La semaine 2018#04

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Station Auber, à Paris



(la photo aurait mieux convenu à la semaine 2, mais je l’aime bien et comme elle n’a pas rencontré un succès fou sur mon compte Instagram, je lui redonne un peu de visibilité ici)

Aux abonnés absents

La semaine a commencé par un lundifficile (« un lundi, quoi »), que la pluie et le temps déprimant n’ont pas arrangé ; il faut dire que la Marne a bien gonflé pour offrir un paysage plutôt apocalyptique. Du coup, je me suis octroyé le droit de limiter mes sorties, d’autant que le dimanche sera chargé avec le Festival International de la BD à Angoulême. J’ai donc commencé par sécher une nouvelle fois mon cours de japonais (hum, hum – mais la culpabilité s’est envolée quand j’ai appris que j’avais réussi mon examen de JLPT) et j’ai continué en sabotant mes obligat… rendez-vous avec mes parents.

Certes, je disais que je voulais passer plus de temps avec eux, de manière spontanée, mais en même temps, ils sont actuellement chiants comme c’est pas permis. Je les soupçonne d’être de nouveau brouillés, ce qui expliquerait pourquoi ils se tournent chacun vers moi, à coups de SMS et d’appels tri-quotidiens. C’est un peu lourd de me voir confier des tâches sans cesse renouvelées, mais je crains qu’ils ne sachent pas communiquer autrement avec moi, tant il est vrai que « salut, ça va ? », c’est beaucoup trop sobre et simple pour nous. Je m’en suis donc un peu voulue d’avoir déjeuné à deux pas de chez eux en le leur cachant puis d’avoir inventé un RDV chez l’ostéopathe pour ne pas qu’on dîne ensemble. Mais il faut dire que j’ai déjà atteint le summum de la gêne lorsque j’ai dû parler de dessèchement vaginal et de lubrifiant avec… la gynécologue de ma mère. Au sujet de ma mère. Devant ma mère.

Du coup, tout ça m’a un peu forcée à redéfinir mes obligations et mes loisirs. Alors que je travaille chez moi à des horaires tout à fait urbains, alors que je ne cours plus comme à l’époque où j’étais en double cursus universitaire, comment se fait-il que j’aie cette impression de ne jamais avoir assez de temps pour lire (R. I. P., Ursula Le Guin…), pour regarder les films que je veux, pour aller deux fois par semaine à la piscine ? En tout cas, cette mauvaise organisation, ou hiérarchisation, de mes activités, il faut que je la revoie.

Autrement, je me sens plutôt requinquée, après un chouette massage chez Lush où j’étais pas loin de m’endormir et surtout, une séance d’ostéopathie. Premier RDV pour moi, j’ai été surprise par les manipulations et les nombreux contacts, mais l’approche est effectivement intéressante. En plus, cerise sur le gâteau, ma mutuelle rembourse une partie des frais. Par contre, je ne sais pas ce qui m’a prise de feindre la déception lorsque l’ostéopathe m’a dit que je ne devrais pas faire de sport pendant les trois jours suivants…

Cette semaine, ça a aussi été celle de la plongée dans l’enfance. Un simple appel téléphonique devant la bibliothèque municipale de mes jeunes années m’a procuré de doux souvenirs de rayons interminables de romans et de révisions collectives, tandis que le long bain m’a rappelé celui salvateur qui m’avait été imposé après un retournement de catamaran en classe de nature en Bretagne ou encore, les moments où je me retrouvais seule dans la baignoire de ma grand-mère, seul lieu d’intimité pour moi dans un F4 où nous vivions à 9. D’ailleurs, c’est à se demander pourquoi je prends un bain chez moi alors que je pourrais aller m’allonger dans la cave inondée. En plus, l’eau glacée, ça refouette la circulation sanguine.

Du coup (bis), quitte à être nostalgique, j’ai repris mon journal et, pour la première fois de ma vie, je l’ai relu depuis le début et ai été surprise de voir se dessiner un certain motif et de me trouver plus constante et cohérente que je le croyais. J’y ai également trouvé une phrase que je croyais au début de moi, avant de me rendre compte qu’elle serait de Mark Twain (c’est ce que j’avais noté, mais je n’ai pas retrouvé la source) :
J’ai mis le doigt sur la bonne façon de faire une autobiographie : la débuter à un moment qui n’a rien de particulier dans sa vie, se promener librement dans toute sa vie…
Quant à moi, j’ai griffonné un peu plus bas, sûrement dans un grand moment de littérature : « qui vivra blabla ». Ce n’est certes pas tout à fait aussi profond. Mais en tout cas, j’ai bien envie de reprendre de fond en comble mon journal modulable Midori et d’y intégrer du bullet journaling – je suis un mouton en retard. Peut-être est-ce que ça m’aidera à mieux voir où part mon temps.

En fin de compte, j’ai pu trouver une résolution satisfaisante à tous les événements de ma semaine, sauf un : d’où sort ce nouveau client ?! Pourquoi a-t-il accepté mon devis sans broncher ?! Pourquoi est-il si sympa ?!! Va-t-il me payer ?!!!

Quoi qu’il en soit, passez une excellente semaine les pieds hors de l’eau !

2 commentaires:

  1. Je n'aurais pas du mais j'ai éclaté de rire pour le rdv avec la gynéco. Dans 11 semaines je ne travaillerai plus pour la mienne, mais du coup j'ai vu passer tellement de choses et répondu à tant de patientes, que du coup c'est devenu moins gênant. Bon OK ce n'était pas ma mère la patiente !

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    1. Oui, voilà, tu as mis le doigt dessus (si j’ose…) : c’est gênant parce que c’est ma mère et que je parle de mes parents. Si je devais faire l’interprète pour des inconnus, ça ne me gênerait pas le moins du monde.
      (Excellente nouvelle pour ta fin de contrat !)

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