Bilan de lecture décembre 2016

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Sandman, Todd Klein (source)
Lectures de décembre…

Fushigi na shônen 1 : un manga signé Kazumi Yamashita qu’a-yin a eu la gentillesse de me prêter en chinois et qui, à travers différentes nouvelles, montre un immortel qui intervient sous la forme d’un petit garçon blond à des moments décisifs de la vie de simples mortels. Dans la première historiette, on a droit à une histoire d’héritage et de jalousie ; la deuxième se passe en Angleterre victorienne et il y est question d’ascension sociale et la troisième montre un champ de bataille et un malicieux renard. J’ai trouvé ce premier volume intéressant mais plutôt prévisible dans son déroulement : à part cet énigmatique garçon qui semble se délecter des conflits humains, je n’y ai rien trouvé de très original. À noter cependant que l’auteure dessine vraiment bien les personnages âgés (et par « âgés », j’entends « centenaires » !) et les situations sanglantes et pleines de tension !


Barakamon 13 : où l’on découvre un nouveau personnage féminin bien sympathique et que j’espère encore voir, mais sinon, je vis ma première déception avec ce treizième volume, que j’ai trouvé trop haché, pas assez structuré. L’histoire avance mais par petits bouts de ficelle par-ci, par-là, sans être aussi bien narrée qu’avant. Mais nul doute que tout sera de nouveau sur les rails au prochain volume !


L’attaque des titans 20 : encore de la baston, des sacrifices et des tactiques un peu simplettes, mais globalement, je ne me suis pas ennuyée et j’ai même hâte de comprendre enfin le secret de ces titans qui terrorisent l’humanité.


Doggybags 12 : un numéro spécial Japon que monsieur m’a fortement encouragée à lire, alors que je ne suis pas cette série française – en dépit de ses très bonnes critiques. Eh bien je ne regrette pas d’avoir pris le temps de le faire ! Certes, les histoires ne sont pas très recherchées, mais elles sont bien sympathiques, jouant sur les légendes et mythes japonais. Graphiquement, c’est superbe et c’est même LE point fort de Doggybags ; la maquette est excellente aussi, avec le faux (?) courrier de lecteurs, les fausses (?) pubs et les vrais faits divers qui font vraiment froid dans le dos. À noter dans ce volume, une nouvelle d’Atsushi Kaneko, dont les œuvres Bambi, Soil ou encore Wet Moon (dont j’ai déjà parlé) ont été publiées en France.

 
   
Golden Kamui 1–3 : en voilà, une nouvelle série que je ne pensais pas aimer. Les couvertures, bien que jolies, me faisaient croire à une aventure classique et testostéronée, sans relief. Erreur ! Car si l’aventure est effectivement au rendez-vous, le cadre suffit presque à justifier l’achat, puisqu’il s’agit des terres glaciales de Hokkaidô ! En prime, les personnages sont certes légèrement stéréotypés mais bien attachants et que ce soit le héros japonais ou l’héroïne aïnoue, le duo fonctionne bien. La lecture est donc un vrai plaisir, avec au premier plan une chasse au trésor et, jamais très loin, une présentation ludique des traditions et croyances aïnoues. L’humour n’est pas oublié, avec un running gag alimentaire (le volume 3 m’a confirmé que non, ce titre n’est définitivement pas végétarien) et des personnages qui font des grimaces absolument hilarantes (qui m’ont rappelé celles vues dans une tout autre œuvre : Psychometrer Eiji). Bref, Golden Kamui, c’est à la fois prenant et instructif. ET c’est excellemment bien traduit.


Ce, La chambre 29 : l’œuvre magistrale de l’artiste brésilien-suisse José Roosevelt est toujours aussi riche et ce volume est plein de suspens, puisque toute l’histoire depuis le début nous est déroulée et expliquée d’une main de maître : les symbolismes, les jeux de miroirs et de mots ainsi que les clins d’œil se font particulièrement nombreux et, pourtant, tout tient la route. Il me tarde de connaître la conclusion, dans 3 volumes, et de tout relire pour mieux profiter des éclairages multiples que l’auteur nous offre sur cette histoire traversée par les rêves, la religion, l’amour ou encore le sexe (rien que ça).


Dorohedoro 20 : enfin, on avance dans l’intrigue mais les personnages se multiplient, si bien que je me perds allègrement ! Je crois bien qu’on tient là l’une des seules histoires à l’ambiance horrifique où on se retrouve avec plus de gens à la fin qu’au début ! Cela dit, l’auteure s’étant calmée sur les allers-retours un peu partout dans Hole (mais pas sur la nudité de son héroïne), le rythme était un peu plus posé et l’humour a enfin refait surface. Par contre, ce qu’on perd au change, ce sont les dessins, bizarrement plus sommaires que dans les volumes précédents.


My Hero Academia 6 : une aventure toujours aussi agréable mais à laquelle je ne suis pas très attachée. Et pourtant, il n’y a aucun défaut, tout est très « fun », je lui reproche surtout un manque de vraie profondeur dans le scénario et d’épaisseur chez les héros (hormis les histoires de vengeance et de conflits familiaux vues mille fois ailleurs). J’ai plutôt l’impression de voir se succéder des tours de passe-passe bien foutus, mais sans âme. Je ne suis pas sûre de continuer cette série car je lui ai quand même bien laissé sa chance, mais bon, si je change d’avis, ils sont quand même à la maison grâce à monsieur !


 
Mokke 8–9 : déjà la fin de cette chouette série sur deux sœurs qui sentent/voient les esprits surnaturels. D’ailleurs, ce n’est presque pas une fin : on voit simplement la petite sœur grandir et la grande sœur devenir adulte, continuant leur vie, un peu plus lestées de questions de responsabilité et d’héritage. En tout cas, cette série a été un plaisir à lire, pas forcément un coup de cœur, mais reposant, instructif, drôle et atypique. Merci a-yin pour le prêt.


Wandering Son 4 : j’ai été prévenue, c’est à partir de ce volume que l’intrigue devient répétitive et c’est vrai, j’ai eu une impression de lourdeur et de rabâchage au cours de ma lecture. La multiplication des titres « -chan », « -kun » et « -san » m’a passablement énervée, rajoutant de la lourdeur là où il n’y en avait pas besoin. Les dialogues entre les différents personnages m’ont aussi paru plats, servant ces disputes et réconciliations incessantes et inintéressantes. Ça fait plutôt peur pour la suite car j’y retrouve les défauts qui m’avaient fait arrêter la lecture de Fleurs bleues, de la même auteure.


Wandering Son 5 : l’arrivée de deux nouvelles filles formant un duo à la Sailor Neptune/Sailor Uranus me fait craindre le pire, mais finalement, elles sont assez sympas même si je commence à avoir du mal à distinguer tout ce beau monde. En revanche, les situations improbables, comme la pièce de théâtre, m’ont irritée : on dirait qu’elles ne sont là que pour les besoins du scénario et elles manquent fatalement de naturel. Et après les « -chan », « -kun » et « -san », j’ai découvert avec horreur que même « arigatô gozaimasu » a été laissé tel quel, pour une raison qui m’échappe si ce n’est le fétichisme de la langue japonaise. Bref, autant d’éléments que je trouve regrettables car sinon, ce manga est vraiment appréciable, voire nécessaire, tant il pose des interrogations pertinentes sur le genre chez les pré-adolescents, sans aucun jugement, en montrant petit à petit le poids de la société se faire plus gênant.



Wandering Son 6 : encore un nouveau personnage, adulte cette fois, dont je me demande s’il est faussement naïf ou vraiment niais. Autant dire que je ne suis pas trop emballée, à part par l’histoire de la gamine qui essaie de vivre dans la foi (chrétienne) et est intéressante. À noter sinon que « shifumi » et « sobacha » sont traduits ; les choix de traduction sont incompréhensibles.


Wandering Son: tiens, retour des japonismes avec « boku / watashi » et « omae / kimi » tels quels dans les phylactères, youhou ! L’intrigue redevient intéressante mais sa lenteur a eu des effets assez mortels sur moi, j’ai eu l’impression de lire 100 fois les mêmes situations, mais en même temps, les enfants n’ont pas toujours des vies palpitantes (les adultes non plus), c’est bien normal. Par contre, comme il n’est pas sûr que le manga continuera d’être publié aux États-Unis, c’est difficile de se motiver à le lire :(


Wandering Son 8 : toujours les mêmes événements, à savoir le port d’un uniforme masculin pour l’héroïne principale, des prises de bec avec une autre fille jalouse, les fameuses virées au karaoké… Les dialogues sont tellement fugaces que je me demande s’ils sont réalistes ou superficiels. La fin débouche enfin sur quelque chose d’intéressant, mais évidemment, point de volume 9 à l’horizon, snif !


Wildwood Chronicles : au secours, je sens que ce roman jeunesse va me faire souffrir. Au bout de 200 pages, je ne sais toujours pas ce que j’ai lu. Il y a une vague histoire de monde fantastique à la lisière de la ville de Portland, il y a un petit garçon perdu que tout le monde recherche, il y a le North Wood et ses corbeaux et le South Wood et ses coyotes (ou l’inverse), il y a une petite fille et un petit garçon, voilà ce que j’en ai retenu ou presque. M’enfin, je me plains au bout de 200 pages alors que certains, sur GoodReads, ont abandonné au bout de 300 pages, annonçant que c’est là un roman de hipster de Portland pour hipsters de Portland. N’étant ni l’un, ni l’autre, je lui ai trouvé trop de détails, j’ai été noyée par une foule d’informations sans hiérarchisation aucune, et plus l’auteur (chanteur des Decemberists) (connais pas) les égrène, moins je suis emportée. Malgré les 600 pages que comporte ce bel objet, je ne lui trouve aucune épaisseur, les faits et les personnages sont posés et du coup, les mots s’enchaînent sans faire sens. Le tout est un peu trop ambitieux, ou prétentieux.
Côté personnages, le petit garçon rejoint à peine un combat qu’il a déjà un plan génial et surpasse la gouverneuse censément forte. D’ailleurs, la gouverneuse, il l’appelle par son prénom et la gouverneuse, c’est une mère qui ne parvient pas à surmonter la peine d’avoir perdu un enfant et s’est lancée dans la magie noire, c’est pas-du-tout cliché… Alors que la petite fille, qui semble pourtant plus dégourdie, se fait expliquer sagement la situation et doit déjà se cacher… Enfin, j’ai noté certains illogismes, comme le fait que le gibier mange du gibier et qu’un automate ne se sait pas automate.
En gros, je suis moyennement emballée mais je poursuis quand même ma lecture, des fois que.


Atom The Beginning 2 : allez savoir pourquoi je lis ce manga alors que je ne suis pas du tout fan de mecha/robots, que le dessin et la narration sont empreints de maladresses et que l’ensemble est un peu gauche. Peut-être parce que l’auteur semble plein de bonne volonté et que le côté vieillot me charme pas mal. Le sort de cette série est encore incertain mais dans tous les cas, je la trouve plutôt agréable, à défaut de casser trois pattes à un canard.


Billy Bat 19 : un volume qui se lit vraiment bien et où on retrouve des personnages bien attachants et fait le grand écart entre les États-Unis, le Tibet et le Pays basque. L’histoire avance, le mystère de la chauve-souris se dévoile de manière palpitante et les dialogues sont truculents grâce à la traduction de Sylvain Chollet. Une belle lecture, une œuvre maîtrisée de bout en bout.


The Wicked + The Divine 1 : à force d’entendre Midnight Peanut parler de ce comics, j’ai eu envie de le lire et c’est encore une fois a-yin qui s’est chargée de me le fournir. Bilan : je suis TRÈS contente d’avoir découvert WicDiv, une œuvre qui me rappelle à bien des égards le Sandman de Gaiman (les dieux parmi nous, bourrés de défauts, qui se nourrissent de notre adoration), le fait d’avoir des dieux calqués sur Kanye West ou Florence+The Machine est à la fois bien trouvé et moderne. Graphiquement, c’est aussi plaisant, avec des couleurs qui pètent de partout et un découpage audacieux. Côté narration, c’est un peu lourdingue mais juste un peu (trop de voix intérieure), mais globalement, c’est une œuvre fascinante, fraîche et intelligente. L’avis de Slate explique mieux que moi ce qu’est WicDiv, le « sexy » en moins.


The Guild : un comics acheté un peu par hasard à Bristol, en août dernier, et dont je n’attendais pas grand-chose. Alors que je croyais que c’était un numéro anecdotique tiré de la websérie du même nom créée par Felicia Day (l’une des tueuses de la nouvelle génération dans Buffy), il s’agit en réalité d’un préquel à la série : comment l’héroïne s’est-elle mise aux MMORPG et qui est son entourage ? J’ai beaucoup aimé l’humour noir de ces sociopathes qui se retrouvent à coopérer dans un jeu en ligne. Ce fut au final une très bonne surprise.

    
      
Brainstorm' Seduction 1–5 : on admire au passage la coquette apostrophe après « Brainstorm » dans le titre français alors que les Japonais n’ont droit qu’à « Nônai Poison Berry » :D Commencée dans le train et terminée une nuit de grande insomnie, ma dernière série de 2016 m’a en fin de compte pas mal déçue. Pourtant, l’idée de base m’avait beaucoup séduite, avec ce comité central dans le cerveau de l’héroïne qui préside à chacune de ses décisions, un peu comme les bonshommes du film d’animation Vice Versa, en moins manichéen. Je m’attendais donc à une gentille comédie romantique, mais en fait, l’histoire se fait par moment plus déprimante et sérieuse, sans réussir à atteindre le degré de drame et de crédibilité d’un Complément affectif de Mari Okazaki.
Les héros sont quasiment tous à baffer, en commençant par l’héroïne, 30 ans en vrai, la moitié dans la tête. Ça faisait longtemps que je n’avais pas lu d’histoire avec des cruchasses de première dedans. Son amoureux est un artiste agaçant, puéril, narcissique, orgueilleux, bref, la caricature assumée de l’artiste.
L’histoire avance très lentement, la drague me semble un peu improbable et sans grand charme, mais elle a quand même quelque chose d’accrocheur. Peut-être les relations amoureuses japonaises qui y sont dépeintes ont-elles quelque chose de fascinant dans leur pragmatisme et leur calcul. En effet, il n’y est pas question de « trouver » son âme sœur mais de le « devenir », de ne pas embarrasser l’autre, de garder la face et de considérer avec sérieux le mariage qui approche avec l’âge. Autant de considérations déprimantes mais intéressantes, sauf qu’elles sont coupées par des enfantillages avec cette héroïne passive au possible – même si son comportement nous est expliqué – le pompon étant atteint au volume 4, où elle réussit à dire « merci de m’avoir grondée » après s’être fait engueuler comme du poisson pourri.
Le volume final m’a beaucoup étonnée : l’héroïne ouvre enfin les yeux sur son amant artiste pour se jeter dans une relation plus constructive mais pas franchement passionnée. Complètement déprimant.
En bref, c’est une courte série pas mauvaise, mais très inégale, à la fois très froide dans son réalisme et très gamine dans les réactions de l’héroïne, et certainement pas ce que l’auteure, Setona Mizushiro, a fait de mieux (à savoir L’infirmerie après les cours, Le jeu du chat et de la souris, X-Day pour certains…).
Quant à la traduction, elle est aussi inégale, faisant parler le comité cérébral tantôt au « on », tantôt au « elle », enchaînant des répliques parfaitement idiomatiques et des horreurs comme « ne te force pas à avoir de la tenue ». Dommage.

5 commentaires:

  1. J'ai très envie de lire "The Wicked + The Divine", depuis les deux chroniques, celle de Slate et celle du Monde. Pourtant, je n'ai jamais été très fan des comics, mais j'aime bien l'idée et le graphisme me rappelle un peu celui de "The Authority". Probablement à lire dans les mois qui viennent.

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    1. Ca pourrait te plaire =D
      Et je te les prête volontiers, tiens.

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    2. Avec plaisir, mais... quand j'en aurai fini avec mes parasites !

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  2. Je continue doucement barakamon, l'ayant mis de côté pour bride stories.
    Ça me dit bien golden kamui, j'irai jeter un coup d'oeil.

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    1. Haha, je confesse aussi une nette préférence pour Bride Stories même si les deux titres n'ont rien à voir à part leur qualité et leur éditeur.
      Golgen Kamui est vraiment bien mais il y a des scènes de dépeçage d'animaux et de dégustation de cervelle. Je préfère te le dire, car ça peut choquer. Perso, ça ne me gêne pas trop (ça a juste pas l'air ragoûtant), vu le contexte. C'est pas une promenade dans un abattoir, quoi. Bon appétit.

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