Les peurs irrationnelles

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Un petit billet sous forme de liste, que j’ai un peu hésité à pondre parce que je me suis découvert plus de névroses que je le soupçonnais, mais que je publie en fin de compte joyeusement car je ne suis plus à ça près. Et vous non plus.
Tout enfoui dans mon cerveau, il y a la peur de…



  1. Voir mes pensées s’échapper en toutes lettres de ma tête : un classique – du moins je l’espère – que la peur d’être sondé et d’être mis à nu. Sauf que, dans mon cas, j’ai sûrement un rapport obsessionnel aux lettres et aux mots qui fait que je visualise assez souvent des phrases entières s’échapper de mon cerveau, littéralement.
  2. Sortir en chaussons : de temps en temps, il me prend le besoin de vérifier que je porte bien des chaussures d’extérieur, quand bien même je sentirais mes chaussettes ou une semelle bien dure. Pourtant, dans la plupart des cas, ce ne serait pas la fin du monde. Par contre, je n’ai jamais rêvé que je sortais nue de chez moi et n’ai donc pas cette crainte.
  3. Être la seule à ne pas me rendre compte que je suis en train de parler à voix haute : pourtant, je ne suis pas du genre à parler sans réfléchir, sauf avec des gens proches qui devraient me pardonner mes éventuels écarts. Mais étrangement, je me répète souvent de me contrôler pour que les mots ne dépassent pas ma pensée.
  4. Me rendre compte soudainement que je suis en train de vivre la vie de quelqu’un d’autre : même avant de lire The Bookseller de Cynthia Swanson (qui ne m’a que moyennement plu), je me suis souvent imaginé devoir retourner à une autre vie ou me confronter à mon entourage qui me voit perdre les pédales.
  5. Ne pas comprendre un livre : c’est Comme un roman de Daniel Pennac qui m’en a fait prendre conscience. J’ai peur d’attaquer des livres trop grands pour moi et je rejette les romans que j’achète autant que je m’y plonge. Ce qui explique sûrement pourquoi je lis si lentement et toujours avec un peu de crainte.
  6. Me rendre compte – une fois le pantalon baissé, le derrière disgracieusement tendu vers l’arrière – que quelqu’un était dans les toilettes que j’ai investies et est en train de se faire tout petit : je ne sais pas ce que cette peur franchement bizarre est censée révéler sur moi. Toujours est-il qu’elle est là à chaque fois que je vais dans des toilettes un peu spacieuses. Peut-être que je ne fais pas assez confiance à ma vue et mon ouïe, peut-être que j’ai l’impression de ne pas devoir être où je suis.
  7. Apprendre qu’il me manque un organe vital : dans le genre « irrationnel », ça se pose !
  8. Être enterrée vivante : je crois que j’ai trop maté Buffy, et en plus, je n’aurais pas la force de détruire le bois comme elle l’a fait.
  9. Me retrouver dans un mouvement de foule : ce n’est pas la plus irrationnelle des peurs, mais elle me prend un peu trop souvent à mon goût. Dans les longs couloirs étroits, dans les bars bondés, dans les espaces clos, je pense systématiquement à un incendie ou autre catastrophe (terroriste – à tout hasard) et je crains non pas de mourir à cause de l’accident mais d’être piétinée à mort.
  10. Me faire trancher la gorge lorsque je dors le dos contre un siège dans l'avion ou le car : en revanche, je n'ai aucun souci à présenter ma nuque, pourtant plus facilement tranchable.
  11. Avaler mes lentilles de contact : y a une histoire, attendez ! Quand j’ai eu mes premières lentilles de contact rigides, à 18 ans, mes parents m’ont bien fait comprendre que c’était un luxe qu’ils m’accordaient. Ça coûte la bagatelle de 300 € et clairement, quelqu’un comme moi ne devrait pas y avoir droit. Comme au tout début, j’avais bien évidemment du mal à les mettre et à les enlever, et que la période d’adaptation d’un mois était douloureuse, j’ai commencé à en faire des cauchemars. Je ne me rappelle plus leur teneur exacte, mais il était question de mettre mes lentilles en sécurité pour éviter qu’elles ne tombent dans l’évier et, allez savoir pourquoi, dans mes cauchemars, elles se retrouvaient dans ma bouche. Et je finissais par les avaler après les avoir broyées avec les dents, ce qui ne me laissait pas du tout une sensation agréable au réveil. Sensation qui me revient la journée quand je suis un peu angoissée, sous forme de cauchemars-rêves la nuit parfois. Depuis que je me paie mes propres lentilles, ça va mieux, mais cette peur est persistante.

En espérant ne pas vous avoir fait fuir,
je serais très curieuse de connaître
vos peurs irrationnelles !

4 commentaires:

  1. Bah je crois que nous avons tous et toutes nos peurs irrationnelles. Ne t'inquiète pas. Perso j'ai une trouille bleue des extraterrestres du type Roswell avec tête d'ampoule, la faute à mes parents qui m'ont emmenée voir E.T. trop petite. J'ai peur de mourir noyée. J'ai peur de ne pas être aimée. J'ai peur que mes enfants ne se réveillent jamais (peur idiote, mais quand le petit me fait des nuits complètes sans me réveiller ça me faut parfois peur... Conditionnement oblige). J'ai peur de ne pas être assez empathique. J'ai peur de dire des choses vexantes et parfois je n'en dors pas la nuit, persuadée d'avoir dit des choses qui ont blessé mon entourage, alors que pas du tout... J'ai peur d'un jour ouvrir une porte et qu'elle ouvre sur un trou béant... Et il y en a d'autres qui ne me viennent pas à l'esprit là tout de suite.

    Donc tu vois, on a tous des trucs de ce genre dans un coin du cerveau je pense. Tant qu'on arrive à les contenir ou qu'on parvient à les vaincre, ça va. Perso, je me moque de moi-même et me donne mentalement un coup de pied aux fesses ( sauf pour les extraterrestres. Quand je vois un film avec des bêtes de ce genre pas sympa en plus, là, je me terre dans un coin et je cauchemarde des nuits entières... Une horreur)

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    1. Ne pas être aimé, ne pas être trop/pas assez, ce n'est pas si irrationnel je pense. Quoique, dans ton cas, si je pense que c'est sans raison ;)
      Les extraterrestres, c'est pas banal (du moins dans mon entourage) !

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  2. J'ai peur de croiser mon reflet dans un miroir la nuit (peur des fantômes °trop là honte°), de démaquiller mes yeux avec mon flacon de dissolvant (ça a failli m'arriver une fois il y a 10 ans), que les personnes avant moi sur un Escalator loupent leur descente et qu'on tombe tous, d'une radio qui grésille ou d'une chaîne hifi encore allumée après la fin d'un cd (peur des fantômes qui s'expriment sur les ondes °honte bis°), de mails envoyés au mauvais destinataire ou en copie cachée contre ma volonté (je vérifie mille fois et je vais régulièrement revoir la signification de cc et cci sur Google). Je ne parle même pas de toutes les peurs irrationnelles qui sont arrivées avec la naissance de ma fille :)

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    1. Ahh les escalators ! J'y pense depuis qu'un prof de sciences de la terre a expliqué la formation volcanique avec des gens qui ratent leur marche et se tombent les uns sur les autres.
      Je ne crois pas aux fantômes en tant que tels mais je comprends tes peurs qui y sont liées !

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