Bilan de lecture juillet-août-septembre 2016

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Nous sommes le 12 octobre et il était donc plus que temps de vous parler de mes lectures de ces… heu, trois derniers mois, avant d’oublier leur contenu même ! En plus, pour une fois, j’ai été bien « productive » et j’ai envie de vous parler de certaines œuvres !
C’est parti pour remonter le temps ;)

Juillet


The Autumnlands : une BD avec des animaux anthropomorphes, ça ne peut que m’intéresser : il n’y a qu’à voir ma passion pour Légendes de la garde ou Bêtes de somme. Et pour rester encore en Amérique, il y a The Autumnlands qui est venu alourdir mes étagères. Pour l’instant, je dirais que c’est prometteur, ce monde plein de magie et de mysticismes, mais qu’on n’évite pas certains écueils, comme les personnages clichés. J’ai donc été un poil (hohoho) déçue, mais j’ai sûrement été trompée par cette couverture qui semble donner sur un monde bucolique et paisible. Que nenni, les superbes graphismes montrent plein de villes, plein de combats. C’est donc avec plaisir que je jetterai un œil à la suite. Quand elle viendra.


Erased 7 : plus qu’un volume avant la fin, plus qu’un volume avant la fin, plus qu… oui, Erased, c’est l’un des titres les plus haletants qu’il m’ait été donné de lire ! Malgré la révélation de l’identité du meurtrier, qui devenait de plus en plus évidente (l’identité, je ne dis pas que le meurtrier est une meurtrière), l’auteur réussit à maintenir le suspens sur d’autres points de l’intrigue. L’état de santé du héros, à tout hasard. Bref, j’ai très hâte de lire la conclusion de cette œuvre vraiment très bien construite et plutôt crédible !


Buffy S10E04 : l’inconvénient quand on n’a pas de mémoire, c’est qu’on n’a pas de mémoire. Autrement dit, je ne me rappelle plus très bien ce qui se passe dans ce volume de Buffy, mais je sais que je l’ai plutôt aimé. Il m’aura juste fallu 2 « saisons » pour me faire à l’idée que le comics n’équivaudra jamais la série télé : plus accessible, plus grand public, plus d’intrigues ambitieuses (parfois trop, en témoigne la saison 8 qui s’était achevée en queue de poisson) et plus de coucheries. Oui oui, j’ai parfois un peu de mal, mais l’humour et le plaisir de retrouver Willow, Alex et Buffy (dans cet ordre) compensent le tout. À réserver quand même aux inconditionnels de la série de Whedon, objectivement.


 
What Did You Eat Yesterday? 8–9–10 : spectaculaire rattrapage de cette série – je me complimente si je veux ! Comme à chaque fois, je me demande pourquoi j’ai tant attendu avant de reprendre. Comme à chaque fois, je me dis que c’est une série qui transpire tellement le calme qu’elle n’exige pas un rythme de lecture effréné. Les recettes se suivent et ne se ressemblent pas, mais il est vrai qu’un petit sentiment de lassitude peut venir pointer son nez, sauf que l’auteure a eu la bonne idée de parler un peu plus de ses protagonistes et de leur vie sentimentale et familiale. Histoire qu’on n’oublie pas qu’ils sont en couple et pas en colocation. Encore une fois, c’est très terre-à-terre et il n’y a pas de romantisme là-dedans, mais c’est très doux.

Billy Bat 18 : depuis le volume précédent, je suis réconciliée avec cette série, qui s’achemine vers sa conclusion finale. J’aime beaucoup les choix scénaristiques, la façon dont les éléments s’assemblent, mais aussi les questions philosophiques qui émaillent Billy Bat. Un grand Urasawa !



Le pavillon des hommes 12 : là encore, on est plus proches de la fin que du début. Et si ça fait longtemps que j’ai perdu le fil de l’histoire, j’ai réussi à comprendre ce volume pris isolément (oui, ça devenait une gageure). J’imagine que le changement de traductrice n’y est pas étranger – les phrases étant moins alambiquées. Malgré tout, j’aimerais avoir le fin mot de cette fameuse crise de variole du Tengu qui décime les hommes et de sa guérison, afin de tout relire et mieux comprendre.


Dorohedoro 19 : encore une série qui est dans son arc final et dont le dernier volume apporte plus de réponses que de questions. Mais à vrai dire, même si Doroherodo est toujours aussi joyeusement gore, il parvient à me faire saturer tant il traîne en ce moment. La faute peut-être au rythme de parution fatalement lent ? Quoi qu’il en soit, loin de moi l’idée que la qualité a baissé, simplement, il y a un petit coup de mou (ou de fatigue de ma part).


L’année du lièvre 3 : sacrée bonne surprise, que de trouver le dernier tome de cette trilogie à ma Fnac habituelle ! Après le temps de la guerre et de la fuite, les jours se font enfin un peu moins sombres pour la famille cambodgienne que nous suivons. Toujours très didactique, L’année du lièvre est à la fois intéressant et intelligent. Une belle lecture qui donne envie de suivre l’actualité de son auteur, Tian.


Arslân 5 : pour l’instant, cette nouvelle série de shônen dans un univers fantasy ne casse pas trois pattes à un canard. Les personnages peinent encore à être attachants, même si on sent leur potentiel, l’intrigue est un peu boiteuse et les situations déjà vues. Reste le monde moyen-oriental que je trouve intéressant. C’est un peu dommage car après un petit envol au volume 3, je pensais que l’œuvre deviendrait définitivement plus ambitieuse.


Not Love But Delicious Foods Make Me So Happy : acheté sur un coup de tête, ce one-shot de Fumi Yoshinaga (What Did You Eat Yesterday, Le Pavillon des Hommes) est une sorte de guide de restaurants de Tokyo. Pour être honnête, je pensais qu’il serait pénible à lire, soit parce que j’aurais tout le temps faim, soit parce que je ne me sentirais pas du tout concernée. Il n’en a rien été puisque l’amour de la bouffe est communicatif et que je me réjouissais pour l’auteure de voir tous ces beaux plats. Par contre, il est à noter qu’elle utilise des termes fort peu adaptés pour parler de l’homosexualité, comme « choix de vie » (life choice), même si, de son propre aveu, elle n’y connaît rien. Ah le yaoï, son univers impitoyable.


Comme un roman : je remercie encore Paulette de m’avoir offert cet essai sur la littérature et surtout, la lecture ! Que dire de ce chef-d’œuvre, si ce n’est que j’aurais aimé avoir Daniel Pennac comme prof. Son humour, sa pédagogie, sa finesse… je crois bien que j’aurais été une groupie. Par-dessus tout, j’aime les solutions proposées pour réinstaurer la lecture, à l’école comme à la maison, et j’y ai découvert que moi aussi, je suis paralysée par la peur de ne pas comprendre ce que je lis. Mais je me soigne.

 

Wandering Son 2–3 : le grand œuvre de Takako Shimura, connue en France pour Fleurs Bleues, est vraiment intéressant, en plus d’être d’actualité, puisqu’il traite du genre, du transgenre et de l’identité sociale. Pour l’instant, il me semble que c’est un sans-faute, les clichés sont habilement évités et on suit au jour le jour ce petit garçon et cette petite fille mal à l’aise dans leur identité. Un manga à lire à tête reposée, malgré l’apparente légèreté du scénario.

Yako & Poko 1 : tout à fait dans la même veine que Les petits plats by Hana de la même auteure, à savoir la mise en scène d’un personnage un peu flegmatique, accompagné d’un autre plus stressé qui prend la forme d’un robot chat. Les inventions et situations loufoques se multiplient. Yako & Poko est peut-être plus mélancolique, plus absurde, mais aussi plus intéressant ! Une belle surprise :)

The Geek Feminist Revolution : c’est la couverture au dromadaire vue sur le compte Instagram d’Armalite qui a attiré mon attention et c’est le titre qui a achevé de me convaincre. Pourtant, ce recueil de chroniques n’est pas du tout ce à quoi je m’attendais, puisqu’il ne retrace pas spécialement l’histoire du féminisme geek, mais est une sorte de collection de réflexions de Kameron Hurley, auteure de fantasy, sur le sexisme, l’hétérocentrisme, le racisme qui gangrènent toutes les littératures, y compris celles de l’imaginaire. Il m’a fallu un peu de temps pour vraiment apprécier ce que je lisais, car j’avais l’impression de lire un ego trip (comment Hurley, auteure pourtant géniale, a dû se prendre un job de copywriter dans lequel elle se révélait tout aussi géniale). Passée cette première impression (dont je ne démords pas !), j’ai découvert une vraie réflexion, pioché des noms de grandes dames dont j’ignorais l’existence (Octavia Butler, bell hooks, à tout hasard) et essayé d’anéantir les clichés que je pouvais encore avoir. Une lecture enrichissante, pas structurée comme je l’aurais voulu, pas franchement didactique, mais bien. Vraiment.


Août


La petite boulangerie du bout du monde : encore une fois, merci à Paulette de me l’avoir offert ! C’est une petite lecture sympathique qui m’a accompagnée pendant mes vacances à Londres, qui ne casse pas trois pattes à un macareux mais se veut résolument feel good. Il y a donc quelques histoires d’amour, la description d’une vie dure mais gratifiante, une héroïne qui se réalise dans la confection de pains et la découverte du Sens de la Vie. Au chapitre des réclamations, je signalerais quand même des erreurs de grammaire qui me semblent inadmissibles et des incohérences en pagaille (« Han Solo » qui devient « Yan Solo » en cours de route, de qui se moque-t-on ?) (je ne suis même pas fan de Star Wars) ainsi qu’un style un peu pauvre. Malgré tout, j’ai tout lu à vitesse grand V :)


My Hero Academia 1 : le nouveau shônen de Ki-Oon, qui se situe dans un monde où la très grande majorité de la population possède des super-pouvoirs-comme-dans-les-comics, a été annoncé en grande pompe et semble connaître un franc succès. En même temps, les dessins sont hyper détaillés, les personnages remplissent leur office et leur quota de blagues, les pouvoirs sont chouettes (tirer un rayon laser de son nombril, qui n’en a jamais rêvé ?!) (ou maîtriser la glace et le feu, sinon) et les situations apportent leur lot de rebondissements. Bref, je n’ai rien à dire, tout est calibré au poil. Mais… il manque un petit quelque chose (un « supplément d’âme », comme on dit ??) pour que j’accroche réellement. Je trouve même la lecture fastidieuse, peut-être parce que je n’arrive pas à m’intéresser plus que ça au sort de nos jeunes héros et super-héros ? Toujours est-il que je lirai au moins les 5 premiers volumes, puisqu’ils sont dans ma pile.

Le maître du haut château : ça y est, je suis venue à bout du chef-d’œuvre de K. Dick ! Et je ne peux pas dire y avoir compris grand-chose. Heureusement, j’ai pu trouver des clés de lecture sur Internet, car entre la réécriture de l’issue de la Seconde guerre mondiale, les pensées métaphysiques chères à l’auteur, la convocation permanente du Livre des mutations (Yi Jing), je me suis franchement perdue. C’est une œuvre très riche, qui m’a sans doute dépassée, mais pas du tout inintéressante. Je pense malgré tout que j’ai une large préférence pour les œuvres plus marquées SF de cet auteur. Merci à monsieur de me l’avoir offert :)

Twittering Birds Never Fly 1 : hop, un petit yaoï de vacances… Bah, c’était pas bien. Une vague histoire de mafieux et de SM, à laquelle on ajoute des affirmations très douteuses, du type « j’ai subi des sévices sexuels dans mon enfance, donc je suis devenu un assoiffé de sexe », et ça donne un manga dont je ne lirai pas le volume 2. Pourtant, il semble plutôt populaire, mais je dois avouer que ni les situations beaucoup trop rocambolesques (mon seuil de tolérance est plutôt élevé) ni les personnages absolument clichés et vides ne me donnent envie de continuer.

Monstress 1 : j’ai beaucoup hésité avant d’acheter ce comics de Marjorie Liu et Sana Takeda. Côté dessins, c’était vite vu car c’est magnifiquement magnifique (au moins). Mais côté scénario, le coup de la nana balèse monstrueuse que tout le monde redoute, j’en ai soupé et j’ai très rarement aimé – avec une héroïne comme avec un un héros, d’ailleurs. Mes craintes se sont hélas un peu confirmées, car j’ai trouvé ce premier volume assez plat et banal, au fond : situations guère originales (ça commence par un emprisonnement, ça continue par une soif de vengeance, ça finit par des questions), personnages insipides, dialogues bof. Ça me crève presque le cœur de le dire, mais je n’ai presque pas aimé. Presque car il reste ce monde inspiré de la Chine, très travaillé, mi-horreur, mi-magique, que j’aime beaucoup. Sans oublier la présence de personnages LGBT. À suivre.


Septembre

Doukyusei : septembre a (aussi) été le mois du yaoï, grâce à a-yin ! Et Doukyuusei est mon petit préféré. Déjà parce que j’aime beaucoup le trait de l’auteure, Nakamura Asumiko (découverte avec son thriller Utsubora et grâce à la même personne), mais aussi parce que j’aime bien l’univers du lycée. Plus que celui de la mafia, du moins. Les personnages sont chouettes, pas prise de tête, ne s’embarquent pas dans des histoires impossibles. Bref, c’est simple, c’est doux, c’est irrévérencieux par moment. J’ai hâte de lire la suite, Sotsugyousei.

Le mari de mon frère : l’éditeur Akata a fait fort avec cette ode à la tolérance signée Gengoroh Tagame (si vous ne voyez pas qui c’est, googlez son nom, vous ne serez pas déçus. Mais ne le faites pas au travail). Le titre dit tout : on se met dans la tête d’un type dont le frère est décédé et qui se retrouve à cohabiter avec le mari de celui-ci. Et ce type (dont j’ai oublié le nom, cela va de soi) est bourré de préjugés sur les homosexuels. Pas les pires, malheureusement, mais des dérangeants quand même, comme : va-t-il me sauter dessus ? Et bien sûr, petit à petit, ledit mari et surtout, sa petite fille, vont se charger de le délester de ses a prioris négatifs. Un manga que j’ai envie de mettre dans les mains de tout le monde : c’est joyeux (malgré les nombreux décès balancés dès les premières pages), c’est intelligemment simple, c’est efficace. Côté dessins, c’est du Tagame tout craché, sauf que les gens ont des habits et moins de cordes, à savoir des bonshommes vachement musclés et/ou poilus :) Personnellement, j’aime bien, c’est net et clair !

Boxeurs & Saints : merci à a-yin pour le prêt à longue durée ! J’avoue être bien contente de ne pas avoir acquitté l’achat de ce double ouvrage qui retrace la Révolte des Boxeurs, qui a opposé entre 1899 et 1901 les membres de la société secrète dits les « boxeurs » et les colons occidentaux ainsi que la dynastie régnante des Qing, en Chine. Comme on peut s’en douter, on suit d’une part l’itinéraire d’un Boxeur, et de l’autre, celui d’une Chinoise convertie au catholicisme. J’ai choisi de commencer par le premier, et je me suis quasiment ennuyée tant les répétitions étaient nombreuses, entre quêtes mystiques et camaraderie virile. En revanche, l’histoire de la fillette, qui trouve une résonance dans celle de Jeanne d’Arc, m’a bien plu, car elle m’a semblé plus nuancée, plus malicieuse aussi. Au final, le message est de dénoncer les extrémismes, religieux et cultuels, mais je ne sais pas si tant de pages étaient nécessaires.

Yotsuba 13 : le retour de la petite fille aux cheveux verts ! Yotsuba est l’un de mes mangas préférés, toutes catégories confondues. Yotsuba, la gamine, est absolument adorable. La traduction est topissime. Le papa de Yotsuba est traducteur. Je pourrais m’arrêter ici mais je rajouterais que les jeux et les interrogations de la gamine sont narrés avec tellement de justesse et de tendresse qu’on ne peut que craquer. Dans ce treizième volume, l’auteur aborde de front quelques questions, comme celles de la scolarité de Yotsuba, dont on devine peu à peu le passé atypique. Malgré tout, point de lourdeur ou de drame à l’horizon, on suit avant tout le quotidien d’une turbulente, mais attachante gamine.

La différence invisible : après La chute, où il est question de dépression, Mademoiselle Caroline fait parler Julie Dachez, une autiste Asperger. Une femme, oui, car cette forme d’autisme peut aussi les toucher. Une femme qui semble simplement un peu tatillonne et peu sociable. Une femme qui lutte pour entrer dans la normalité avant de comprendre que son autisme fait partie de son identité. Aux personnes directement ou indirectement concernées, j’imagine que cette BD n’apprendrait rien, mais elle a le mérite de montrer le quotidien des « Aspies ». À des gens comme moi, qui n’y connaissent rien, elle apprend beaucoup sur les mécanismes de réflexion et de défense des Aspies, et se révèle à la fois instructive et intéressante. Je me doute bien que les personnes autistes ne passent pas leur journée à se cogner la tête contre le mur, j’espère maintenant être capable de ne pas (trop) en vexer une.

Dining Bar Akira : sans transition, un autre yaoï, cette fois dans le milieu culinaire. Ca aurait pu me plaire, sauf que le côté cuisine y est plus que superficiel et que la narration est hyper-confuse selon moi. Je n’arrêtais donc pas de confondre des personnages et ai lu en mode automatique. Bof…

Lovers and Souls : toujours du yaoï. J’ai été un peu plus convaincue, même si on n’échappe pas aux drames. La réflexion sur la sexualité n’est pas inintéressante, même si elle est amenée de manière artificielle. Par contre, je n’aime pas trop les dessins et la narration est brouillonne. Plus de mauvais points que de bons…

Crazy Affair : le retour d’Asumiko Nakamura dans mes lectures ! Crazy Affair est assez rocambolesque et irréaliste, mais a le bon goût d’être léger, à la Attrape-moi si tu peux ! Résultat : c’est un one-shot plutôt anecdotique mais que les grands fans de l’auteur sont sans doute contents de posséder.

Double Mints : autre yaoï du mois, dernier Asumiko Nakamura (cette fois en chinois), merci à ma bienfaitrice ! Je n’ai pas été happée par cette vague histoire de domination et de meurtre (je vis dans un petit monde bien morne, moi), même s’il y avait des éléments intéressants. C’est vraiment en attendant de m’offrir Sotsugyousei de la même auteure, parce que ce n’est pas franchement original. Le léger côté malsain pourrait plaire à certains, cela dit.

Americanah : je crois bien que je tiens là mon roman préféré de l’année et que Chimamanda Ngozi Adichie, son auteure, fait à présent partie des personnalités que j’admire ! Il faut dire qu’elle n’a pas sa langue dans la poche et qu’elle impose le féminisme avec une telle facilité et une telle évidence qu’il faut vraiment être de mauvaise foi pour ne pas être convaincu. Pour autant, Americanah ne parle pas que de ça, puisqu’il narre le destin d’une jeune femme nigériane qui émigre aux États-Unis, devenant ainsi une « Americanah », et de son amour d’université, qui ne parvient pas à rester en Angleterre malgré tout son talent. Non seulement ces deux histoires sont hyper-prenantes car on a envie de connaître leur quotidien, mais en plus, l’auteure en profite pour insérer habilement son point de vue sur le racisme et la misogynie de la société. C’est brillant, ça se lit facilement tout en posant les questions justes, c’est un gros coup de cœur. À noter tout de même que j’ai lu une petite centaine de pages en français – merci Maud – avant de décider de passer à la version originale en anglais.

Bride Stories 8 : après les pillages du volume précédent, le temps est à la reconstruction et à la préparation des futurs mariages, comme le veut le titre de ce manga fort passionnant. On retourne voir Amir, qui noue des liens de plus en plus forts avec son mari de plusieurs années son cadet, on suit les mésaventures et heures de gloire de Pariya, dont la franchise confine à la brutalité et on se réjouit de l’amitié entre Shirin et Anis, que ça ne dérange pas de « partager » son époux. Autres contrées, autres mœurs, toujours admirablement dépeintes par Kaoru Mori.

Marie-Antoinette : faisant une petite pause dans sa série Cesare dédiée aux Borgia, l’auteure Fuyumi Soryo présente, le temps d’un volume, la jeunesse de celle qui sera la reine Marie-Antoinette. Ce one-shot, co-réalisé avec le Château de Versailles, est d’une grande finesse et s’intéresse non pas aux scandales, mais à la psychologie de l’archiduchesse d’Autriche, avec toujours un grand sens des détails et de la véracité historique. Une œuvre agréable à lire, pour les amateurs d’Histoire comme de l’auteure.

L’homme de la maison : j’ai acheté cette BD singapourienne en occasion pour limiter la casse, et je l’ai finalement beaucoup aimée. Graphiquement déjà, ce style en noir et blanc qui ne copie pas le manga est très appréciable. Côté scénario, on suit le quotidien d’un jeune lycéen, un peu perdu, entre son père endetté jusqu’au cou à cause de son amour du jeu, sa mère qui l’exhorte à étudier, sa grand-mère qui le quitte, son meilleur ami qui fait le con… En toile de fond, le destin de la Cité-État qui connaît, elle aussi, ses moments d’extrémisme. Une œuvre émouvante et sobre, dont je recommande la lecture. À noter que la traduction est très agréable à lire, même si je ne suis pas certaine de l’exactitude de l’explication donnée au terme kiasu.


L’attaque des titans 19 : toujours sur une bonne lancée ! Ce volume est presque entièrement consacrée à la tactique militaire, et je dois dire qu’il tient en haleine. Quelques petites réflexions sur la valeur de l’amitié (pas de quoi se faire des nœuds au cerveau non plus), toujours appréciables pour un shônen. J’ai quand même hâte de découvrir les secrets de l’humanité !

My Hero Academia 2-3 : mon avis n’a pas beaucoup changé depuis le volume 1, puisque je n’adore ni ne déteste ce titre. Malgré toute ma bonne volonté, je ne m’investis pas dans ma lecture, mais en même temps, je n’ai rien à reprocher à ce shônen lui aussi plein de bonne volonté. Par contre, j’ai quand même un coup de cœur pour un personnage : la fille-grenouille !

Morgane : cette BD m’avait déjà attiré l’œil en librairie, mais c’est l’avis positif de Paulette qui m’a convaincue de me jeter à l’eau. Et effectivement, c’est très plaisant : on peut aimer même sans rien connaître de Morgane et des chevaliers de la Table ronde, le petit message féministe est assez rondement mené et on tremble face à Morgane la sorcière intrigante…

Papa’s Assassin : avec ce yaoï, je redoutais le pire, puisqu’il parle d’un jeune homme qui commence à éprouver de l’attirance pour son… père (pincez-moi). J’y suis donc allée à reculons, mais finalement, ça « passe ». Bien sûr, le jeune homme et son père n’ont aucun lien biologique, ce qui facilite un peu les choses. Et puis l’auteure, Shoowa, a le chic pour mettre en place des personnages très relax, qui prennent tout à la légère. Du coup, plutôt qu’un titre douteux, on a les saines aventures sexuelles de jeunes ados. Ouf :)

S’enfuir : le dernier bébé de Guy Delisle, l’un de mes auteurs préférés ! Pour être honnête, je ne pensais pas que cette BD allait me happer, je l’ai juste achetée pour son auteur. Évidemment, le soir même, je me retrouve à ne plus la lâcher avant de l’avoir finie ! L’histoire, c’est celle des 111 jours de captivité d’un employé d’ONG dans le Caucase. C’est tout. Ses crises, ses regains d’optimisme, ses tentatives de fuite, ses interrogations par rapport à ses kidnappeurs et, heureusement, sa libération. Le temps de la lecture, j’ai craint pour l’otage, souffert (à modeste échelle) quand il a souffert, exulté quand son bon sens et son calme lui sauvent la vie. Je ne pensais pas que je pourrais autant compatir au sort de Christophe André, et c’est sans doute dû au talent de Delisle comme aux mots justes que l’ex-otage (toujours membre de l’ONG !) a certainement dû lui souffler.

Sweet Tooth 2 : ce deuxième volume (sur trois) de Sweet Tooth confirme mes quelques craintes, à savoir une histoire bien huilée mais des personnages un peu cliché (la grosse brute au cœur d’or, le jeune garçon en quête de figure parentale). Mais qu’importe, j’aime toujours beaucoup et l’incursion de l’horreur et de légendes inuites ne sont pas pour me déplaire. Vivement la suite et fin !

Nimona : quel joli cadeau d’anniversaire ! Je m’attendais à une bonne histoire d’aventure pour ados, j’ai eu une très bonne histoire d’aventures pour ados et adultes. Les dessins de Noelle Stevenson, d’une apparente simplicité, sont bluffants, et sa narration est vraiment maîtrisée. À partir d’une situation classique – vrai faux méchant se retrouve avec acolyte qui ne maîtrise pas bien ses pouvoirs – on a une réflexion sur l’amitié, sur l’acceptation de soi et sur la confiance. Une toute jolie fable non exempte de cruauté et de réalisme. Si vous avez un ado ou un ami qui recherche une BD intelligente dans un monde de fantasy, jetez-vous sur Nimona !

Mokke 6 : les sœurs de Mokke m’avaient presque manqué ! Au programme : des décisions difficiles et une tragédie familiale, toujours en compagnie des yôkai, ces créatures fantastiques plus ou moins maléfiques issues du folklore japonais ! Si je ne suis pas aussi demandeuse du sujet qu’a-yin, qui m’a prêté ce sixième volume, j’apprécie toujours de voir les représentations variées de ces bestioles ainsi que leur influence sur le quotidien des mortels.

L’ère des cristaux 1 : toujours un prêt d’a-yin, merci encore ! Un manga un peu inclassable, dans lequel l’humanité post-apocalypse a pris la forme de cristaux humains et semble s’être organisée en castes. On suit bien sûr les pérégrinations d’un cristal un peu plus maladroit que la moyenne, qui doit trouver son utilité : guerrier ? scribe ? tout en luttant contre des ennemis encore indéfinis. Des références bouddhistes émaillent cette œuvre prometteuse aux graphismes atypiques.

Wet Moon 3 : pendant longtemps, j’ai été persuadée d’avoir acheté mais perdu le troisième et dernier opus de Wet Moon, la saga noire d’Atsushi Kaneko. Mais après deux ans de recherche plus ou moins sérieuses, je me suis résolue à le commander, quitte à me retrouver avec deux exemplaires. Bref, tout ça pour dire qu’elle se sera fait attendre, la fin ! Mais c’est peut-être pour mieux l’apprécier tant elle est riche et lourde de sens. Le mystère principal est levé mais la quête du héros n’est pas terminée. À force de contempler la lune, il s’y sera peut-être perdu…

Flow juillet-août : acheté début juillet, lu fin septembre, bonne longévité. Plus sérieusement, Flow est un magazine sur lequel je ne me jette jamais, notamment parce que je trouve ses sujets redondants, mais quand je ne sais pas quoi lire en voyage, je me le prends et je ne suis jamais déçue. Je trouve toujours des inspirations et des idées et je conserve les goodies pour les utiliser ultérieurement. J’ai souvent envie de m’intéresser plus à la pleine conscience, tout en sachant que je n’y serais pas réceptive en ce moment. Dans ce numéro, j’ai bien aimé l’article sur les couples/duos créatifs, même si je trouve qu’il aurait gagné à être plus long et creusé.

The Guest Cat : Le chat qui venait du ciel en français. Ça a été une lecture très passive : l’histoire de ce petit chat qui vient « squatter » la maison d’un couple qui ne semble pas particulièrement épanoui est pleine de poésie et de subtilité, mais sûrement trop pour moi. Si bien que je l’aie trouvé mortellement ennuyeuse, alors que j’aime bien les livres où il ne se passe rien. D’autant que, d’après la quatrième de couverture, le couple était censé se retrouver grâce au chat, mais je n’ai rien vu de tel. Ce roman est très descriptif, très monotone et linéaire.

6 commentaires:

  1. C'est fou comme à chaque fois que je lis tes bilans de lecture, je me dis que certains yaoi ont l'air pas mal mais je n'y arrive pas... je n'arrive pas avec la romance des yaoi, trop éloignée de la réalité et avec des situations tellement ridicules parfois...
    Ravie pour le Pennac, c'est tellement mon auteur français préféré...

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    1. Oui, tu m’as donné envie de lire d’autres romans/essais de Pennac. De lui, je ne connais que la série des Kamo, que j’adorais pourtant.

      Et si on m’avait dit un jour que je donnerais envie aux gens de lire des yaoï :D Je cherche un titre qui soit relativement réalistes et c’est vrai que c’est difficile. Il y a New York New York, qui n’évite pas de parler de Sida et d’homophobie et d’autres choses bien plus positives. Mais je ne sais pas s’il est encore trouvable. Après, ça reste vraiment du délire/fantasme à mon sens. Même si ça n’a rien à voir, j’ai plus des titres réalistes à conseiller côté yuri, notamment ceux d’Ebine Yamaji.

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  2. Alors pour "Yan Solo", c'est la bonne traduction... jusqu'au début des années 2000. A la sortie de "Star Wars" dans les années 80, il était monnaie courante de franciser les noms : C3PO devient 6PO (pour des raisons de sonorité), Chewbacca est Chiquetabac (si, je te jure), et Luke devient Luc...
    Ton bilan de lecture est impressionnant, il me donnerait presque envie de relire des mangas. J'avoue que le "Marie-Antoinette" m'a attirée mais que je n'ai pas encore donné suite (du boulot, des punaises, tout ça...). Quant au Guy Delisle, je vais bientôt craquer, je le sens.

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    1. Oui, je sais pour Yan/Han mais avoir les deux dans le même bouquin (à quoi ? 20 pages d’intervalle), je me pose des questions, d’autant que trois traducteurs sont intervenus sur ce roman. Mais je n’ai peut-être pas été claire ^^ Personnellement, n’étant pas une fan de la première heure, les deux me conviennent, mais j’aime bien la cohérence.
      J’aime bien Chiquetabac xD ! Bon, petit problème, Chewbacca ne chique rien du tout, si ?
      Je peux te prêter Marie-Antoinette et/ou S’enfuir :D

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  3. TU m'as intriguée avec Pennac, d'autant plus que je
    suis en plein questionnement pour l'apprentissage de la lecture de mon grand. Peut-être m'aidera-t-il à me recentrer XD
    Pour The Guest Cat je suis pareille, je me suis ennuyée, je n'ai pas trouvé quoique ce soit qui me plaise d'autant plus que je suis une fille aux goûts de bisounours et que je ne supporte pas quand il arrive un truc aux bêtes...
    Pour le reste, ne goûtant que fort peu le yaoï, j'ai moins accroché :)

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    1. Oh on va avoir des librairies à visiter, dis donc ;)
      C’était tellement évident qu’il allait lui arriver quelque chose, à Chibi-san, que j’attendais tranquillement que ça se passe. Je me demande où j’ai trouvé ces ressources de patience, peut-être que j’étais motivée par le faible nombre de pages ^^"

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