[Restaurant] An Di An Di (Paris XX)

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Jeudi dernier, j’ai réalisé l’un de mes rêves et objectifs d’avril, à savoir déjeuner chez An Di An Di, un restaurant franco-asiatique qui a ouvert ses portes fin 2014. Si les critiques sont toujours élogieuses depuis bientôt 3 ans, je n’avais jamais eu l’occasion de m’y rendre. En effet, je voulais profiter des formules déjeuner mais le restaurant n’ouvre que le jeudi et le vendredi midi et je ne passe pour ainsi dire jamais dans le quartier de Ménilmontant, si bien qu’il m’a fallu m’y prendre à l’avance et réserver pour être sûre de ne pas passer à côté de l’expérience. Maintenant que c’est chose faite, je vais pouvoir vous raconter !

Tout d’abord, je dois préciser que je ne suis pas trop portée sur la cuisine « fusion », que je trouve souvent un peu foirée, même dans les plus grands palaces dont je tairai le nom. Et pourtant, An Di An Di m’a toujours tentée : les plats aux intitulés simples, la mention sobre mais parlante de « cuisine métissée », le compte Instagram à l’activité un peu sporadique mais toujours intéressante… Ça ressemble à de la valeur sûre et non à du bling-bling marketing (oui, ça rime).

Du coup, je me réjouissais de mon déjeuner et en plus, monsieur m’a dit qu’il pourrait s’arranger pour venir avec moi – histoire de fêter nos 10 ans d’histoire commune. Bon, en fin de compte, le travail s’est rappelé à lui, donc j’ai déjeuné en solo, mais j’ai pu plus me concentrer sur mon assiette.

La carte est plus que courte : quatre entrées, trois plats et trois desserts au choix. Le duo entrée/plat ou plat/dessert s’élève à 15 € et le combo des trois, à 20 €. Comme je suis venue pour goûter à tout, je ne me fais pas prier pour choisir la totale.

En entrée, il y a le choix entre une salade de pomelo, tranche de magret fumé et crevette ; des acras de tofu soyeux, piment, mayonnaise et saté ; une terrine de bœuf épices pho et des poireaux vinaigrette vietnamienne. Logiquement, mon choix devrait se porter sur les acras, même j’en ai déjà mangé avant-hier et je sais que j’en reprendrai le lendemain… des acras de morue, certes, mais des acras quand même. Et puis la sauce ne me dit trop rien. La salade me tente bien, mais croyez-le ou non, je n’arrive plus à me souvenir du goût du magret fumé. Impossible de me représenter la chose.

Du coup, je passe au choix des plats. Au menu : des aiguillettes de canard croustillantes orange basilic, radis blanc caramélisé et bok choy ; de la poitrine de porc croustillant, purée de patate douce et fenouil rôti et un filet de maigre, semoule de chou-fleur coco saté avec risotto aux champignons. Si j’étais assez sûre de commander du maigre avant de m’installer, la semoule de chou-fleur et le « coco saté » me refroidissent assez vite. Sans faire une allergie au chou-fleur, je n’en suis généralement pas fan ; quant à la noix de coco, j’étais assez bonne cliente dans mon enfance, puis j’ai passé trop d’années dans l’usine de pâtisserie familiale à humer de la noix de coco, ce qui m’a complètement dégoûtée de la chose. En outre, le mélange poisson, semoule et risotto ne me parle pas trop, mais c’est tout à fait personnel. Ce qui me laisse le canard et le porc. Comme j’étais une grande amatrice de canard avant d’arrêter la viande, j’opte pour les aiguillettes les yeux presque fermés, d’autant que la purée de patate douce… je n’aime pas non plus des masses ! C’est fou comme un seul menu me fait me rendre compte que je ne suis pas aussi facile que je le croyais.

Retour à l’entrée : je ne veux pas avoir deux fois du canard, les acras ne me tentent toujours pas et les poireaux, bof, ça ne me semble pas transcendant (j’ai sûrement tort mais je ne le saurai peut-être jamais). Donc allez, hop, la terrine de bœuf. Ce sont surtout les « épices pho » qui font pencher la balance, ce qui est étrange car je ne raffolais pas de cette soupe vietnamienne mais depuis le végétarisme, son fumet me rend nostalgique (car bien que je n’aie pas du tout d’origine vietnamienne, c’est un plat couramment consommé chez les Asiatiques d’une manière générale). Je ne crois pas avoir déjà mangé de la terrine de bœuf avant ça et j’ai un peu peur d’avoir un excès de viande.

Pour ce qui est du dessert, le serveur m’annonce une crème brûlée au sésame (bof, pas le summum de l’originalité), une tartelette chocolat et piment doux (bof, suis pas très chocolat en dessert) et un dessert au tapioca et à la mangue, zou, ce sera celui-là.

L’entrée finit par arriver :
Visuellement, c’est plutôt réussi :) Et en bouche ? Pareil. La consistance est comme il faut et la texture aussi, un peu filandreuse. Je sens bien le bœuf et aussi le pho, c’est vraiment la soupe mise en pâté. Et surtout, c’est très original. Avec du pain, c’est assez savoureux, en revanche, sans, c’est un peu sec et peut-être un peu fade. Mais c’est une histoire de goût et c’est fait pour être mangé avec du pain, donc bon. Les pousses de radis (??) sont bien amères et délicieuses et l’oignon rouge est confit, belle surprise. Je suis plutôt enchantée et confiante pour la suite.


Entre l’entrée et le plat, j’attends un peu, sans mourir de faim, d’autant que la corbeille de pain se remplit sans que je demande quoi que ce soit. Le temps me paraît quand même un poil long mais c’est peut-être parce que je suis seule. Du coup, après avoir tripatouillé mon téléphone dans tous les sens, j’observe la déco : c’est très joli et sobre, bien que beaucoup plus petit que je le pensais – sûrement car le resto fait l’angle. Au mur, un papier peint bleu indigo, japonisant, avec des vagues, les tables et chaises sont en bois clair et le lieu est lumineux et ouvert. Très chouette. Quant au service, si ce n’est pas le plus rapide que j’aie connu, il sait être efficace et discret, sans chichi.

Je suis quand même bien contente quand mon plat arrive :
Je tranche directement dans le canard – au diable, le végétarisme, ce midi – et il est vraiment très bien cuisiné. Tendre mais pas trop, peau bien croustillante, sauce orange/basilic bien dosée bien que le basilic aurait pu s’imposer plus, un délice. Cela dit, je me rends compte que je n’ai plus franchement le goût de la viande, aussi bien préparée soit-elle. Mais je boulotte quand même le tout à vitesse grand V, d’autant que la quantité n’est pas faramineuse, sans être chiche. En attendant, les radis blancs sont excellents, ayant bien absorbé le jus (au beurre ?), et je me dis qu’il y aurait quelque chose à creuser, en plat végétarien. Par contre, le bok choï me déçoit : il est un peu quelconque, tant dans sa préparation que dans sa présentation. D’une manière générale, je trouve ce plat bon, mais il lui manque un petit quelque chose, une unité visuelle et gustative peut-être. Tout est très bon individuellement, mais ça manque peut-être de riz liant. Encore une fois, c’est un avis plus que subjectif, mais je reste un peu sur ma faim.

Enfin, le dessert :
Chouette, il y a des grains de grenade, j’adore ce fruit ! J’aime bien aussi la présence de sésame et de cacahuètes, et je note que le tapioca est sous forme de boules et non de billes. Quant à la mangue, elle a le goût des africaines et non des asiatiques, ce qui rend cette verrine peu sucrée et bien fraîche – un bon point. Mais je dois avouer qu’elle ne me marque pas plus que ça.

Au moment de payer et de partir, je vois que la dame à côté de moi a commandé des acras de tofu et je me dis que j’ai bien fait de choisir la terrine.
Et le tour aux toilettes me confirme le bon goût de l’endroit, entre les numéros de 180° et le joli tableau.




En conclusion, je ne cache pas ma légère déception mais je ne peux décemment pas déconseiller l’endroit. La nourriture est bonne, c’est un sans-faute du début à la fin, les prix me semblent corrects, mais je pense que d’une part, j’en attendais trop (depuis 2015…) et d’autre part, je pensais aussi voir une plus grosse part de folie dans le choix des ingrédients et dans le métissage franco-asiatique. Ça confirme effectivement que le chef a choisi la carte de la sobriété. Il est aussi possible que je sois moins habituée à la viande qu’avant, bien que – comme je le dis souvent – j’en mange un peu chez mes parents. Mais presque plus du tout au restaurant, ce qui change sans doute la donne.

L’équipe exclusivement asiatique et/ou d’origine asiatique a l’air bien sympathique aussi, en tout cas, je me suis sentie très à l’aise (pas autant que dans un boui-boui, mais comparons ce qui est comparable). Je pense avoir passé plus de temps qu’escompté sur place, un peu plus d’une heure au total, mais on ne pourra pas dire que je n’ai pas savouré :)
Dans l’immédiat, je ne compte pas retourner dans ce restaurant, ni seule, ni accompagnée, mais sait-on jamais… Parfois, il suffit d’une nouvelle création bien alléchante pour me faire changer d’avis :)


An Di An Di
9 Rue du Liban
75020 Paris
Métro : Ménilmontant (ligne 2)
Ouvert du mardi au samedi soir
et le jeudi et le vendredi midi
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