L’abécédaire des livres

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Il y a une semaine ou deux, je me suis mis en tête de combiner quelques-unes de mes plus grandes passions : les livres, les listes et les lettres. Je me suis donc mis en tête de me lancer dans... un abécédaire des livres-qui-ont-bouleversé-ma-vie ! Exit les grands classiques, les lectures scolaires et les BD (ce serait trop facile, sinon). Et puis au bout d’une bonne demi-heure de réflexion, j’ai commencé à galérer, je suis allée consulter des listes de romans-qui-bouleversent-la-vie, en français et en anglais, j’ai fait des choix cornéliens quand il y avait plusieurs prétendants à une même lettre. Finalement, je suis arrivée à la liste suivante, très loin d’être parfaite car d’une part, elle mélange des titres en VO et des titres traduits (je triche un peu mais il est vrai que mes livres fétiches, je les ai généralement lus en anglais et en français) et d’autre part, cinq lettres manquent encore à l’appel.
Tant pis, je reviendrai mettre à jour cet abécédaire quand la mémoire me reviendra ou quand je lirai un nouveau chef-d’œuvre. En attendant...

A
Assassin royal (L’) : en lice avec L’attrape-cœurs et Un ange est passé, des valeurs pourtant ultra-sûres ! Mais L’assassin royal, ça a été ma lecture quasi-exclusive pendant un an, j’ai lu cette saga en français (excellente traduction d’Arnaud Mousnier-Lompré, il faut dire) puis tout de suite après en anglais, j’ai enchaîné avec Les aventuriers de la mer, et ainsi de suite. Je suis donc assez amoureuse de Robin Hobb. En plus, elle a repris cette série récemment, avec Le fou et l’assassin, il me tarde de retrouver FitzChevalerie...

B
Bonjour tristesse : en lice avec Les bébés de la consigne automatique de Murakami. Mais contrairement à ce dernier, Bonjour tristesse est intemporel. Toujours aussi simple et fort. J’aime la concision de Françoise Sagan, j’admire le fait qu’elle a écrit ce roman si jeune, j’adore le petit goût d’inachevé et d’amertume qui reste quand je referme le livre.

C
Cœur est un chasseur solitaire (Le) : en lice avec Confessions d’un masque de Mishima. Le chef-d’œuvre de Carson McCullers est l’un des livres qui m’aient le plus marquée, alors même que je ne me rappelle que peu d’éléments de l’intrigue (si on peut appeler cela comme ça). Je me rappelle surtout l’ambiance, le « brouillard », l’exactitude des sentiments décrits. Il faudrait que je m’y replonge en anglais, tiens, je n’étais que lycéenne lorsque je l’ai découvert en français.

D
Dressez haut la poutre maîtresse, charpentiers : parce qu’il fallait quand même un livre de Salinger dans cette sélection, j’ai dû me résoudre à évacuer De la beauté de Zadie Smith (à classer en « B » plutôt qu’en « D », d’ailleurs, maintenant que j’y repense). Bref, je n’ai jamais réussi à mettre la main sur ce recueil de deux nouvelles de l’auteur de L’attrape-cœurs ailleurs qu’en bibliothèque. La première nouvelle s’intéresse à Buddy, de la famille Glass, et se lit d’une traite dans une belle mélancolie. La seconde, Seymour : Une introduction, parle du suicide de Seymour Glass, toujours à travers les yeux de Buddy. Dire que tout ça a été écrit dans les années 50... L’écriture et les thèmes abordés me semblent réellement hors du temps.

E
Empreinte de toutes choses (L’) : le dernier roman d’Elizabeth Gilbert m’a vraiment émerveillée malgré ses quelques imperfections. Et en plus, ce doit être l’un des rares nouveaux livres que j’ai lus ces dernières années. Ma (longue) critique se trouve ici.

F
Fleurs pour Algernon (Des) : acheté un peu au pif lorsque je vivais en Angleterre, juste avant de partir à Venise avec monsieur, ce roman me hante depuis que je l’ai lu. Sa forme épistolaire, révolutionnaire pour l’époque, son attaque du monde des scientifiques et sa vision de la société m’ont durablement marquée. Si bien que j’en ai (longuement) parlé ici.

G
Goût de l’immortalité (L’) : de la SF post-apocalyptique bien noire. Pendant ma lecture, j’étais à la fois révoltée, effrayée et avide de connaître la suite – pas joyeuse. Et pourtant, je trouve que Catherine Dufour dépeint un tableau réaliste du monde vers lequel on se dirige. Ce qui fait que je mets ce roman dans mon top 10, facilement. Et que j’en parle ici.

H
Hypérion : encore un monument de la SF ! L’un de mes tout premiers cycles en plus, j’ai été complètement happée et par l’histoire et par les personnages qui, pour une fois, sont savamment décrits. Je n’ai que des bribes de l’intrigue, mais je compte bien lire sa suite, Endymion, « un jour ».

I
Interview With The Vampire : grosse, grosse triche car j’ai lu ce roman en français, à la bibliothèque, lorsque j’étais pré-ado. Je n’en ai que peu de souvenirs si ce n’est que j’avais été impressionnée par le sujet et que le style me plaisait bien. Par la suite, j’ai découvert Poppy Z. Brite et Buffy contre les Vampires, donc je considère le best-seller d’Anne Rice comme fondateur pour moi.

J-K

L
Lolita : je ne sais pas quoi dire sans insulter Nabokov, mais j’aime ce roman d’une façon quasi-malsaine. Je l’ai lu en français, en anglais, puis j’ai lu des sites et même un mémoire qui lui étaient consacrés. Aujourd’hui, je ne sais pas trop comment se situe cette histoire de pédophilie dans l’esprit des lecteurs, mais tant au niveau de la forme que du fond, je la trouve horriblement belle.

M
Morwenna : il m’a fallu 100 pages pour accrocher au récit de Jo Walton, mais une fois que c’était fait, impossible de lâcher le livre. J’ai surtout aimé la façon dont l’auteure décrit l’amour des livres (en l’occurrence de SF et fantasy) à l’âge adolescent, la plongée dans de nouveaux univers, les groupes de geeks (terme pas très heureux, je le concède) et la perte de l’innocence enfantine.

N
1984 : une petite pirouette linguistique pour caser Nineteen Eighty-Four dans le case « N ». Je l’ai lu en seconde, en dehors de l’école, après avoir entendu des camarades de classe en parler. Et il m’a donné mal à la tête : à l’époque et à mon âge, ce qui y était décrit me semblait plausible, mais un peu exagéré. Aujourd’hui et à bientôt 30 ans, je comprends douloureusement le génie de George Orwell. Bon, en réalité, je n’ai pas attendu toutes ces années pour constater que le Ministère du travail pourrait aussi bien s’appeler le Ministère du chômage, mais 1984 sonne cruellement, particulièrement vrai actuellement.

O
Orlando : de Virginia Woolf, je n’ai jamais réussi à finir Mrs Dalloway (même si j’ai espoir, un jour, de m’y remettre), en revanche, j’ai été soufflée à la lecture d’Orlando. Les thématiques du (trans)genre, de la sexualité et de la condition féminine sont tous là, mêlés dans une histoire envoûtante et parfaits par une réflexion profonde.

P
Perks of Being a Wallflower (The) : lu dans la foulée du film, j’ai retrouvé avec plaisir le thème du passage à l’âge adulte avec des personnages bien attachants. Je me répète, j’aurais adoré lire ce roman à l’adolescence.

Q
Quatre filles du docteur March (Les) : dans une autre vie, j’adorais les histoires de petites filles modèles et de familles unies et heureuses. Cette vie est révolue mais Les quatre filles du docteur March sont un peu restées avec moi et m’ont montré qu’on pouvait être différents tout en étant des « gens bien ». *guimauve*

R
Rosemary’s Baby : tiens, je n’ai pas parlé d’Ira Levin dans mes livres du hasard ! Et pourtant, c’est quand même à lui que je dois mon pseudo. Bref, Le bébé de Rosemary ne se présente plus, j’en ai – pour ma part – aimé la description de ce vieux New York, la vie de cette jeune femme qui sombre dans la paranoïa et les relents sectaires qu’on aperçoit à la fin du livre. Encore une fois, une lecture envoûtante.

S
Somme des rêves (La) : une très, très belle découverte pour laquelle je dois remercier monsieur et l’émission Rêves et cris, qui était diffusée sur la chaîne NoLife. C’est dans cette dernière qu’a été interviewée l’auteure, Nathalie Dau, grande fan de Robin Hobb et écrivaine de l’imaginaire. Il ne m’en a pas fallu plus pour me jeter dans cette saga qui porte bien son nom. Ce que j’en retiens surtout, ce sont certains sujets durs comme l’abandon et la vengeance mais aussi la jolie plume de Dau. La trame est relativement classique mais il y a beaucoup d’originalité et d’étrangetés...

T
The Opposite of Fate : encore de la triche, j’aurais dû classer cette autobiographie en « O » mais je ne pouvais décemment pas jarter Orlando ! Bref, pour le coup, ce roman d’Amy Tan, j’en parle déjà un peu ici, mais il m’a montré que oui, il existe des auteurs connus d’origine chinoise qui parlent de leur « chinoiseté ». Forcément...

U
Ubik : parce que Philip K. Dick, parce que c’est une lecture hallucinante, parce que les livres qui brossent autant de sujets (la mort, les rêves, la technologie, la religion) en si peu de pages sont rares. Ou rarement aussi virtuoses.

V
Vie (Une) : ah, quand même, une lecture scolaire que j’ai beaucoup aimée. Certes, à l’époque, j’en ai surtout retenu à l’époque que la vie à la campagne, ça a l’air chiant comme tout (Madame Bovary n’était pas mal dans le genre, ceci dit), mais en filigrane, l’histoire d’une vie gâchée, de choix et d’idéaux m’avait pas mal brusquée.

W
World War Z : « Z » comme... zombi, bien sûr ! Je ne pense pas avoir lu beaucoup de romans sur ce sujet (pourtant, la production est foisonnante) mais celui-ci, je me le rappellerai longtemps. Parce qu’il se présente sous la forme de récits post-guerre, parce qu’il prend en compte toute la population, des chercheurs aux militaires, de M. Tout-le-monde aux hommes politiques, parce qu’il plonge dans une ambiance au goût de chair grillée au point de m’avoir fait sursauter n’importe quand.

X-Y-Z



Voilà, fin de cet exercice qui m’a bien amusée !
Si vous lisez plus et/ou plus vite que moi,
j’imagine que vous vous ferez moins de nœuds au cerveau :)

4 commentaires:

  1. Chouette idée, chapeau pour avoir fait ces choix et te souvenirs de tout ça. Je ne sais pas si j'aurais la patience ! La plupart de tes livres me sont inconnus, ça me donne pleins d'idées de lectures pour plus tard.

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    1. Non j’ai une mémoire pourrie :( C’est peut-être pour ça que je suis aussi fan des listes.
      En tout cas, ça te fait une liste pour ton carnet Listography =))

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  2. J'adore! Tu sais que je suis aussi une grande fan de liste ^^ Faudrait que je m'y colle un de ces 4. Mais j'anticipe la difficulté que ça va être: je vois lorsque je fais ma liste cinéma où il faut choisir un seul titre pour chaque catégories et à chaque fois je me dis "mais je suis certaine qu'il y a autre chose de plus marquant que j'oublie" :) Du coup, j'y passe des heures!

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  3. Haha, oui oui on est toutes un peu fans de listes, oui. J’y ai passé au moins 2 heures, sur cette liste ^^

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