[Série TV] Orange Is The New Black – Saison 1

, , No Comments
Source

Quand j’ai fini Sherlock, j’ai cherché une nouvelle série-vélo à me mettre sous la dent. En fouillant dans mon disque dur, je suis retombée sur Orange Is The New Black (OITNB, pas trop prononçable mais moins long), que m’avait « filé » une ex-collègue fan de la série. Puis je me suis rappelé le visionnage pénible des 5 premières minutes du premier épisode : les personnages avaient l’air cliché, les dialogues avaient l’air cliché, le lieu même avait l’air cliché. Mais j’ai redonné une seconde chance à cette série-événement (aussi parce qu’il fallait que je continue le vélo d’appartement). Et j’ai trop bien fait !
Les personnages, cliché ? N’importe quoi ! À commencer par l’héroïne, qui ne cesse de me surprendre, passant de la fille bien sous tous les rapports à la fille égoïste et capricieuse qui s’assume. Waouh. Les autres détenues sont tout aussi attachantes, d’Alex l’ex-copine (incarnée par la super Laura Prepon de That ’70 s Show) à Red, la cuisinière d’origine russe qui veille sur ses « filles ». Sans oublier Daya et ses problèmes de hum... grossesse ou encore Nicky la cynique ex-junkie. Quant à Pennsatucky l’illuminée religieuse et Suzanne Crazy Eyes dont le surnom en dit long, je ne les qualifierais pas d’« attachantes » mais d’intéressantes. Car oui, même si je les ai caractérisés en quelques mots, ces personnages ont de l’épaisseur, une histoire, des idées et des choses à dire. J’ai eu tort de croire qu’elles allaient chacune incarner quelque chose : chaque épisode est l’occasion de les montrer sous un autre jour. Comme dans une famille, elles s’entraident, se font des coups bas, se pardonnent ou pas... Et l’ensemble fonctionne bien !

Les dialogues, cliché ? N’importe quoi ! Je m’étais sûrement fait cette opinion car je ne savais pas à quoi m’en tenir, avec OITNB. Comédie ? Le sujet semblait trop sérieux pour ça. Drame ? Pas le genre de la maison, de tomber dans le pathos. Documentaire ? Encore moins. En avançant dans les épisodes, je me suis rendu compte que c’était tout ça à la fois. Ça ne se prend pas trop au sérieux, sans occulter les malheurs des uns et des autres, tout en montrant de manière crue la réalité pénitentiaire. Encore une fois, ça marche du tonnerre.

Le lieu, cliché ? Pas plus que Prison Break ou Oz (oui oui, le grand écart en matière de réalisme). La prison elle-même est un lieu de fantasmes et de clichés, et je trouve que OITNB s’en sort à merveille. Les matons ne sont pas tous des salauds (et même le maton salaud a droit à son moment pathético-émouvant), les cadres ne sont certes pas montrés sous leur meilleur jour mais l’environnement éminemment politique explique bien comment et pourquoi ils sont comme ça. Sans les excuser ni les justifier, pas plus que la série n’excuse les délits et crimes commis par nos protagonistes.

En fin de compte, le côté « c’est comme ça et c’est tout » de la série lui permet de faire passer tous les messages de tolérance qu’elle veut, là où d’autres se seraient cassé les dents en niaiserie, et de traiter d’un grand nombre de sujets : homosexualité, transsexualité, féminisme, patriarcat, relations familiales, système politique (corrompu), prison aliénante des deux côtés des barreaux, j’en passe et des pires. Certains trouveraient tout cela un peu bien pensant, j’imagine, mais pour ma part, j’y trouve mon compte.
C’est une très belle série, impertinente, qui joue un peu sur tous les tableaux et repose sur un côté brut et une narration cohérente.

Je n’ai jamais été aussi pressée d’enfourcher mon vélo :)

Et vous, Orange Is The New Black, vous connaissez ?
Vous aimez, vous n’êtes pas convaincu(e) ?

0 commentaire(s):

Enregistrer un commentaire