble, j'espère que cela se concrétisera.

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  6. Bon, y a eu pire, mais j’avais envie de chouiner :)
    Pour les vacances, c’est vraiment le manque de visibilité qui frustre, oui.
    Mais je n’oublie pas notre voyage en groupe, je relancerai ça quand on en saura plus sur nos vacances :)

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  7. Ca marche, après on peut toujours relativiser sur pleins de choses. Je pars très peu en vacances, et même cette année ça va être difficile en raison d'un achat immobilier (si ça se fait).

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