Bilan de lecture : janvier 2017

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(En vrai, je ne sais pas qui lit avec un cactus au niveau des mains, m’enfin) (sans parler du café super dangereux !)
Bref, en janvier, je n’ai pas atteint mes objectifs de lecture : je n’ai pas du tout réussi à avancer dans Wildwood qui me rebute de plus en plus, et je n’ai pas non plus trop avancé dans mes magazines, même le Flow qui se lit super vite. En revanche, j’ai encore fait la part belle aux BD de tous horizons et à un très, très beau recueil de nouvelles que j’ai déjà trouvé le temps de chroniquer !

10 Dance : un yaoï aux très beaux graphismes mais malheureusement, le sujet de la danse ne m’intéresse pas du tout. Côté scénario, c’est le coup classique des deux mecs différents qui se retrouvent à bosser ensemble et qui ressentent une certaine attraction physique. Mouais. En plus, il y a de ces clichés sur les étrangers qui auraient « le rythme dans la peau » et des parodies de personnes travesties, on a vu plus tolérant ! En fait, toute l’œuvre joue sur le côté interdit de la relation (pour des raisons avérées ou montées de toutes pièces) et je suis même surprise de voir les deux femmes s’en tirer aussi bien (c’est-à-dire mal, mais bien quand même). Enfin, la narration n’est pas claire du tout et la traduction assez brouillonne. Je retiens donc encore une fois les dessins sensuels (sans atteindre le niveau d’un Tango de l’auteure est em) et les blagounettes parfois drôles. Mais je n’ai aucune envie de poursuivre ce titre. Merci quand même à a-yin.


 
Les enfants de la baleine 1 + 2 : encore une fois, j’ai été attirée par les dessins, très délicats et doux, pleins de mélancolie. Ce monde futuriste (?) où la population à l’espérance de vie plus que limitée vit au gré de son baleine-vaisseau est plutôt bien construit, sinon intrigant. Les personnages sont, eux, un peu plus prévisibles, mais ils servent bien l’histoire. D’ailleurs, je ne m’attendais pas à une telle violence et cruauté, trompée que j’étais par leur apparence enfantine et asexuée. Une série dont l’ambiance me fait penser à La musique de Marie et que je pensais finie en 2 volumes, alors que pas du tout, il y en a au moins 8 ! J’hésite encore à me lancer dedans, étant plutôt séduite sans être complètement convaincue. Merci à a-yin pour le prêt.


 
Chicago 1 + 2 : merci encore à a-yin de m’avoir prêté cette série bel et bien finie en 2 volumes de Yumi Tamura, l’auteure de Basara et de 7 Seeds en France. Comme ça se voit peut-être sur les couvertures, Chicago est publié aux États-Unis, mais n’a pas traversé l’Atlantique. Le premier volume nous plonge dans un monde post-apocalyptique intéressant, malgré ses quelques incohérences : une énorme moto qui déboule dans une zone où la machinerie lourde est interdite, la cigarette sur les décombres d’un séisme ne me paraît pas recommandée et le lance-roquettes sorti de nulle part, par exemple. Malgré tout, l’histoire de ces personnages, classiques mais attachants, qui se retrouvent à travailler pour une agence secrète sur une affaire de kidnapping est prenante et laisse augurer du meilleur. Le second volume m’a laissé une impression plus mitigée ; je trouve qu’il en fait trop, beaucoup trop : le passé tragique vu mille fois, le triangle amoureux qui se met en place et m’ennuie à mourir… J’ai eu l’impression de voir des ados qui jouent à la guerre et encore une fois, je me demande si tous les éléments doivent nécessairement être connectés. Si je gratte un peu plus la surface, je trouve un discours un peu nauséabond, celui d’une société secrète qui fait justice elle-même, d’un groupe extrémiste fasciste qui lutte contre le déclin de la société mais en étant financièrement soutenu par des conglomérats qui ont main dans l’industrie du bâtiment et dans la mafia, d’un étrange ensemble de personnes clamer que leur but, c’est de sauver des vies… C’est plutôt inquiétant, alors que l’histoire de l’avènement d’une nouvelle société n’est pas inintéressante en soi. En fin de compte, tout ça n’a que peu d’importance car le projet Chicago s’est arrêté là où il aurait dû prendre son envol, avorté par l’auteure qui a préféré se consacrer à 7 Seeds, dont la trame est bien plus aboutie. Hélas, malédiction sur malédiction, en France, l’éditeur Pika a arrêté les frais au volume 10, sur une petite trentaine de volumes actuellement au Japon !


Sweet Tooth 3 : quelle belle conclusion pour cette aventure « humaine » (ou disons, pleine de valeurs humanistes ^^) ! Au terme d’une aventure emplie de trahisons, d’amitiés, de guerre et de paix, puis de survie et de perpétuation de l’espèce, on a un profond sentiment d’accomplissement, que viennent renforcer les dessins de Jeff Lemire. Au final, plus que d’aventure, il est question de transmission du patrimoine et de l’Histoire, sur fond de mythologie, de dieux en colère qui annoncent l’ère d’hybrides mi-animaux, mi-humains. À noter en fin de volume, une interview très intéressante où l’auteur explique que selon lui, l’humanité est foutue mais qu’heureusement, on peut compter les uns sur les autres. Ça m’a parlé :)


Jojolion 2 : l’histoire suit son cours avec un nouveau cadre, celui du manoir où le héros est enfermé, son lot de nouveaux secrets et mystères, son nouveau personnage bien irritant et son fan service avec un possible retour de Kira, le terrible tueur méchant de la saison 4 – Jojolion étant la saison 8. Je n’ai pas été aussi emballée qu’à la lecture du premier volume, plus centré sur les deux protagonistes et l’amnésie du premier. Mais je fais confiance à l’auteur pour nous pondre des situations abracadabresques.

 
Le monde selon Uchu 1 + 2 : une série en deux volumes que monsieur voulait m’offrir mais que j’étais persuadée de ne pas aimer. Erreur, j’ai adoré ! Déjà, l’intrigue bien intéressante, où un lycéen se rend compte qu’il est un personnage de manga et va contaminer ses petits camarades avec ce nouveau savoir : des phylactères apparaissent au-dessus d’eux, les personnes-personnages sont en 2D et en noir et blanc. Ensuite, les dessins atypiques, un peu gribouillés, mais non dénués de charme, avec des expressions faciales très fortes. Le propos est intelligent, l’auteure revisitant et interrogeant les codes du manga : le jeune héros courageux de shônen, les jeunes filles en fleur des shôjô… La narration elle-même s’en trouve chamboulée, pleine de tournants et de ressorts inattendus. Au final, dans ce « manga dans le manga », il s’agit de faire se rencontrer la créature et son créateur, de casser le quatrième mur tout au long des deux volumes, d’amener une réflexion sur les codes du manga et le pouvoir de l’image, le tout sans lourdeur. Au passage, l’auteure réussit à caser deux recettes qui m’ont donné l’eau à la bouche : les fraises au lait concentré et les nouilles à la mayo, ahem. Enfin, il faut vraiment saluer le travail d’adaptation graphique complet, de la couverture aux numéros de page, sans oublier le sommaire, et la traduction impeccable de Sébastien Ludmann, pour ne pas changer. Typiquement le genre de petite série que j’offrirais à quelqu’un persuadé que le manga, c’est des petites culottes et/ou des romances. Merci à a-yin pour le prêt.


   
Dans l’intimité de Marie 2, 3 et 4 : après un premier volume intrigant, je suis maintenant définitivement convaincue qu’on tient là une œuvre de type thriller, mais pas le moins du monde « social » comme je l’ai lu ! Dans l’intimité de Marie s’inscrit très peu dans la société, la question du harcèlement de rue ou encore du sexisme n’étant qu’effleurée, au mieux. Bien sûr, à aucun moment, l’auteur ne prétend faire un manga féministe – c’est un polar prenant et c’est déjà pas mal – mais du coup, sans cette réflexion nécessaire quand on traite un tel sujet, on se retrouve inévitablement avec des stéréotypes de genre, par exemple la fille soudain atteinte du syndrome des couilles de cristal pour tout changement de comportement ou presque. Dommage, car du coup, je suis beaucoup moins intéressée.


        

Onmyôji 2, 3, 4, 5 et 7 : pas de volume 6 car désormais introuvable, à moins d’accepter de cracher quelques centaines d’euros. Et je le regrette car cette série m’avait attirée dès sa sortie mais 15 € le volume pour l’étudiante que j’étais, c’était trop, et je n’ai pensé à m’y remettre que récemment. J’ai commencé directement par le volume 2 car j’avais encore des souvenirs du volume 1. L’onmyôji est un maître du yin et du yang et celui que nous suivons, Abe-no-Seimei, évolue avec grâce et clairvoyance dans l’époque de Heian, aux alentours du Xe siècle. Onmyôji est une œuvre exigeante, surtout destinée aux amateurs de folklore japonais, qui mêle bien sûr la pratique de l’onmyôdô à des principes bouddhistes et taoïstes, le tout sur fond de cour de l’empereur, avec ce qu’elle comporte de seigneurs et de courtisanes. Les dessins sont de toute beauté (malgré un grain bizarrement grossier de temps en temps, que je ne saurais attribuer à l’impression) et grouillant littéralement de détails qui donnent corps aux non-dits. Certes, il faut lire activement les multiples notes et informations contextuelles pour progresser dans l’écheveau complexe d’intrigues, mais quel bonheur pour le lecteur et quelle érudition chez les auteurs, Reiko Okano aux dessins et Baku Yumemakura au scénario. L’absence du volume 6 ne m’a pas trop gênée car les histoires contenues dans chaque volume sont complètes, en revanche, le volume 8 et les suivants qui tardent à paraître m’inquiètent beaucoup plus…


La ménagerie de papier : chroniqué en détail ici !

Nobles Paysans 4 : un volume où on s’amuse toujours autant mais qui est aussi plus gore, avec de la barbaque à tout va, et même jusque Mars – merci l’auteure et son imagination fertile :D Les anecdotes se font de plus en plus nombreuses : le père rerererecousu au gré de ses accidents, les mariages agricoles (attention à la célibataire qui réceptionnera l’énorme bouquet de fleurs si la famille est dans l’horticulture !) et la vie des vaches en hiver. Bref, toujours un plaisir à lire, en plus d’être instructif.


  
Pline 1 + 2 : encore un autre titre que j’attendais comme le Messie ! Car, connaissant l’amour de Mari Yamazaki (Thermae Romae, PIL, Giacomo Foscari en France) pour l’Italie – petit aparté pour dire que cette mangaka a quitté son pays natal pour aller vivre la vie italienne à DIX-SEPT ans ! – un manga basé sur Pline et son Histoire naturelle ne pouvait qu’être magistral. Et effectivement, avec Tori Miki aux décors d’arrière-plan, elle brosse un portrait très vivant de cet érudit bon vivant parfois affabulateur, ou encore de Néron, qu’elle réussit à nous faire voir différemment. On a là une trame de manga assez classique, avec un scribe un peu ingénu qui sert de lien avec le lecteur (comme Angelo dans Cesare, de Fuyumi Sôryô) et lui fait découvrir l’Histoire de manière tout à fait didactique et intéressante. Et en prime, dans les nombreuses interviews, on se familiarise avec la réflexion de Yamazaki et Miki qui, à l’image du farceur Pline qu’ils mettent en scène, nous interrogent sur la véracité des sources. Enfin, la traduction est sympa, peut-être un peu « forcée », mais soignée et vivante.

De la tarte de citron, du thé et des étoiles : comment résister au titre de l’ouvrage de Fanny Ducassé, que je découvre grâce à Armalite ? Le livre est un joli objet tout en longueur, mais dommage qu’à l’intérieur, le papier soit brillant ! Un papier mat aurait, à mon avis, mieux mis les beaux dessins en valeur. Car c’est surtout pour eux que j’ai acquis ce livre pour enfants (?). Le texte, lui, est sympathique sans être particulièrement original ou poétique. Mais cette délicatesse dans les couleurs et les détails, je suis fan !




Idéal standard : un achat pas du tout prévu mais que je ne regrette pas ! Dans cette BD, Aude Picault (que je lis pour la première fois) raconte de manière tout à fait subtile la quête d’amour d’une jeune fille « normale » et son désenchantement. Petit à petit, on s’interroge sur le modèle du couple, la répartition des rôles, les différentes pressions qu’on fait subir aux hommes et aux femmes… Peut-être que les lecteurs déjà très informés sur le sujet n’apprendront rien, mais toujours est-il que j’admire la simplicité apparente avec laquelle Picault a su mettre tous ces thèmes capitaux dans une histoire qui se lit aussi bien. Petit aparté aussi pour dire que j’aurais aimé que ma mère soit tombée sur un service de néonatologie aussi bienveillant…

Le mari de mon frère 3 : encore plus prenant car on rentre pour de bon dans la vie personnelle de Mike, le mari canadien. Son séjour au Japon se prolongeant, on sort enfin des situations de base pour suivre la petite famille le temps d’un séjour à Hakone (en plus, j’y étais, ça aide pour l’immersion !). Et bien sûr, on apprend au passage des subtilités de la culture japonaise et/ou gay, ce qui fait que le manga atteint le double objectif d’être agréable à lire et instructif. Enfin, pour ceux qui hésiteraient à se lancer dans cette série, sachez qu’il ne devrait pas y avoir un nombre de volumes monstre !


Erased 8 : ça y est, on tient la conclusion d’un des meilleurs thrillers – tous supports confondus – que j’ai eu l’occasion de découvrir ! Le dénouement est prévisible, puisqu’on a la confirmation de l’identité de l’assassin depuis le précédent volume, mais la fin n’en est pas moins jolie, avec sa petite morale sur la vie :) Je regrette juste un peu cette histoire de lignes temporelles mais il se peut que je sois passée à côté de quelque chose ; je relirai le tout à l’occasion. Autrement, si je ne me trompe pas, il va y avoir un volume 9 avec des histoires annexes.

Wildwood Chronicles : j’en suis à peu près au stade où je me maudis d’avoir commencé ce roman, si ce n’est carrément l’auteur de l’avoir pondu. Où a-t-il appris que chaque nom devait être accolé à un adjectif, d’ailleurs ?! D’où sort-il ces running gags pas drôles ? Je n’ai aucun plaisir de lecture ni aucune envie de poursuivre, mais je le ferai jusqu’à ce que mort s’ensuive. À raison de 2 pages par semaine, j’aurai fini dans 150 semaines, pour mes 33 ans.

4 commentaires:

  1. Concernant le dernier, tu n’arrêtes pas quand la lecture est si dure ?

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    1. J’ai une résistance assez élevée, étonnamment !
      Je ne lâche l’affaire que lorsque les idées sont vraiment nauséabondes à mes yeux et que j’ai envie d’étriper l’auteur(e). Sinon, en général, je m’accroche, quitte à revenir plus tard. Ça doit venir de la peur de louper qqch, et parfois, je fais bien car je finis par découvrir des perles, comme Among Others/Morwenna de Jo Walton, adoré au bout de 100 pages seulement (sur 200 ou 300 à tout casser !).

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  2. Le mari de mon frère et erased me disent vraiment bien, ils sont d'ores et déjà dans ma wishlist mangas !

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    1. Ah, contente si j’ai pu te convaincre :)

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