Pragmatisme, pragmatisme

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À l’origine de ce billet dans les cartons depuis un certain temps, il y a cet article du Monde intitulé « Et si on lâchait la bride à nos enfants ? » et mes bribes de réflexion sur mon absence quasi-totale de pragmatisme. Longtemps, je me suis demandé pourquoi je manque tant de bon sens et la lecture de cet article m’a pas mal ouvert les yeux. Il y a certainement une très grosse part d’inné mais l’éducation a en réalité aussi beaucoup joué. Alors voilà, je me retrouve encore à parler de mes parents et de mon enfance, mais que voulez-vous, ce blog agit encore mieux qu’une thérapie familiale pour moi :)

L’article de Guillemette Faure commence par un bref portait de Lenore Skenazy, « America’s Worst Mum ». Celle-ci a en effet eu l’audace de fonder le mouvement Free Range Kids, qui encourage les parents à laisser leurs enfants s’amuser à l’extérieur comme eux-mêmes le faisaient à leur époque. Si je n’ai pas vérifié la véracité des informations de l’article, celles-ci ont su me séduire. Car justement, pourquoi sommes-nous encore et toujours plus paranos quand il s’agit de nos enfants ? Bien sûr, le monde est de plus en plus fou, les cas de pédophilie se multiplient (dans les médias – je ne doute pas que ça ait toujours existé sans être révélé) et le viol est toujours brandi parmi les pires choses qui puissent arriver à une fille/femme.

Je ne nie bien évidemment pas ces dangers et ne sais pas quoi penser des arguments de Skenazy, qui me semblent un poil tirés par les cheveux : « Les voitures freinent mieux. Les aires de jeux sont tapissées de revêtements amortissants. Chaque adulte est équipé d’un téléphone portable. Les taux d’homicide n’ont jamais été aussi faibles et les rarissimes affaires de kidnapping sont quasiment toujours le fait de proches de l’enfant. ». Mais il me semble que plus on effraie un gamin, moins on lui donne d’armes pour se défendre, non ? Et comment on fait, le jour où, malgré toutes nos précautions, il lui arrive un malheur ? Comment se reconstruit-il ?

Certes, je suis loin d’être mère (mon stérilet se porte bien) mais ces questions sont venues me chatouiller l’esprit assez souvent (et même : au moment de la pose dudit stérilet, si si), si bien que j’aie dû m’interroger sur ma propre enfance et le comportement de mes propres parents, avant de m’autoriser à me dire que je ferai les choses comme ci, ou certainement pas comme ça.

Mes parents sont et ont toujours été des boules de crainte et de peur. Plus jeune, plus petite, j’entendais constamment « attention ». Aujourd’hui même, dans nos échanges, j’ai encore le réflexe de leur dire de faire attention à la pluie, à l’orage, aux manifestations, aux foules, à l’étranger (les pays, pas les gens), aux embouteillages. Je ne sais même pas pourquoi, alors que moi-même, je ne suis pas aussi prévoyante. Enfin si, je sais : c’est notre mode de fonctionnement depuis toujours, et c’est notre manière de nous prouver notre amour. Sauf qu’à force d’entendre plus d’« attention » que de « vas-y », je pense être devenue incroyablement timorée.

Quand je m’en suis rendu compte, j’ai tout fait pour inverser la tendance, à ma sauce. Résultat : un incroyable déséquilibre. Je me retrouve à foncer dans le tas quand la situation ne s’y prête pas et à rester au bord de la piscine, les doigts de pied recroquevillés (métaphore depuis peu) alors qu’il n’y a objectivement rien à craindre. Quand je constate que mes réactions sont inappropriées, j’observe « les autres », à la recherche d’un semblant de normalité et dans l’espoir de les singer. Ce qui donne probablement des choses encore plus bizarres, mais heureusement, j’ai fait preuve de bon sens au moins une fois dans ma vie, quand je me suis rentré dans le crâne que le ridicule ne tue pas.

Pour revenir à mes parents, je suis partagée entre la rancune et l’attendrissement quand je me rappelle que j’ai eu la permission de minuit… jamais (!), que je ne suis pas censée pratiquer d’activités dangereuses telles que la marche seule, que je mourais d’envie de faire de l’accrobranche avec les autres gamins, que j’ai pris le métro seule pour la première fois vers 16 ans (je rappelle que je suis née à Paris !) ou encore que je n’ai pas eu le droit de faire un voyage scolaire à Londres en 6e. Notons que pour ce qui est de l’Angleterre, je me suis bien « vengée » en partant y vivre un an à mes 19 ans. D’ailleurs, à ce moment-là, ils m’ont relativement lâché la grappe, preuve que c’est possible de ne pas vivre dans la peur permanente. Notons aussi que je confonds allègrement passé et présent : suis-je aujourd’hui autorisée à monter à bord de montagnes russes, à aller attendre un ami à la gare ou à voyager seule ? Aucune idée : leurs réactions sont changeantes et j’anticipe toujours le non. Au final, je ne leur dis plus grand-chose (ou plus grand-chose de vrai) sur ce que je fais.

C’est sûrement la parentalité qui me travaille mais je me suis demandé mille fois « pourquoi ? ». Pourquoi m’avoir interdit tant de choses ? Pourquoi ne pas m’avoir fait confiance ? Pourquoi toujours dire de moi que je suis faible ? Est-ce pour se simplifier la tâche de parents (un enfant qui lit étant sûrement plus pratique qu’un enfant qui part faire du judo) ? Est-ce par égoïsme ? Est-ce par manque de temps ? Est-ce par désir d’avoir un enfant sage comme une image ? Je ne sais pas non plus si c’est par mimétisme puisque mon père s’est retrouvé très jeune orphelin (et sur les routes !) et que je ne connais/n’ai connu mes grands-parents maternels que comme mes grands-parents.

Toujours est-il qu’à force d’être bridée par mes parents, je suis devenue une personne peu dégourdie et encore moins pragmatique. D’ailleurs, chose intéressante, je reproche souvent à monsieur son pragmatisme trop prononcé et presque cruel. Alors que je suis toujours dans les idéaux et la théorie. Eh oui, on m’a (quand même) inculqué beaucoup de choses mais en me donnant des valeurs théoriques : je sais à peu près comment les choses devraient être mais dans mon enfance, j’ai très rarement eu l’occasion de découvrir les choses par moi-même. Forcément, arrivée à l’âge adulte, je ne pouvais qu’avoir une vision faussée des choses.

Je n’ai ni appris à faire les choses par moi-même (car on peut toujours payer quelqu’un d’autre pour le faire) ni appris à apprendre, surtout. C’est comme s’il fallait que je sache faire quelque chose du premier coup ou alors c’était foutu à jamais. Tout ça armée de mes petits savoirs théoriques et d’une idée générale, très vague. Si ce paragraphe semble flou, c’est tout normal : je n’ai jamais non plus appris à raisonner avec des exemples. Comme le résume si bien l’auteure de l’article, « comment apprendre la sécurité sans risque ? ». Comment apprendre (et comprendre) sans rien de concret ?

J’ai eu droit aux livres, aux puzzles et aux jeux vidéo, absolument sans autre restriction que celle financière, dans le cocon protecteur d’une maison sans couvre-feu, avec une maman qui m’accompagnait revendre des mangas pour que je puisse en acheter d’autres – ce qui n’est pas rien ! Mais c’est négliger la portée des livres et d’Internet…

Et, ironie sublime, contrairement à ce que constate Skenazy, je n’ai même pas été préservée des échecs. L’échec était normal, la réussite un coup de chance destiné à ne pas se reproduire. Mais comment ne pas échouer quand on ne met jamais la main à la pâte, quand on ne vit pas vraiment, quand il y a un tel décalage entre la réalité/le terrain et les livres/la maison ?

C’est ainsi qu’à presque 30 ans, je me retrouve à envier les enfants qui vont en colonie d’été, qui font du toboggan, qui ont le droit de toucher des animaux dans une ferme, qui ont un vélo, qui ont un plâtre (!), qui font du poney, qui mangent des barbes à papa, qui construisent des cabanes, qui dorment en plein air, qui ont un poisson rouge ou un hamster, qui jouent avec de la pâte à modeler, qui soulèvent des choses, qui font la course, qui rentrent seuls chez eux. Et que sais-je encore.
Je persiste à croire que si j’avais eu le droit à un peu de ça, je serais plus rationnelle et plus futée. Pas meilleure, mais plus « au fait ». Je ne serais pas plus sportive, je ne saurais pas forcément monter une tente, pas plus que je ne saurais me repérer à l’aide des étoiles, mais j’aurais essayé. Je verrais moins de portes fermées.

Je précise enfin que je n’écris pas cet article pour m’auto-apitoyer ou pour me faire plaindre ou pour mettre sur le dos de mes parents toutes mes tares. Je me sens d’ailleurs obligée, même s’ils ne me lisent pas, de dire pour la millième fois qu’ils m’ont transmis tout un tas de choses très bien (je trouve) et que je ne les remercierais jamais assez. Sans oublier que je dis « mes parents » comme s’il s’agissait d’un bloc indissociable alors qu’ils ont chacun leur point de vue – sauf que pour mon éducation, ils ont toujours décidé de parler d’une seule voix. Bref, j’écris pour comprendre ce qui manque chez moi : le pragmatisme, le bon sens.

Et j’écris bien évidemment pour ne pas reproduire ce schéma. Je n’ai pas envie que mes gamins s’inquiètent pour un rien, je ne veux pas les forcer à m’appeler pour me dire qu’ils sont bien rentrés ou les appeler pour leur dire que je suis bien rentrée. Au contraire, qu’ils me sonnent quand ils ont besoin de moi et qu’on ne se retrouve pas dans une situation inconfortable où ils refusent de me confier quoi que ce soit. Car oui, il faut la lâcher, cette foutue bride.

19 commentaires:

  1. C'est une des (nombreuses) raisons pour lesquelles je ne veux pas d'enfant : je ne veux pas leur filer mes névroses comme mes parents m'ont filé les leurs, je ne veux pas leur faire subir mon mal-être, je ne veux pas ne pas les comprendre comme mes parents ne m'ont jamais comprise.
    Pour ma part, mes parents ne m'ont pas couvée même si ma mère est une boule d'angoisse et que j'avais peu de permissions, mais ils m'ont laissée seule face aux choses. Dans l'espoir je pense que j'apprenne à me débrouiller, que j'affronte seule les épreuves et que je sois indépendante. Résultat : socialement je suis une merde, n'étant pas été soutenue j'ai peur de tout, la solitude est autant ma prison que ma cachette et je me sens en décalage de tout.
    Difficile de trouver le bon équilibre quand on est parent...

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    1. C’est une attitude saine je trouve, même si je pense que ça s’apprend, de mettre en retrait ses propres névroses.
      J’ai eu un coup au cœur en lisant ta phrase sur les parents qui ne te comprennent pas. Je ne sais pas si les miens me comprennent, honnêtement… Je pense que oui, au moins partiellement.
      Ce n’est pas facile, oui, de trouver le bon équilibre ET pour le bon enfant, chacun étant différent.

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  2. Mes parents nous ont laissé faire pas mal de choses. Evidemment, on a eu le droit à des "faites attention à ci ou ça" mais concrètement par exemple, ma soeur grimpait aux arbres enfant, j'ai fait mes premières soirées entres amis à 13 ans. On n'était pas vraiment des enfants turbulents, on était plutôt sages et vite mes parents ont su qu'ils pouvaient nous faire confiance.
    En écho à Lenore Skenazy, il y a une ou deux semaines, j'ai été horrifiée par ce reportage aux infos https://www.youtube.com/watch?v=FGNxCaQSQ5s Si j'ai des enfants un jour j'espère ne pas en arriver à ce point! Mais c'est certain, c'est compliqué de trouver le bon équilibre.

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    1. Oui, certains aspects de votre enfance me font rêver, même si j’ai conscience que je vous idéalise certainement. Moi non plus, je n’ai pas été trop turbulente (forcément !) (plus petite, j’étais un peu casse-cou, peut-être ai-je traumatisé ma famille) et on me faisait confiance pour beaucoup de choses. Mais pas pour ma sécurité.
      J’ai regardé ta vidéo et j’ai pu anticiper tout ce que la mère allait dire, ça en dit long. J’ai eu quasiment la même chose :s

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  3. Mes parents ont toujours trouvé les autres parents chinois trop inquiets pour tout. Dans leur tête, nous les enfants, n'étions pas faits de sucre.

    Ainsi, j'avais le droit de jouer dehors, j'allais au centre de loisirs (mais pas en colonie de vacances c'est moi qui avais peur des pédophiles). Je prenais le métro vers 8 ans. J'étais (et je suis encore) une enfant froussarde: mon père voulait tout le temps me mettre au judo ou au sport mais je n'aimais pas ça. Et puis j'étais très asociale aussi.

    Je crois que (fille, fille!!!) c'est plutôt à la puberté qu'on a commencé à plus ou moins restreindre mes mouvements et à dire "attention". Je n'ai jamais eu le droit d'aller à des soirées (mais je ne voulais pas), de fumer, de boire ou de me droguer (tout cela ne m'intéressait pas...), et surtout pas droit aux mini-jupes ou aux t-shirts où on voit mon nombril (pas intéressée non plus). En revanche, je n'avais pas trop le droit de revendre mes livres (alors je le faisais dans des magasins qui laissaient au mineurs mais c'était des clopinettes). Et puis je cachais que j'achetais des manga. Je ne sais plus quand j'ai eu le droit de "sortir". Peut-être après le bac, ils ont eu l'air de me lâcher la grappe. Je dois toujours leur écrire que je suis rentrée chez moi par SMS quand je dîne chez eux maintenant.

    Je trouve les parents d'aujourd'hui parano. Perso, j'ai adoré mon enfance à courir partout :) . Sans parler que c'est bon pour la santé de se dépenser, d'être au soleil, d'être dehors, de se confronter aux autres enfants, et même pour les yeux! Mais tu sais, tout cela ne m'a pas rendue plus dégourdie/débrouillarde non plus et je suis restée super longtemps chez mes parents...

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    1. Bah ça me paraît plus sain, comme comportement, déjà, je trouve. Chez moi, c’est un mélange d’attitude type « non mais arrête de faire des chichis » ET de surprotection.

      Après, comme dit à Elanor, je ne suis pas trop froussarde je crois. Apparemment, petite, j’étais un vrai singe et j’étais casse-cou. Peut-être que ça vient de là, mais j’ai l’impression que tout le monde a des histoires comme ça à raconter.

      Ah, j’ai voulu faire un paragraphe sur la tenue vestimentaire mais je ne l’ai pas fait car ça aurait tourné en HS. C’est l’un des seuls sujets où mes parents étaient à contre-courant : je ne portais rien de très très court, mais court et nombril, ils ne m’ont jamais dit de me changer.

      Je savais pas pour tes SMS, je croyais que c’était juste pour prévenir que tu rentrais manger (ce qui est normal).

      Et pour conclure, oui, on est tous devenus paranos. Mais même si je suis très très loin d’avoir eu une enfance malheureuse, je ne souhaite pas à un enfant d’avoir les névroses de ma mère. Et je te trouve infiniment plus dégourdie que moi o_o

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    2. Après, pour le centre de loisirs, ma famille n'a jamais eu beaucoup de choix. Mais je me souviens qu'on avait l'air de trouver mes parents imprudents quand ils le disaient (moi mes enfants, je ne les y place pas, etc...). Je ne regrette pas, ça m'a apporté une belle ouverture par rapport à la maison: je sortais. Mes deux parents ont toujours bossé.

      J'ai toujours été une grande froussarde mais je pense que c'est à cause de mon père qui LUI est prudent en fait.

      L'adolescence c'est génial. Et puis les "garçons". Mais on ne m'a jamais trop embêté après vu comme je tournais: le style hip hop (on me disait quand même que... c'était TROP large), la trilogie du samedi, la lecture. Je crois qu'on avait pigé que les trucs d'ado, ça ne m'intéressait pas. En revanche, on s'est toujours inquiété de mon "retard" mental (et ça continue un peu aujourd'hui).

      Les SMS c'est fou j'habite à trois rues :) . Mais ils ont vraiment envie de savoir que oui je suis bien rentrée... J'avais 28 ans quand mon père était contre mes escapades en rollers le vendredi soir (en rentrant avec le dernier métro).

      Je ne sais pas si parfois on t'a fait le coup du "mais pas chez les Chinois et n'oublie pas que tu es Chinoise". J'y ai souvent eu droit à HK. Alors faut pas sortir avec les garçons pendant les études, mais après les études, faut quand même avoir un copain pour ne pas finir seule. J'adore ce paradoxe ;) .

      J'aurais aimé être casse-cou! En revanche, je grimpais partout (arbres, poteaux, piliers de bar, tout ce que tu veux sauf la fameuse araignée de parc).

      Les névroses c'est un truc que je n'aimerais pas transmettre. Je rejoins Morgan sur les enfants pour le coup (moi c'est l'a-romantisme qui s'est développée). Et puis déjà, je ne pense pas pouvoir faire du bon boulot.

      "arrête de faire des chichis" j'y étais abonnée aussi ;) !

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    3. Ah oui, c’est vrai que tu es vraiment près d’eux.
      Oui, on m’a souvent dit « pas chez nous » pour m’obliger à arrêter de comparer avec des copines de classe, etc.

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  4. C'est rigolo que tu fasses le parallèle entre l'absence de libertés étant enfant et le manque de pragmatisme aujourd'hui.
    J'ai été élevée par des parents très sévères (une mère avocate qui à force de voir la lie de l'humanité et les faits divers sordides dans son cabinet avait tendance à ne plus voir que ça à l'extérieur), il me semble n'avoir jamais eu la permission de minuit avant mes 18 ans, et je n'ai eu le droit de mettre pour la première fois du mascara qu'à 16 ans.
    Bon évidemment ça ne m'a pas empêchée de faire mes propres expériences, mais en cachette, et au final je me rends compte que j'ai pris beaucoup plus de risques que si j'avais pu en faire un peu plus de façon "officielle".
    Et pourtant aujourd'hui je suis la personne la plus pragmatique qui soit, et on se moque souvent gentiment de mon côté ultra terre à terre.
    Alors peut-être que comme pour toi c'est quand même lié à mon éducation, et qu'au contraire je le suis devenue par réaction. Mais je ne suis pas sûre qu'il y aie un rapport!

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    1. Je pense que le rapport existe ou non selon l’éducation, la famille et sa culture. Je ne pense donc pas que ce soit une règle universelle, il y a bien trop de facteurs pour pouvoir affirmer ça tout de go.

      Pour ma part, ce n’est pas juste une absence de libertés, je pense que – volontairement ou non – mes parents m’ont appris à vivre dans la peur (ma mère) et la paranoïa (mon père). Je suis censée tout anticiper pour ne jamais rien me blesser (physiquement, émotionnellement).

      Effectivement, je trouve plus sain de laisser une marge de liberté à son gosse, ne serait-ce pour savoir ce qu’il fait, au lieu de lui faire prendre des risques.

      Enfin, je ne trouve pas que le pragmatisme et le côté terre-à-terre soient la même chose. Je suis assez terre-à-terre mais pas pragmatique, pas raisonnable, pas sensée.


      PS : bienvenue sur ce blog ^^

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  5. Ma mère veut que je lui téléphone pour lui dire qu'on est arrivées quand on a fait de la route (et qu'elle le sait). Un jour elle a envoyé les pompiers chez un de mes frères qui ne répondait pas au tel (mal raccroché). Ça donne le niveau d'angoisse de ma mère. En gros, TOUT est un danger potentiel. Et comme moi je n'avais personne pour contrebalancer là où mes frères, plus âgés, étaient deux, ben... en fait, ma mère me forçait à sortir, se lamentait que je reste enfermée dans ma chambre, mais supportait mal si je sortais. Grandis avec des paradoxes pareils 😨

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  6. Ma mère veut que je lui téléphone pour lui dire qu'on est arrivées quand on a fait de la route (et qu'elle le sait). Un jour elle a envoyé les pompiers chez un de mes frères qui ne répondait pas au tel (mal raccroché). Ça donne le niveau d'angoisse de ma mère. En gros, TOUT est un danger potentiel. Et comme moi je n'avais personne pour contrebalancer là où mes frères, plus âgés, étaient deux, ben... en fait, ma mère me forçait à sortir, se lamentait que je reste enfermée dans ma chambre, mais supportait mal si je sortais. Grandis avec des paradoxes pareils 😨

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    1. J'avoue que le paradoxe est fou! Tu n'es pas seule. Mes parents non plus ne me comprennent pas. Ils comprennent sans doute une part (ils ne me poussent absolument ni au mariage ni aux enfants) mais le reste...

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    2. Je le répète mais oui, nos parents ont les mêmes névroses. Je me fais engueuler comme du poisson pourri quand je ne ne décroche pas le téléphone (ou même quand je le décroche pas assez vite) et l’une de mes hantises est effectivement qu’ils dérangent les pompiers – qui ont sans doute mieux à faire que de passer voir une nana de 30 ans qui vit sa vie o_o
      Et je pensais que ma mère ne me mettrait jamais la pression pour les enfants, mais depuis 1 an ou 2, elle le fait de manière passive-agressive et tout en menaces. Ça donne envie.
      Enfin, je ne sais pas si je ferais mieux, mais j’essaierai :)

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  7. je pourrais aussi raconter plein d'histoires de ce genre. Mes parents m'ont surprotégée, ce qui n'a pas contribué à atténuer ma timidité. J'en profitais en fin de compte, ma mère ayant pris l'habitude de répondre à ma place aux gens qui me posaient des questions. Je me rends compte aujourd'hui que ça ne m'a pas vraiment aidé. Pas de permission de minuit non plus, ni plein d'autres choses. Le premier grand clash est venu quand j'avais 22-23 ans, que j'ai rencontré quelqu'un qui ne plaisait absolument pas à mes parents et que ça a provoqué mon départ de la maison. Là, j'ai enfin pu vivre ma vie, mais ça a été difficile. D'un côté j'ai toujours été solitaire, mais d'un autre, j'étais très mauvaise au point de vue social...

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    1. Oui, on a des points communs : enfant unique et parents plus âgés. C’est très dur quand un « étranger » vient s’immiscer dans la vie familiale, mais dans mon cas, il a permis de couper le cordon. Mais c’est dur, définitivement.

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  8. C'est étrange que ta phrase "leurs réactions sont changeantes et j’anticipe toujours le non" sur tes parents fasse écho chez moi dans mon rapport avec mes propres parents. Si je fais le parallèle avec la suite de ce que tu dis, mes parents m'ont laissé sortir, aller en colo, avoir un animal etc mais par ailleurs, je continue d'envisager leurs réactions négatives plutôt vis à vis de mes choix que je vois "contraires" à leur éducation.
    Encore une fois, ce que tu dis du pragmatisme de Monsieur est tellement en adéquation avec le pragmatisme de Chat...

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    1. Et pourtant, vous semblez avoir les mêmes valeurs ! (pas à 100 % car ce n’est pas possible, mais quand même). Je me dis aussi que si j’avais imposé d’emblée ma façon d’être, je ne serais pas obligée de biaiser et de faire des circonvolutions. M’enfin.
      Et oui, Chat et monsieur ont certains points communs xD

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    2. Même valeurs oui mais mes parents ont tellement de règles, de principes....

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