Bilan de lecture – Juin 2016

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© Issekinicho
Ce mois-ci, j’ai été vilaine car, en voyant ma pile à lires se réduire, je m’en suis donné à cœur joie dans les librairies. Résultat : une pile qui s’est auto-reproduite comme des chatons et une table de chevet qui déborde de partout. En plus de cela, je n’ai pas lu très rapidement alors que j’ai consacré plus de temps à la lecture. Espérons que ma petite semaine de lecture juillettiste me permettra de résorber cette traîtresse.


Underwater 2
 
Cette jolie série aquatique se clôt déjà et nous laisse une fin que l’on devine depuis le début. Heureusement, le suspens ne fait pas partie des sensations que ce manga souhaite susciter en nous. Au contraire, on est là dans la contemplation et la célébration de la nature, parfois teintées de politique locale. Une belle touche de poésie que nous proposent les Éditions Ki-Oon, pas forcément mémorable, mais très douce et agréable.


Barakamon 12


La couverture résume la série : un village, des habitants soudés, du pinard et de la rigolade. Même moi qui suis assez citadine et ne bois pas (trop) d’alcool, j’ai envie de me mêler au groupe. Bref, Barakamon, pour ceux qui en doutent encore, c’est une série feel good sans être superficielle. L’auteure réussit en effet à aborder des sujets plus graves comme le syndrome de la page blanche, l’héritage et l’hérédité, la parentalité – sans jamais être moralisatrice ou lourde. En prime : une belle découverte d’une certaine campagne japonaise, loin d’être toute lisse et aseptisée comme peuvent l’être certaines mégalopoles.


Feuilleton

Si, je l’ai déjà fini ! Et si, j’ai déjà acheté le suivant, consacré à la France, ce pays qu’on aime et déteste. Bref, dans le numéro consacré à la cuisine au sens large, intitulé « Cuisine et dépendance », on a un reportage sur les abattoirs plein de philosophie et de réflexion (oui, c’est possible), une résurrection de grandes recettes françaises à la Bocuse, une nouvelle sur l’aubergine sicilienne, les frites du McDo décortiquées et bien d’autres textes passionnants encore. J’en retiens deux qui n’ont pas de rapport avec la cuisine (du moins, il ne me saute pas aux yeux) : la seconde partie du célèbre reportage de Gloria Steinem « dans la peau d’une Bunny » de Playboy et un émouvant récit de Svetlana Alexievitch, Prix Nobel de la littérature en 2015 que je n’avais jamais lue jusqu’à présent et qui « parle encore » de la guerre, sous l’angle des femmes et parce que c’est nécessaire.


Steel Ball Run 21


Je vais essayer de ne pas me répéter mais… je suis perdue, à l’aide ! Depuis 5 bons volumes, je gobe cette série sans comprendre réellement les combats. Je saisis bien quelques subtilités mais le sens général m’échappe. En plus, ce volume nous laisse sur un cliffhanger horrible et alors qu’il reste – de mémoire – 3 volumes avant la fin. Je suis à la fois curieuse de connaître la fin et dépitée par ma difficulté à saisir cette narration très ralentie, cette esthétisation à l’extrême des actions et cette intellectualisation à outrance. Si vous ne pensez pas qu’il soit possible de lancer des sphères métalliques en respectant le nombre d’or, lisez cet arc de Jojo’s et vous verrez que tout est possible.


What Did You Eat Yesterday? 7

Bon, soyons honnêtes, ce petit couple gay a l’air d’avoir une vie chiantissime, mais comme le sujet de ce manga, c’est la cuisine, et que le côté yaoï n’est là que le reflet du péché mignon de l’auteure, on s’en fiche un peu. Mais tout de même, ce n’est pas déplaisant de voir ce couple évoluer et s’accorder plus de moments privés après toutes ces années. Côté cuisine, les plats donnent toujours autant l’eau à la bouche et de ce volume, j’ai tiré une sympathique recette de sorbet au thé Earl Grey.


Chiisakobe 3

Un titre toujours aussi atypique, que ce soit dans l’histoire qu’il raconte (une entreprise de construction en faillite, un homme qui se cherche) ou dans la manière dont elle est racontée. Beaucoup de non-dits, de planches sans bulles, d’implicite se cachent dans les pages de ce manga qui est l’adaptation d’un roman plus vieux.


Area 51 1–2

Un titre qui m’attirait graphiquement mais dont je ne savais pas quoi penser. Grâce à une amie, j’ai récupéré les deux premiers volumes au prix d’occasion et j’ai pu me lancer dans l’aventure. Verdict : c’est très sympa, l’histoire est pour l’instant linéaire et se résume à une chasse aux monstres dans la fameuse Area 51, c’est graphiquement très audacieux et intéressant (gros aplats de noir, clairs-obscurs…), le bestiaire est hyper chouette. L’héroïne est *attention, mot horripilant* badass et c’est très bien comme ça. Ne reste plus qu’à voir si l’intrigue réussira à tenir sur le temps sans être répétitive.


Beauté fatale


Comme quoi, quand on veut, on peut ;) Essai sitôt acheté, sitôt fini. Comme le sous-titre le laisse entendre, Mona Chollet s’attache ici à déconstruire des principes que la société a imposés aux femmes : Sois belle et tais-toi, Il faut souffrir pour être belle… À travers une analyse des médias et des réseaux sociaux, elle explique clairement et simplement comment on en est arrivés à cette société où des mannequins meurent d’anorexie et où les femmes croient prendre le pouvoir avec la mode et les cosmétiques. Je regrette peut-être juste le fait que les sources soient relativement répétitives et un sarcasme parfois un peu superflu mais c’est vraiment subjectif. Que ces petits défauts à mes yeux ne vous empêchent pas de vous jeter sur ce livre car le propos nous éclaire énormément sur « le marketing » et « la société ».


Et vous, c’est quoi
vos lectures du mois ?

4 commentaires:

  1. Je ne connais pas Barakamon mais tu me donnes envie d'y jeter un coup d'oeil.
    What did you eat yesterday, j'ai abandonné vers ce tome-là me semble-t-il, parce que ça ne se renouvelait pas du tout.
    Chiisakobé, je n'accroche pas du tout à l'histoire mais je continue pourtant à le lire pour son côté "wesandersonnesque". Heureusement tout de même qu'il n'y a que 4 tomes.

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    1. Je recommande toujours chaudement Barakamon. Je me demande si tu ne risquerais pas de t’en lasser au bout de quelques volumes, ceci dit. La série cartonne et semble partie pour durer, en plus.
      What Did You Eat Yesterday semble un peu répétitif, effectivement. Je m’en suis même lassée avant puisque je n’ai acheté les 5 derniers volumes que récemment, mais j’en lis un de temps en temps, ça passe bien. C’est pour me consoler de ne rien avoir d’autre que Le pavillon des hommes de cette auteure.
      Je ne connais pas Wes Anderson mais je te crois volontiers :D

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  2. ...Tu n'as vu aucune film de Wes Anderson? A l'occasion, essaye "Moonrise Kingdom". Ou "Fantastic Mr Fox", juste pour te faire une idée.

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    1. Ah si, Fantastic Mr. Fox, que j’ai adoré, d’ailleurs. Je ne saurais faire le lien avec Chiisakobe par contre, d’autant que les deux sont des adaptations.
      Moonrise Kingdom m’intriguait puis je l’ai laissé passer au cinéma. Je note, je note ^^

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