Bilan de lecture novembre 2016

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En novembre, 32 livres lus…
 
Minuscule 4 : c’est peut-être bien le meilleur volume avec le premier ! On continue de suivre nos Minipouces dans cet univers à la fois mignon et miniature. Entre une exploration en sous-marin, l’organisation d’un stand de foire, la confection de confiture, la fabrication d’une baignoire avec du bambou et la visite de la sœur de Mikochi, on ne s’ennuie pas un instant. J’aime énormément la créativité de nos héroïnes, le fait que ce monde soit féérique sans être niais (elles boivent bien, Hakumei et Mikochi !), les nombreux animaux magnifiquement croqués par l’auteur… Bref, un vrai coup de cœur renouvelé et une idée de cadeau de Noël ;)

Descender 2 : le volume de vérité après un premier opus vaguement intéressant… Bah l’essai n’est pas transformé, bien au contraire. Que de lieux communs, d’intrigues et de sous-intrigues quelconques et prévisibles… Une grande déception donc, au point que les dessins de Dustin Nguyen ne parviennent pas à rattraper le scénario de Jeff Lemire. À croire que le sujet de l’enfant androïde est si facile qu’on ne s’embête plus à trouver des retournements de situation originaux ou des personnages nuancés. Je ne sais pas si je/on continue cette série.


    
Black Science 1–4 : pour faire court, j’ai-pas-du-tout-aimé cette série chaudement recommandée par un sympathique vendeur de la Fnac. Dans le détail…
Volume 1 : mon Dieu, quelle narration plombante avec ce mâle alpha fatigant et ses réflexions vaseuses, de type « je suis un salaud, j’ai trompé ma femme, mais ça va maintenant, je vais me rattraper », vraiment d’un autre siècle (du moins, j’aimerais que ça le soit). Les dessins sont beaux mais les couleurs sont trop écrasantes et le papier brillant n’arrange rien à la lisibilité de l’action. Du coup, côté scénario, on me souffle dans l’oreillette que c’est du Sliders, que je n’ai jamais regardé. Mais oui, en gros, c’est du voyage entre différents univers et des appareils qui tombent en panne, bien sûr.
Volume 2 : mon Dieu, ça y est, les femmes contre les femmes car elles ne savent que se prendre le bec. Non, je n’ai pas lu la série que sous un angle féministe (même si on ne met pas en veille ses convictions comme ça), ça crève juste les yeux. Les personnages sont définitivement antipathiques, les Amérindiens ont besoin d’une technologie alien pour évoluer (!), c’est vraiment la quête égocentrée d’un homme qui doit sauver ses enfants pour les ramener à sa femme, Femme idéale idéalisée mais toujours trompée. Bref, cette quête est ultra-lourde car on voit tous les choix, toutes conneries, tous les ceci, tous les cela de monsieur l’Homme. Et c’est juste inintéressant.
Volume 3 : mon Dieu, du whitemansplaining dans toute sa splendeur. La couverture de ce volume dit tout de la série. Je n’ai rien compris à l’histoire à part ça, si ce n’est que c’est encore et toujours la rédemption de l’Homme.
Volume 4 : mon Dieu, ces généralités sur les hommes et les femmes, la mère adultère et le pauvre père qui devient à son tour adultère. Et puisqu’on est dans les clichés, je dirais que c’est l’histoire d’un auteur nombriliste qui a construit son histoire autour de son ego tandis que les autres personnages sont au mieux des satellites, au pire des marionnettes.
Voilà-voilà, la chronique est au vitriol, je n’ai rien découvert, je ne suis pas émerveillée, je ne vous souhaite pas une bonne lecture.

Le mari de mon frère 2 : toujours aussi plaisant, ce manga « familial » nous propose de nouvelles situations pour explorer homosexualité et homophobie, qui vont malheureusement encore de pair. En plus, on voit déjà la maman de la gamine, divorcée du héros, et c’est aussi l’occasion d’interroger le lecteur sur le modèle matrimonial standard. Bref, l’auteur Gengoroh Tagame nous prend plutôt bien par la main pour nous guider en douceur sur des sujets de société qui concernent tout le monde.

Jojo’s Bizarre AdventureJojolion 1 : eh oui, déjà la huitième saison de Jojo’s en France, merci Delcourt Tonkam ! Et ce volume d’introduction est foutrement intéressant, les personnages sont drôles malgré eux, les dessins sont clairs… À noter une sorte de fan service avec le personnage de Kira, qui n’est pas inconnu des fans de la saison 4 ainsi qu’une inversion des rôles, puisque cette fois, c’est l’homme – Jojolion, donc – qui est amnésique et à qui il faut tout expliquer, en plus de se trimballer souvent en tenue d’Adam. C’est très prometteur !

Dead Dead Demon’s Dededededestruction 1 : la nouvelle création d’Inio Asano, DDDD, était très attendue au tournant et la critique a été plutôt élogieuse :) Pour ma part, j’ai été tellement traumatisée par Bonne nuit Punpun, répétitif et dépressif à souhait, que j’attends encore avant de me prononcer. Pour l’heure, je dirais juste que cette histoire de SF réaliste où des extraterrestres ont décidé de se poser au-dessus de Tokyo sans rien faire est intrigante et bien faite. Point d’action débridée, on a de la SF attentiste et ce sont les personnages adolescents qu’on décortique. L’occasion pour Asano de traiter son thème fétiche : la jeunesse désabusée. Pour l’instant, c’est subtil, c’est du tout bon !

Mirages d’été : un recueil de nouvelles fantastico-horrifiques assez déconcertantes mais pas dénuées d’intérêt. L’auteur mixe avec brio végétation et animaux à la campagne, érotisme infantile et un peu de surnaturel pour nous délivrer des instantanés de vie un peu perturbants, mais qui valent vraiment le coup d’œil. Avis aux amateurs de bizarre et de dérangeant.

milk and honey : acheté sur un coup de tête, ce recueil de poèmes de Rupi Kaur m’a transportée, énervée, émue et fait réfléchir. Pari réussi, j’imagine. Pourtant, je ne suis pas une grande amatrice de poésie, encore moins quand ça parle d’amour, de rupture et de guérison, mais les mots de Kaur m’ont parlé. Ils sont dans l’air du temps, simples et courts, plutôt percutants, et enrobent des sujets qui m’intéressent, féminisme, amour de soi, consentement sexuel… Le tout accompagné de temps à autre de croquis de l’écrivain. Un petit coup de cœur que je relirais bien et que j’ai donc gardé sur ma « table » de chevet.

 
L’arabe du futur 1–2 : ah, que dire qui ne l’ait pas déjà été sur cette passionnante fresque libyenne et syrienne ? J’avais peur de ne pas comprendre grand-chose de la situation au Moyen-Orient des années 80, mais en fait, il s’agit de l’autobiographie de Riad Sattouf, petit enfant blond qui grandit entre la Bretagne, la Libye et la Syrie : ses parents « mixtes », les membres de sa famille, la nourriture, les camarades de jeux, les jeux, l’école… C’est donc à hauteur d’enfant qu’on découvre un autre monde, avec ses contradictions et ses promesses d’avenir… Fort instructif, rigolo et impressionnant tant les répliques et les mimiques font naturelles (points forts de Sattouf, il faut le dire).

 
Area 51 3–4 : c’est avec plaisir que je continue de suivre les aventures de la détective McCoy, navigant entre monstres folkloriques et intrigues divines. Graphiquement, c’est toujours aussi bluffant et audacieux, avec ces jeux d’ombre et de lumière, ces vues en plongée et contre-plongée et ce bestiaire recherché. Scénaristiquement, ça ne casse pas trois pattes à un canard, mais ce n’est pas caricatural, pas trop prévisible et ça tient bien en haleine. Un excellent titre pour sortir des sentiers battus.

Sotsugyosei 2–3 : le volume 1 de cette série se nomme Doukyuusei et a été chroniqué dans mon bilan estival. L’histoire d’amour entre nos deux lycéens suit donc son cours, avec les étapes classiques que traverse un couple : jalousie, quiproquos et disputes, le tout avec beaucoup de douceur. C’est un peu répétitif, certes, mais ça reste un beau titre avec des personnages attachants.

Labradorescence : on continue dans le yaoï/shônen-aï (et c’est pas fini !) avec ce mini-coup de cœur. J’avoue avoir craqué uniquement grâce à la couverture aux belles couleurs. Et à l’intérieur… c’est encore plus beau, à la croisée entre Clamp et Aki Irie ! L’histoire est anecdotique mais douce et bien construite, réaliste et jolie. En fait, elle est même très pudique et pourrait passer pour de l’amitié-coup de foudre entre un photographe et un médecin. Un titre sans prétention et sans cliché yaoï, et en plus, mieux traduit et avec moins de coquilles que les autres titres de l’éditeur !

Hidamari ga kikoeru : un très joli titre sur la surdité, encore une fois sans trop de clichés, peut-être parce que l’auteure ne savait pas qu’elle allait être publiée dans un magazine yaoï, à la base ? En tout cas, le thème m’a évidemment rappelé Silent Voice, même si dans le cas présent, l’un des deux héros n’est pas complètement sourd, il est malentendant et s’est coupé de ses camarades de fac. Jusqu’au jour où un nonchalant garçon plus tolérant et intéressant que la moyenne le tire de son mutisme volontaire… Un autre petit coup de cœur !

Papa’s Assassin 2 : ça y est, on entre de plain-pied dans une histoire abracadabrante (mais totalement assumée) ! C’est assez drôle et on a au passage quelques questions de société pas trop mal amenées. Plutôt sympa pour passer un bon moment sans se faire mal au cerveau (et sans inceste). Par contre, j’étais persuadée que ce volume 2 serait le dernier mais non, surprise.

L’étranger de la plage : une petite aventure dans une bulle jolie et mignonne mais dotée d’un message vraiment peu clair et d’une narration maladroite et éculée. Pêle-mêle, nous avons des femmes « hystériques », des phrases comme « je reste un homme » ou encore l’homosexualité présentée comme un choix – ce qui contraste avec les dessins presque enfantins. C’est très dommage car le cadre enchanteur de la petite campagne insulaire et les couples (un gay, un lesbien en plus !) avaient de quoi faire de ce titre une petite révolution, mais non, le coup de cœur n’est pas là.

Walking Dead 26 : vingt-six, quoi. Objectivement, ce n’est pas un mauvais volume du tout, il y a même des rebondissements intéressants et de nouveaux éléments assez bien fichus, mais globalement, je suis les tergiversations de Rick avec beaucoup de lassitude depuis au moins dix volumes. Les auteurs n’en finissent plus de nous créer un faux suspens avec Negan, les interrogations sur le pouvoir, l’avenir de la civilisation post-zombie… C’est long, beaucoup trop long.

  
One Punch Man 3–4 : la série qui reste toujours une plombe sur ma pile avant d’être consommée. Et pourtant, c’est hyper drôle, je me marre comme une baleine en découvrant le côté très terre-à-terre de notre (bel) héros chauve, mais le manque d’enjeu me freine terriblement. Voir Saitama terrasser un ennemi après l’autre puis courir après les promos de supermarché, oui mais encore ?

Moonlight Act 18 : vous avez vu cette magnifique couverture ?! Dessous, on a la fin de l’arc sur Tyltyl, qui répond à beaucoup de questions (il était temps, pourrait-on dire) tout en étant très émouvant. Les dessins sont toujours épatants de nervosité et l’intrigue est prête à repartir avec une Schéhérazade conquérante, à ne pas froisser… Une série toujours aussi belle et originale, dans l’univers des contes de tous horizons et tous poils !

Chiisakobe 4 : et voilà, le dernier volume de cette courte série est là. La couverture laisse peu de place au doute : l’amour a percé, malgré les conventions sociales et les traditions. L’auteur poursuit sa réflexion sur la « face » et l’honneur, les relations sociales et le devoir. La demande en mariage indirecte est très émouvante – à mille lieues de ce que je pourrais concevoir – et constitue l’événement principal et de ce volume et de toute l’œuvre. Les dessins sont magnifiques et le grand format lui rend hommage. Une œuvre singulière, intelligente et d’une grande sensibilité dans l’alternance des points de vue narratifs. Encore une autre idée de cadeau de Noël.

Esthétiques du quotidien en Chine : un recueil de courts essais bien intéressants sur des thèmes similaires à ceux consacrés au Japon, chez le même éditeur : la mode, le luxe, la nourriture, la propriété et les rites funéraires. Kleo me demandait si cet ouvrage était accessible aux néophytes, la réponse est oui, à l’exception d’un texte ou deux plus obscurs, qui font appel à des principes philosophiques plus méconnus et plus difficiles à expliquer rapidement. Sinon, j’ai un coup de cœur particulier pour le texte raconté du point de vue d’un appartement shanghaïen, qui voit toutes les modes passer en son sein. Seul petit bémol pour moi, l’absence de légendes pour les belles illustrations et une interrogation, celle de l’utilisation de caractères traditionnels en place des simplifiés. En tout cas, pour découvrir la Chine contemporaine sans se farcir d’énormes monographies, je recommande ! Pour approfondir sa vision du pays, aussi :)

Hanashippanashi 2 : merci à a-yin qui m’a dégoté ce volume 2 à un prix défiant toute concurrence ! Comme toujours avec l’auteur, on est en pleine célébration de la nature, dans le shintoïsme et l’animisme, la vie qui peuple les bâtiments, la force de la mer, les fantômes, les petits détails merveilleux et/ou effrayants du quotidien… C’est dans un autre registre que Mirages d’été, dans le sens où ce n’est pas gore ou déviant, mais très contemplatif et philosophique.

Springald : merci Morgan de m’avoir offert ce one-shot consacré à Jack-Talons-À-Ressorts ! Pour être honnête, je m’attendais à une histoire tout juste passable mais non, la traque du serial killer londonien est très prenante, divertissante et le suspens est bien géré. En prime, on apprend une foule de choses sur la gestation de Scotland Yard et autres éléments culturels britanniques. Le sujet était inattendu mais rondement mené grâce aux recherches fouillées de l’auteur et aux phrases truculentes du traducteur. Une belle surprise :)

    
Oishinbo : ah, le retour du culinaire ! Le premier volume, consacré aux légumes, m’a été offert par a-yin pour mon anniversaire (merci encore) et le deuxième, sur le riz, je me le suis offert lors de mon séjour à Londres. Oishinbo est une très longue série culte au Japon, qui rencontrerait peu de succès dans son format original. C’est pour cette raison que l’éditeur américain a choisi de faire des volumes thématiques : légumes et riz donc, mais aussi râmen & gyoza, cuisine japonaise, saké, sushis & sashimis et izakaya. Narrativement, la structure est assez classique : un prodige de la cuisine doit composer de somptueux menus et se confronte régulièrement à son ennemi juré, son propre père. Chaque chapitre se présente sous la forme « un problème, une solution ». Bon, rien de nouveau sous le soleil, mais ce qui nous importe, c’est la nourriture ! D’ailleurs, ce qui m’a étonnée, c’est que je n’ai pas trop bavé à la lecture, puisque l’accent est mis sur l’approvisionnement des ingrédients et surtout, les thèmes sociaux, entre lobbies, pollution et environnement, plats préparés et place des femmes (si si), pesticides. J’étais loin de m’imaginer une telle richesse et une telle réflexion de la place de la nourriture dans la société ! En tout cas, malgré les graphismes vieillots et les personnages un peu caricaturaux, Oishinbo est une mine d’informations sur l’alimentation japonaise ! J’ai eu une légère préférence pour The Joy of Rice et ses onirigi fabuleux, mais Vegetables est aussi hyper intéressant pour découvrir des légumes inconnus sous nos latitudes. Nul doute que je m’offrirai quelques autres volumes à l’occasion !
 
Nous sommes tous des féministes : « Tu lis quoi, là ? 'Nous sommes tous'… c’est quoi sur l’image ? Sushis ? Nous sommes tous des sushis ? Tu lis un livre culinaire ? ». Monsieur ou l’art de dégommer une couverture et des convictions. Bref, après cette petite introduction, passons à l’ouvrage, qui reprend un discours TEDx qu’a donné Adichie et présente des anecdotes tirées de son quotidien pour arriver aux principes plus universels du féminisme. On a bien sûr l’histoire du chef de classe qui ne peut être qu’un garçon ou encore le serveur de restaurant qui ne s’adresse qu’à l’homme ou encore le voiturier qui ne conçoit pas que ce soit madame qui mette la main à la poche. Bref, des situations qu’on a sans doute tous vécues, qu’on en soit conscients ou pas. Adichie a le bon sens de ne pas s’éparpiller (en même temps, c’est une sacrée rhéteuse), ce qui lui permet de se concentrer sur les questions du sexisme, des privilèges et des bienfaits universels du féminisme, en passant parfois par le cas spécifique de l’Afrique et en étant assez bienveillante sans renoncer à son ironie mordante. Un petit livre rouge bien instructif et très accessible ; je comprends qu’il soit distribué dans des écoles.
Après la transcription éditée du discours, il y a la très courte nouvelle Les marieuses, qui suit une femme nigériane mariée par correspondance ou presque à un médecin nigérian vivant en Amérique qui a ses points de vue bien à lui sur la place des femmes et des Africains… Appréciable mais un peu court et frustrant.

4 commentaires:

  1. Oh, des choses à ajouter à ma PAL ! Même si j'ai arrêté les manga, quand je lis certaines de tes critiques, ça me donne envie de m'y remettre... A voir !
    (Impressionnant, ce bilan)

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    1. Haha, oui tu dis souvent ça, pour les mangas ! Et je comprends que ce soit dur de faire son retour, le marché a tellement explosé.
      Sinon, je n'ai pas lu *tant* que ça mais j'ai quand même bien avancé dans ma PÀL et ça me rassure. Après, oui, le bilan prend du temps, même si maintenant, je me fais de petits mémos sur le téléphone après chaque lecture.

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  2. Après avoir entendu tant d'éloges sur Chiisakobe (dont les tiens), j'ai emprunté les 3 premiers volumes à la bibliothèque, je vais m'y mettre !
    J'aime beaucoup ton avis sur Walking Dead, parce qu'il est valable également pour la série TV !

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  3. Ah oui, en biblio, c'est parfait !
    Walking Dead *soupir* j'ai regardé une saison ou deux, sans être scotchée…

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