Végétarienne du dimanche

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Gros silence après mon bilan de végétarisme à 1 an et à 2 ans, ou encore mon premier gros écart lyonnais raconté ici, et pourtant, ce n’était pas l’envie qui me manquait. Mais pour dire quoi ?

Déjà, que je pensais que ça ne faisait que trois ans que j’avais arrêté – plus ou moins – la viande terrestre, alors que ça en fera bientôt quatre. Diantre.
Ensuite, qu’en ce moment, c’est dur de m’en tenir à mes propres règles, de ne pas culpabiliser, de culpabiliser, de tout.

Règles qui sont pourtant plus que souples : pas de viande à la maison, de la viande chez les parents et du poisson/des fruits de mer si nécessaire au restaurant. « Végétarisme », c’est un bien grand mot sachant que je vais chez mes parents au moins une fois par semaine et au restaurant une fois tous les 7 à 15 jours. Jusqu’à présent, je ne craquais qu’à de rares reprises et avant que mon médecin (très tolérante) s’affole de mon bilan sanguin, j’avais même réussi à tenir quelques mois sans nourriture aquatique.

Or, depuis le début de l’été, je me surprends à rêver de PLEIN de plats lourds en viande. Principalement des plats asiatiques et même, certains que je n’aimais même pas tant que ça. Entre les rognons sautés à la ciboule, la soupe de tripes de bœuf, le canard pékinois, la saucisse laotienne au riz gluant, le bœuf sauté au basilic, les côtes d’agneau, le boudin (?!!)… ça fait… beaucoup ? Autant annoncer tout de suite la couleur : je ne suis pas enceinte (nonobstant ce petit bidou qui m’incommode) mais nos « plans » en la matière se sont un peu pas mal concrétisés. Toutes ces grosses envies n’ont pas été suivies de mise en pratique, à part le poulet rôti dégueulasse qui s’est retrouvé chez moi un jour. Mais je ne sais pas à quoi les imputer.

Peut-être à ma grosse maladie cet été qui m’a vraiment mise K.O. ? Et qui m’a, évidemment, empêchée de cuisiner et de bien manger ? Peut-être mon corps réclame-t-il stupidement quelque chose de plus consistant ?
Peut-être au fait que les gros repas en famille me manquent atrocement, physiquement même ? Je reviendrai sur ce manque dans un billet séparé, en tout cas.
Peut-être, paradoxalement, à la frustration de ne pas pouvoir arrêter aussi le poisson et les fruits de mer ? Peut-être mon statu quo de pacotille ne me convient-il plus ?

Sûrement un mélange de tout ça, mais allez savoir dans quelles proportions. J’en suis venue à mettre de la distance entre ce que je mangeais et les animaux que je ne souhaite pas consommer, un réflexe qui dont je m’étais naturellement débarrassé depuis quelque temps. Je me suis imaginé « reprendre » la viande en me disant que ces quatre années n’auront été qu’un beau souvenir. Quitte à me remettre au végétarisme plus tard (après tout, je ne pensais déjà pas tourner la page de la viande si tôt dans ma vie).

Et puis, quand je regarde mes chats, je me dis que ça ne m’est pas possible de revenir à 100 % à la viande. Je ne suis pas folle : je ne prends pas mes chats pour des vaches ou des canards (elles en seraient fort vexées, d’ailleurs), mais je ne souhaite pas faire de distinction entre mes animaux et les animaux de la ferme. Donc, au fond, je ne souhaite toujours pas manger d’animaux. Par éthique, par équité, par plein de choses.

En revanche, ce que je compte continuer, c’est de ne pas me culpabiliser, sans pour autant me jeter des fleurs. D’un côté, parce que notre société ne nous encourage pas franchement à être végétarien et que cela revient un peu à lutter à contre-courant que de l’être. D’autre part, parce que je ne voudrais pas non plus vivre avec des œillères et me persuader que ce que je fais (me) suffit.
Si cela fait de moi une flexitarienne, soit, peu importent les étiquettes.

Comme d’habitude, il me reste donc à trouver un équilibre pour respecter un tant soit peu mes principes sans être contre-productive. En attendant, j’essaie d’interroger mes peurs, de faire sauter mes blocages et je reprends doucement le végétarisme chez moi. J’imagine ausi que ça me rassurerait aussi d’avoir un meilleur taux de globules rouges, de globules blancs et de fer. Donc, à moi de replonger dans les bases de la cuisine végétarienne et de mieux varier mon alimentation. Qui sait, peut-être que j’arriverai enfin à aimer les légumineuses…

6 commentaires:

  1. Je ne suis pas médecin, mais j'ai souvent constaté que, quand j'ai une envie très violente de quelque chose (grossesse ou pas grossesse), c'est souvent justifié... Genre une envie de junk food, j'ai besoin de gras/sucre parce que je suis fatiguée, une envie de légumes frais ça peut être parce que je manque de vitamines... Tout est question d'équilibre.
    De ce que tu laisses sous-entendre, tu aurais des carences en fer, et c'est dans la viande qu'on en trouve le plus (et le plus assimilable), si bien que ton corps, qui se fout de ton éthique, t'envoie des messages de moins en moins subliminaux.
    Quoi qu'il en soit, je pense que le principal est de ne pas se culpabiliser, surtout dans le rapport à la nourriture (bon c'est plus facile à dire qu'à faire). Globalement, j'ai l'impression que tu manges très sain (comparé à moi qui grignote des saloperies tout le temps).
    Courage, car c'est une position éthique complexe, et qu'il n'est pas facile de tenir.

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    1. Tu as, comme très souvent, tout à fait raison - Merci ! :)

      Comme j’ai de tout façon toujours été anémiée, j’ai souvent négligé d’écouter mon corps, mais la bonne grosse crève-angine et le souci avec le Lévo de cet été m’ont bien calmée !
      Depuis, mon médecin m’a fait une ordonnance pour du fer, je prends un complément en vitamines, et ça va mieux. En même temps, je suis de nouveau rentrée dans un cycle où je cuisine pas mal (et donc, végétarien), sans avoir l’impression de me forcer. Par contre, il faudrait que je revoie les bases de l’alimentation végétarienne car non, ma volonté n’a pas suffi à créer du fer dans les œufs :D

      C’est dur aussi quand je vois beaucoup mes parents : j’ai envie de retrouver des plats de mon enfance, donc il y a aussi une bonne part d’affect là-dedans.

      P.-S. : la réduction de ma consommation de junk food est uniquement due au fait que je suis plus loin de Paris qu’avant. Sinon, ce serait un carnage. Je ne suis toujours pas désintoxiquée du Filet-o-fish du MacDo, que j’ai toujours adoré de manière incompréhensible pour la plupart des gens :)

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  2. Oui, comme Kleo, je pense que si tu en as envie, c'est que tu en as besoin. Moi je n'ai toujours pas craqué sur la viande depuis plus d'un an. Même si, quand je vais dans sa boulangerie, Thierry Marx me tente horriblement avec ses odeurs de bacon grillé.
    Et oui oui oui, ne culpabilisons pas !!!

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    1. La première année n’a pas été franchement difficile. La deuxième non plus, d’ailleurs. Mais là… bon, ça va mieux depuis que j’ai posté ce billet ^^
      Merci pour tes encouragements !

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  3. Je rejoints Kleo : quand j'ai de grosses envies, elle correspondent à un état physique avéré ( parfois ce dont j'ai envie n'est pas la solution fond, comme du sucre en cas de fatigue extrême, mais la logique est là). Ou alors, les aliments correspondent à mes émotions : quand j'ai été fouiller au plus intime et fait bouger une case inconnue jusqu'alors, ça peut faire appel à des souvenirs de nourriture liés à cette histoire et émotion et créer des envies insolites :) zone émotionnelle nouvelle, instable : souvenirs de nourriture enfouis :)
    Bref, deux choses passagères.
    Des bises (ça faisait longtemps :))

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    1. Toutes mes excuses : ce commentaire était en modération et je n’en suis pas avertie !
      Ces deux pistes sont en tout cas intéressantes et c’est vrai que la nourriture est beaucoup plus liée aux émotions qu’on ne nous le dit ^^
      (Voui, ça faisait longtemps mais ça fait toujours plaisir !)

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